{"id":738,"date":"2011-01-14T07:30:08","date_gmt":"2011-01-14T07:30:08","guid":{"rendered":"http:\/\/mauritiustimes.com\/mt\/2011\/01\/14\/interview-eric-ng-ping-cheun-2\/"},"modified":"2020-04-24T19:35:41","modified_gmt":"2020-04-24T15:35:41","slug":"interview-eric-ng-ping-cheun-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/interview-eric-ng-ping-cheun-2\/","title":{"rendered":"\u201cGare \u00e0 la stagflation !\u201d"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><u>Eric Ng Ping Cheun, \u00e9conomiste et directeur de PluriConseil :<\/u><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><u><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"22747\" data-permalink=\"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/interview-eric-ng-ping-cheun-2\/eric-ng-5\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Eric-NG.jpg?fit=1200%2C675&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"1200,675\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Eric NG\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Eric-NG.jpg?fit=640%2C360&amp;ssl=1\" class=\"aligncenter size-full wp-image-22747\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Eric-NG.jpg?resize=640%2C360&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"360\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Eric-NG.jpg?w=1200&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Eric-NG.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Eric-NG.jpg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Eric-NG.jpg?resize=1024%2C576&amp;ssl=1 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/> <\/u><\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>\u201cL\u2019ann\u00e9e 2011, d\u00e9trompez-vous, n\u2019est pas pleine d\u2019incertitudes, mais elle est remplie de certitudes. Premi\u00e8re certitude : l\u2019inflation<br \/>\nest de retour\u201d<\/strong><\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>\u201cPour que le pays progresse, il nous faut un capitalisme d\u00e9mocratique plut\u00f4t qu\u2019un capitalisme de petits copains\u201d <\/strong><\/span><\/h3>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>En ce debut d\u2019ann\u00e9e, tous les regards sont braqu\u00e9s sur la situation \u00e9conomique tant sur le plan mondial que local : irons-nous de crise en crise ou conna\u00eetrons-nous une am\u00e9lioration de la situation, m\u00eame l\u00e9g\u00e8re? Eric Ng Ping Cheun, \u00e9conomiste et directeur de PluriConseil, nous donne son avis.<\/strong>\u00a0<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>\u00a0<\/strong><strong>Mauritius Times: Comment se pr\u00e9sente 2011, de votre point de vue, sur le plan \u00e9conomique\u00a0? D\u2019aucuns affirment que ce sera une ann\u00e9e pleine d\u2019incertitudes, ou encore une ann\u00e9e plus difficile que 2010 alors que d\u2019autres soutiennent que ce sera une ann\u00e9e charni\u00e8re et que les d\u00e9fis en 2011 seront plus grands \u00e0 relever. Qu\u2019en pensez-vous\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>Eric Ng:<\/strong> Au milieu de d\u00e9cembre dernier, le patron d\u2019une grande entreprise me demandait comment je voyais l\u2019\u00e9conomie mauricienne en 2012. Je croyais l\u2019avoir mal entendu, pensant qu\u2019il se r\u00e9f\u00e9rait \u00e0 2011. Voyant mon \u00e9tonnement, il ajoutait avec le sourire : \u201cMais enfin, on sait d\u00e9j\u00e0 que l\u2019ann\u00e9e 2011 sera terrible. On aimerait savoir ce que nous r\u00e9serve 2012&#8230;\u201d<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Il me semble que ce sentiment est r\u00e9pandu parmi les chefs d\u2019entreprise. Evidemment, comme toujours, ils ne diront pas tout haut ce qu\u2019ils pensent tout bas. Le premier budget du gouvernement actuel les a pris de court. Ils veulent l\u2019oublier le plus vite possible. Je crois m\u00eame qu\u2019ils placent d\u00e9j\u00e0 de gros espoirs sur le prochain budget de 2012&#8230;<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">L\u2019ann\u00e9e 2011, d\u00e9trompez-vous, n\u2019est pas pleine d\u2019incertitudes, mais elle est remplie de certitudes. Premi\u00e8re certitude : l\u2019inflation est de retour. On le savait d\u00e8s septembre dernier, mais le comit\u00e9 de politique mon\u00e9taire a voulu prendre le risque de baisser le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat de mani\u00e8re agressive par 100 points de base, rien que pour faire taire les exportateurs. A peine trois mois apr\u00e8s, le gouverneur de la Banque de Maurice, Rundheersing Bheenick, a dit que l\u2019inflation remonterait plus vite que pr\u00e9vu, allant m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 anticiper une <em>Year-on-Year Inflation<\/em> sup\u00e9rieure \u00e0 7% en juin 2011. Maintenant, il donne m\u00eame des signes qu\u2019une remont\u00e9e du taux d\u2019int\u00e9r\u00eat pourrait se mat\u00e9rialiser plus t\u00f4t que pr\u00e9vu. Selon moi, cela devrait arriver au plus tard en juin prochain.