La Belle et les Bêtes

Par Nita Chicooree-Mercier

Le secteur agricole se rebelle, fourches pointées vers les autorités, contre la décision d’abattre les bovins contaminés par la maladie en France. Leur colère se mesure en termes de chiffre d’affaires, loin d’être motivée par une question d’éthique. Quant à la jeune génération, fan de Greta Thunberg et adepte d’écologie à ses heures perdues, elle continue à affluer vers les fast-foods McDonald’s en toute bonne conscience.

La pollution de la planète par l’élevage bovin et la déforestation pour créer des pâturages, où les aliments contre-nature servis au bétail sont aussi nocifs pour la santé des consommateurs, est bien documentée. La consommation de viande bovine a diminué au cours de la dernière décennie, semblerait-il. L’image des vaches poussées vers la folie par une alimentation dénaturée, abattues par milliers et évacuées par tractopelles lors de la crise de la vache folle en Angleterre, refait surface à chaque crise bovine. Encore heureux que les Gaulois « réfractaires », submergés par une montée d’adrénaline, nous épargnent une scène macabre de décapitation des vaches devant le portail des mairies.

Exploitée, éreintée, épuisée et vidée, la planète Terre n’a plus les ressources pour nourrir des milliards d’habitants. Une démographie incontrôlée est néfaste pour l’environnement, mais l’économie souffre d’un vieillissement de la population et d’un faible taux de natalité, qui ne produit pas assez de bras et de cerveaux pour soutenir une croissance économique gourmande et qui a besoin de consommateurs pour s’épanouir. Il est interdit de pointer du doigt les pays à croissance démographique élevée qui envoient leurs habitants là où l’herbe est plus verte, tandis que certains pays gardent le silence sur le taux de naissance supérieur promu délibérément dans un but de domination au sein de leur société respective. Prise dans cette machine infernale, l’humanité est comme un serpent qui se mord la queue en permanence, et le progrès, condamné à innover sans relâche, fait figure de malédiction.

Et si l’Intelligence Artificielle imitait les humains ?

L’Intelligence Artificielle (IA) est sur toutes les lèvres et dans tous les débats, avec la Chine et les États-Unis en tête, pendant que la France débat sans cesse de la réforme des retraites et change de Premier ministre tous les trois mois, et que Maurice brandit la réforme électorale comme une panacée à tous les maux avec, en prime pour combler le vide des débats, la promotion du kreol, arme de destruction incontestable du Quotient Intellectuel mauricien ! À chacun ses priorités et ses bêtises.

Jusqu’ici, les humains ont modelé l’environnement et la nature à leur guise et ont hiérarchisé les animaux selon leur utilité. On ne sait si les robots prendront le contrôle de tout et infligeront à l’avenir aux hommes le même traitement prédateur subi par les animaux. Bah ! Quelle idée alarmiste !

Brigitte Bardot et la défense des animaux

C’est le décès d’une icône du cinéma français qui ramène la cause animale sur le devant de la scène. Au sommet de sa gloire à 39 ans, Brigitte Bardot, star mondialement adulée pour sa beauté, tourna le dos à la célébrité, à la vie glamour, aux paillettes et vêtements de marque, sacs en cuir et manteaux en fourrure, pour se consacrer à la protection et à la défense des animaux pendant cinquante ans, soit un demi-siècle.

Il y a nul doute qu’elle s’était fait exploiter dans un milieu dominé par les hommes, acceptant de se dénuder partiellement, de prendre des poses aguichantes et… des claques. Son image a été cultivée pour nourrir les fantasmes des adolescents et des hommes. Si les rôles qu’on lui fit jouer n’avaient rien d’extraordinaire, c’est surtout sa beauté portée à l’écran qui tétanisait tout le monde. Les femmes l’aimaient pour son apparence de Vénus, tandis que la jalousie féminine lui enviait sa beauté et sa liberté à une époque où tout écart vis-à-vis des conventions n’était pas accueilli avec bienveillance.

Le mythe construit autour de sa personne et la traque des paparazzi, qu’elle qualifia de « barbarie », lui rendirent la vie « insupportable ». En plus d’avoir été érigée en emblème de la beauté blonde et française, Bardot avait des convictions et une forte personnalité, contrairement à d’autres stars.

Manifestement, elle ne voulait pas être réduite à sa beauté plastique. Toutefois, il fallait quand même avoir un caractère bien trempé pour tout « plaquer » ! Alors que d’autres intellectuelles peinaient à faire entendre leur voix à travers des écrits et des discours, Brigitte Bardot a incarné par son physique, sa liberté de ton, ses convictions et sa vie privée les aspirations des féministes de l’époque et a inspiré un nombre incalculable de femmes.

Malgré son désir de mener sa vie comme elle l’entendait et son soutien à l’avortement, elle reconnaissait le rôle protecteur de l’homme dans la vie des femmes. Idée qui susciterait une crise d’urticaire aux adeptes d’un féminisme dévoyé incarné par le mouvement “MeToo” et consorts, alimenté par la haine des hommes de nos jours.

C’est aussi avec humilité que la star déclarait qu’elle ne se trouvait pas spécialement belle. En revanche, elle pensait que la beauté était importante pour les femmes, que certaines femmes négligeaient leur apparence, et que la beauté ne servait à rien chez les idiotes. Tel était le franc-parler de Bardot, sans filtre, sans fard, sans verser dans la complaisance. Ce qui la distingue aussi, c’est qu’elle rejette toute idée de légende construite autour d’elle, alors que d’autres auraient continué à profiter des projecteurs quitte à maintenir une illusion.

Brigitte Bardot reste une militante iconique de la défense des plus faibles, les sans-voix : les animaux. C’est pour cela que tous ceux qui aiment le cinéma éprouvent de la tristesse à sa disparition. Les grandes stars sont les envoyées du Ciel ; elles viennent, elles brillent et elles s’éteignent.

Nous les remercions pour la transcendance et la joie qu’elles apportent à ceux qui les contemplent sur le grand écran. De nos jours, ce sont encore les photos de Brigitte Bardot et d’Alain Delon affichées sur les abris de bus à Paris qui transportent le public au-delà des étoiles. Pardi!


Mauritius Times ePaper Friday 31 December 2025

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