{"id":7462,"date":"2017-08-18T12:55:25","date_gmt":"2017-08-18T08:55:25","guid":{"rendered":"http:\/\/mauritiustimes.com\/mt\/?p=7462"},"modified":"2017-08-21T14:33:58","modified_gmt":"2017-08-21T10:33:58","slug":"hommage-a-feu-preeaysunkur-rosunee-ancien-inspecteur-des-ecoles-primaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/hommage-a-feu-preeaysunkur-rosunee-ancien-inspecteur-des-ecoles-primaires\/","title":{"rendered":"Hommage \u00e0 feu Preeaysunkur Rosunee, ancien inspecteur des \u00e9coles primaires"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><u>Un an d\u00e9j\u00e0\u2026<\/u><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Un enfant laboureur qui termine sa carri\u00e8re comme Deputy Head Teacher\u00a0!<\/em><!--more--><\/p>\n<p>Ce 19 ao\u00fbt restera \u00e0 jamais ancr\u00e9 dans nos pens\u00e9es puisque cette date marque ton d\u00e9part de ce monde. Le temps passe mais la douleur et le poids de ton absence se font sentir sans cesse. Tu es parti mais tu as laiss\u00e9 beaucoup de m\u00e9moires qui t\u2019honorent toujours. L\u2019une d\u2019elles se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre une lettre \u00e9crite par un de tes anciens \u00e9l\u00e8ves des ann\u00e9es cinquante et qui te d\u00e9cerne tous les honneurs d\u2019un enseignant de cette \u00e9poque. Il n\u2019y a rien de plus opportun que de valoriser certaines parties de cette lettre pour te rendre un vibrant hommage apr\u00e8s une ann\u00e9e\u00a0!<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Mon cher Monsieur Rosunee, <\/em><\/p>\n<p>Grand est le plaisir avec lequel je vous exprime ma gratitude. Vous m\u00e9ritez aussi mes remerciements les plus distingu\u00e9s d\u2019avoir fait preuve d\u2019une g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 exemplaire. Incroyable mais vrai, vous avez transform\u00e9 un pauvre petit laboureur en enseignant. Voici son histoire\u2026<\/p>\n<p>Apr\u00e8s ses \u00e9tudes primaires, un gar\u00e7on se rend au Bel Air College en janvier 1955. Cet \u00e9l\u00e8ve modeste sans cartable, ses livres dans une tente, commence \u00e0 apprendre. Heureusement il a le bonheur et le destin d\u2019avoir parmi ses professeurs, un certain Monsieur Rosunee, jeune, dynamique et prometteur. C\u2019est l\u00e0 le point d\u2019un d\u00e9part. Encourag\u00e9, motiv\u00e9 et inspir\u00e9 par ses professeurs, le petit gar\u00e7on fait la Form\u00a0I, la Form II \u00e0 l\u2019enti\u00e8re satisfaction de ses enseignants et de ses parents. Au beau milieu de la Form III, le pauvre petit connait un malheur\u00a0: le coll\u00e8ge ferme ses portes et on demande aux \u00e9l\u00e8ves d\u2019aller \u00e0 un autre coll\u00e8ge \u00e0 Centre de Flacq. L\u2019enfant n\u2019a plus les moyens de continuer ses \u00e9tudes, h\u00e9las\u00a0! C\u2019est termin\u00e9 pour lui car son p\u00e8re lui demande de travailler pour aider la famille. Le d\u00e9sespoir est \u00e0 son comble.<\/p>\n<p>Un beau jour, pour ce petit gar\u00e7on, le Bon Dieu envoie un ange chez lui \u2026 Monsieur Rosunee appara\u00eet chez lui et parle \u00e0 son p\u00e8re. Apr\u00e8s une br\u00e8ve rencontre, Monsieur p\u00e2lit de tristesse. Point de solution \u00e0 ce probl\u00e8me. Alors il prodigue ces quelques conseils et encouragements \u00e0 son \u00e9l\u00e8ve\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Tu es d\u00e9j\u00e0 \u00e0 mi-chemin. Pas question de faire marche arri\u00e8re. Tu dois travailler maintenant. C\u2019est tr\u00e8s bien. Si tu as un peu de patience, un peu de volont\u00e9, viens chez moi \u00e0 Bramsthan trois fois par semaine r\u00e9guli\u00e8rement. Toi et moi, ensemble, avec la b\u00e9n\u00e9diction divine, nous allons au moins essayer de faire quelque chose pour toi.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Pendant trois longues ann\u00e9es, le gar\u00e7on travaille comme laboureur sur la propri\u00e9t\u00e9 de Beau Champ. Les v\u00eatements en kaki, son repas dans une tente, bottes aux pieds, sa pioche sur son \u00e9paule, il quitte la maison vers 6.30 le matin. Il prend son travail \u00e0 sept heures et travaille \u00e0 la sueur de son front dans les champs, parfois sous un soleil de plomb, parfois sous une pluie battante, et il est tremp\u00e9 jusqu\u2019aux os. Sa t\u00e2che quotidienne se termine \u00e0 trois heures de l\u2019apr\u00e8s-midi et il rentre chez lui.<\/p>\n<p>Ensuite, il se rend \u00e0 Bramsthan, \u00e0 bicyclette. L\u00e0, il prend ses cours. De retour chez lui, vers les six heures, il prend son d\u00eener. Pas d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, avec la lampe \u00e0 p\u00e9trole, il fait ses devoirs jusqu\u2019\u00e0 fort tard le soir. Le lendemain, il doit fournir les m\u00eames efforts pour obtenir Rs 4.10 par jour et il gagne Rs 24.60 par semaine. La vie n\u2019est pas facile pour lui mais il pers\u00e9v\u00e8re pendant trois ans avec une seule petite lueur d\u2019espoir et il a la confiance de son ma\u00eetre. Enfin, apr\u00e8s une longue pr\u00e9paration, les examens sont l\u00e0.