Après le 1er mai, clarté ou cacophonie politique ?

By Prakash Neerohoo

Si l’on en croit le leader du MMM, quelque chose d’inédit se passera sur la scène politique locale lors des prochaines élections générales prévues pour la fin de 2019 ou le début de 2020. Sa déclaration au meeting du 1er mai que le MMM ne s’alliera ni au PTr ni au MSM en vue du prochain scrutin national rend très plausible la perspective d’une lutte à trois entre les grands partis traditionnels (PTr, MSM et MMM).

Voilà qui a le mérite d’apporter une forte dose de clarté dans l’imbroglio politique dont le pays ne pouvait sortir jusqu’ici. En effet, les folles rumeurs d’alliances politiques à venir, nourries par l’opposition molle du MMM au Parlement où il s’est fait éclipser par l’opposition agressive du PMSD, prédisaient une inévitable lutte entre deux blocs politiques (MSM-MMM et PTr-PMSD) lors du prochain scrutin.

A moins d’un revirement peu probable, le MMM voudrait mettre fin à la bipolarité de l’échiquier politique de par sa volonté affichée d’aller seul aux élections, en se présentant comme une troisième voie entre le PTr et le MSM.

Cette perspective obligerait les autres partis (PMSD et Mouvement Patriotique) et groupuscules (notamment les dissidents Obeegadoo-Jeeha et les députés dits indépendants) à choisir leur camp, étant donné qu’ils ne pèsent pas d’un poids électoral significatif séparément.

La question est de savoir si le PTr serait la grande tente accueillant tous les adversaires du MSM (comme en 2005) ou si le MSM prendrait sous ses ailes certains de ces petits partis ou groupuscules…

Comment le PTr, le MSM et le MMM se différencieront-ils politiquement entre eux ? C’est l’autre question intéressante. Idéologiquement, ils se réclament tous du centre-gauche (la social-démocratie) bien que, une fois arrivés au pouvoir, certains pratiquent une politique du centre-droit au niveau économique.

S’il y a une différenciation quelconque entre ces trois offres politiques, elle s’exprimera au niveau de la personnalité des leaders prétendants au poste de Premier ministre, de leur moralité et de leur crédibilité. Chacun proposera une méthode particulière de gouvernance, assortie de promesses les unes plus mirobolantes que les autres. Toutefois, en matière de rupture avec le modèle socio-économique existant, on ne voit rien venir des partis traditionnels. C’est plutôt sur la forme donc que se jouera la prochaine bataille électorale.

Seule la gauche, toutes tendances confondues, propose une rupture avec le modèle en place, mais quelque chose de dramatique se passe en son sein depuis longtemps. La gauche est divisée et elle est traversée par des courants idéologiques différents incarnés par divers mouvements (Lalit, Résistans ek Alternativ, Mouvement Premier Mai) qui n’arrivent pas à s’entendre sur une plateforme commune et parler d’une seule voix sur les questions fondamentales.

Certainement, les animateurs de ces différents courants ne manquent pas de bonne volonté mais il y a apparemment des conflits de personnalités qui les empêchent d’unir leurs forces. On l’a vu lors de l’élection partielle de Quatre-Bornes où Jack Bizlall et RA ont fait chacun cavalier seul, divisant ainsi les voix de la gauche.

Un autre mouvement de tendance progressiste vient de se transformer en parti politique (100% Citoyens) pour offrir quelque chose de nouveau avec les primaires citoyens pour la sélection de candidats, ce qui relève d’une certaine forme de démocratie directe. Par ailleurs, les divers groupes écologistes exercent une certaine influence sur les débats de fond en leur capacité de force de proposition. Ces groupes écologistes sont en marge de la politique mais ils prennent des initiatives citoyennes salutaires Tout compte fait, dans le camp progressiste, il existe une cacophonie idéologique et intellectuelle dans laquelle les mauriciens ne s’y reconnaissent plus. Si elle veut être une voix pertinente et crédible aux prochaines élections, la gauche plurielle devrait parler d’une seule voix.

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The MRA under fire

Among the “points de rupture” announced by the Labour leader at the May 1st public meeting, there is one that has hardly been reported in the media. It is the suggestion that the Mauritius Revenue Authority (MRA), under a Labour-led government, would not be authorised to raise a tax assessment on a taxpayer for a period longer than one year. Overwhelmed by the slew of promises announced, the media pushed off the radar this particular suggestion, which has far-reaching public policy implications as it impacts one of the five principles of taxation (fairness).

Before looking at the merits of this proposal, let us set the policy context. The fiscal policy of any government, which is about raising tax revenue to fund public expenditure, depends on the effectiveness and efficiency of tax policy. A sound tax system is founded on five basic principles:

(1) Simplicity: the rules are to be simple enough to allow easy compliance;

(2) Balance: raising tax revenue from multiple sources such as income, property and consumption;

(3) Certainty: taxpayers must know how much tax they have to pay and when;

(4) Stability: after-tax income must be stable to ride out good and bad economic times; and

(5) Fairness: ensuring a fair sharing of the tax burden among taxpayers.

In most developed countries, where the tax system is based on self-assessment (i.e., voluntary reporting by taxpayers), the Statute of Limitations prescribes a statute-barred period of 3 to 4 years for raising a tax assessment on a particular taxpayer (individual or corporation). This means that the tax authority can review the taxpayer’s records for a maximum of 4 years to reassess tax in the event that a compliance issue is discovered in a particular year. However, tax laws in those countries allow the tax authority to waive wholly or partly the amount of tax assessed on grounds of economic hardship in prescribed circumstances (for instance, if the assessment would cause personal or corporate bankruptcy).

Labour’s proposal to limit the MRA’s ability to assess tax on a taxpayer to one year only might sound popular with taxpayers, as it was probably conceived following feedback received from some taxpayers who have been audited by the MRA. However, this proposal, if it were to be implemented, would constrain the tax authority’s capacity to recover tax from those taxpayers who evaded tax for many years by misreporting, under-reporting or not reporting all sources of income.

What is at stake here is the principle of fairness, which requires that every taxpayer pays their fair share of tax based on their income in return for free services (health, education, etc.) provided by the State. Compliant taxpayers, i.e., those who report their full income from different sources every year, would bear the burden of taxation disproportionately if non-compliant taxpayers were allowed to evade tax for years and then be held responsible for only one year’s liability when caught.

Mauritius is already a low-tax jurisdiction where the personal and corporate income tax is low, at a rate of 15% across the board. To optimize fiscal revenue, the MRA should be able to recover any amount of tax that is duly owed to the State for the past 3 to 4 years. The MRA should have the flexibility to enforce tax compliance, subject to the taxpayer’s right to object to and/or appeal an assessment through the Court system. Tax evaders who have accumulated untaxed income for years and invested in expensive real property and luxury cars (visible indicators of wealth) would be too happy to get off the hook by paying off one year’s liability. 

Reducing the statute-barred period to one year for tax assessment would be falling short of the generally acceptable standard of limitations.


* Published in print edition on 10 May 2019

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