<\/p>\n<p>Vraiment, le pauvre enfant est prisonnier dans sa chambre. Pas de sorties, pas d\u2019amis, pas de football, pas de cin\u00e9ma. Il n\u2019a que les r\u00e9visions et les pri\u00e8res quotidiennes. Enfin arrivent les examens, il travaille de son mieux et attend les r\u00e9sultats. Un vendredi apr\u00e8s-midi, il re\u00e7oit un courrier de Cambridge\u00a0: il a r\u00e9ussi les examens de School Certificate\u00a0! Sans tarder, il va remercier Monsieur Rosunee \u00e0 Bramsthan. Quel moment inoubliable\u00a0! L\u2019\u00e9l\u00e8ve peut lire la joie et l\u2019enti\u00e8re satisfaction dans les yeux de cet architecte qui le serre et qui lui dit d\u2019envisager son avenir avec s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. M\u00eame l\u2019administrateur de l\u2019\u00e9tablissement sucrier n\u2019en croit pas ses yeux en regardant les r\u00e9sultats et il dit\u00a0:\u00a0<em>\u00ab\u00a0Incroyable mais vrai, un laboureur de mon \u00e9tablissement a pass\u00e9 la Senior\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>D\u00e8s sa tendre enfance, l\u2019enfant laboureur avait une admiration pour ses professeurs de primaire et de secondaire, plus particuli\u00e8rement Monsieur Rosunee. Il voulait \u00eatre dans sa peau, en train d\u2019enseigner \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves. Maintenant, il n\u2019a qu\u2019un seul objectif\u00a0: se joindre au Teachers\u2019 Training College de Beau Bassin. D\u2019apprenti-enseignant, il devient enseignant et exerce ensuite comme Deputy Head Teacher jusqu\u2019\u00e0 sa retraite.<\/p>\n<p>Monsieur Rosunee, vous avez \u00e9t\u00e9 pour moi, un enseignant, une source d\u2019inspiration, un mod\u00e8le \u00e0 copier, un grand fr\u00e8re. D\u2019apr\u00e8s l\u2019Islam, l\u2019enseignant (Ustad, Guru) a une grande valeur dans la vie de son \u00e9l\u00e8ve. Quotidiennement, l\u2019\u00e9l\u00e8ve prie le Tout Puissant pour lui-m\u00eame, pour ses parents et pour son Ustad. Vous avez prodigu\u00e9 l\u2019\u00e9ducation \u00e0 un \u00e9l\u00e8ve modeste et vous avez transform\u00e9 sa vie. Vous avez sauv\u00e9 non seulement un \u00e9l\u00e8ve mais toute une g\u00e9n\u00e9ration. Aussi longtemps que cette g\u00e9n\u00e9ration vit ais\u00e9ment, vous avez et vous aurez la b\u00e9n\u00e9diction divine.<\/p>\n<p>La vie continue, les jours et les ann\u00e9es passent, pas \u00e0 pas, on se dirige vers la fin. C\u2019est certain, il n\u2019y a point de doute, arrivera un jour o\u00f9 je vais dispara\u00eetre. Ce sera la fin d\u2019une vie bien v\u00e9cue\u00a0!<\/p>\n<p>Mes salutations les plus distingu\u00e9es,<br \/>\n<em>Un de vos \u00e9l\u00e8ves qui vous attribue une place sp\u00e9ciale dans ses pens\u00e9es et dans son c\u0153ur.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Ainsi s\u2019ach\u00e8ve cette lettre qui d\u00e9montre la d\u00e9termination d\u2019un enfant dont le destin conna\u00eet un parcours exemplaire gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019aide de son ma\u00eetre. Ni l\u2019un ni l\u2019autre ne sont plus de ce monde mais c\u2019est certain qu\u2019ils se sont revus dans l\u2019autre monde pour se raconter les moments du pass\u00e9.<\/p>\n<p>P.R.<strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><em>(L\u2019anonymat a \u00e9t\u00e9 respect\u00e9 pour le destinateur de cette lettre qui, lui aussi, n\u2019est plus de ce monde. Les mots sont ceux de l\u2019\u00e9l\u00e8ve qui \u00e9crit \u00e0 son ma\u00eetre, tant\u00f4t \u00e0 la 1<sup>\u00e8re<\/sup> personne, tant\u00f4t \u00e0 la 3<sup>e<\/sup> personne et n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9s.)<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>* Published in print edition on 18 August 2017<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un an d\u00e9j\u00e0\u2026 Un enfant laboureur qui termine sa carri\u00e8re comme Deputy Head Teacher\u00a0!<\/p>\n","protected":false},"author":76,"featured_media":7464,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[27],"tags":[1839],"class_list":["post-7462","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-society","tag-preeaysunkur-rosunee"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/Preeaysunkur-Rosunee-2.jpg?fit=1200%2C888&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8QzSF-1Wm","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7462","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/users\/76"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7462"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7462\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7464"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7462"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7462"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7462"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}