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Mais attention, les lobbies du secteur priv\u00e9 ne vont pas rester les bras crois\u00e9s. Ils utiliseront tous les moyens m\u00e9diatiques pour emp\u00eacher une d\u00e9cision dans ce sens. Je les comprends : un resserrement du taux d\u2019int\u00e9r\u00eat va rendre la situation des entreprises encore plus difficile. Mais il \u00e9tait convenu, selon l\u2019assurance donn\u00e9e par M. Bheenick, que la derni\u00e8re d\u00e9tente du taux d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9tait seulement une mesure transitoire de six mois, le temps pour les entreprises endett\u00e9es de se restructurer comme il le faut.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Cette mesure transitoire a \u00e9t\u00e9 prise sur le dos des \u00e9pargnants. Ils souffrent en silence. Actuellement, le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 l\u2019\u00e9pargne tourne autour de 3,5%. Selon moi, la <em>Headline Inflation<\/em>, qui est de 2,9% pour l\u2019ann\u00e9e 2010, va d\u00e9passer les 3,5% le mois prochain. Par cons\u00e9quent, tous les int\u00e9r\u00eats obtenus par les \u00e9pargnants seront d\u00e9truits par l\u2019inflation. Plus la Banque de Maurice tarde \u00e0 r\u00e9agir pour circonscrire l\u2019inflation, plus il lui sera difficile de ramener le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat r\u00e9el positif. Car il faut savoir que les effets d\u2019une d\u00e9tente mon\u00e9taire prennent au moins neuf mois pour s\u2019\u00e9tendre \u00e0 toute l\u2019\u00e9conomie. Donc, l\u2019inflation a encore de la marge pour s\u2019accro\u00eetre.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Ce qui est triste dans tout cela, c\u2019est que les autorit\u00e9s mon\u00e9taires en seront arriv\u00e9es \u00e0 pratiquer une politique de <em>Stop-and-Go<\/em> avec ses cons\u00e9quences n\u00e9fastes sur la croissance. Ainsi, deuxi\u00e8me certitude, la croissance \u00e9conomique sera inf\u00e9rieure \u00e0 4% en 2011, en tout cas moindre qu\u2019en 2010. La croissance de l\u2019\u00e9conomie n\u2019est pas seulement le r\u00e9sultat m\u00e9canique d\u2019une augmentation de la production, mais elle est aussi et surtout un processus dynamique qui d\u00e9pend de l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit des entrepreneurs, des investisseurs et des consommateurs. Les premiers n\u2019ont pas la volont\u00e9 d\u2019entreprendre, les seconds ne sont pas d\u2019humeur \u00e0 investir, et les derniers consomment au m\u00eame rythme mais \u00e0 plus cher.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Un fl\u00e9chissement de la croissance entra\u00eenera \u2013 troisi\u00e8me certitude \u2013 une hausse du ch\u00f4mage. Celui-ci a repris une courbe ascendante : de 7,2% en 2008, il est pass\u00e9 \u00e0 7,3% en 2009 et \u00e0 7,5% en 2010. Je pense toutefois qu\u2019il restera sous la barre des 8%, un seuil \u00e0 partir duquel on a un ch\u00f4mage de masse. Des pertes d\u2019emplois sont pr\u00e9vues principalement dans la manufacture, le commerce et le secteur para-touristique. Le probl\u00e8me, c\u2019est que les ch\u00f4meurs n\u2019ont pas les comp\u00e9tences n\u00e9cessaires pour \u00eatre recrut\u00e9s dans les m\u00e9tiers de service.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Devant une combinaison entre croissance en baisse, ch\u00f4mage en hausse et inflation plus \u00e9lev\u00e9e, on ne peut que crier : gare \u00e0 la stagflation ! Une stagflation qui sera entretenue \u2013 quatri\u00e8me certitude \u2013 par un affaiblissement de la roupie contre le dollar am\u00e9ricain, la monnaie de paiement de nos importations. Je crains fort que le cabinet <em>Economist Intelligence Unit<\/em> ait raison de pr\u00e9voir une d\u00e9pr\u00e9ciation continue de la roupie jusqu\u2019en 2014. Non pas n\u00e9cessairement en raison d\u2019un accroissement du d\u00e9ficit du compte courant de la balance des paiements, mais \u00e0 cause de l\u2019imposition de 10% sur les int\u00e9r\u00eats bancaires et les dividendes de ceux qui per\u00e7oivent un revenu annuel de plus de Rs 2 millions. D\u00e8s cette ann\u00e9e, on va commencer \u00e0 faire de la planification fiscale en transf\u00e9rant ses d\u00e9p\u00f4ts dans des centres offshore. La roupie sera sous pression, ce qui justifiera un rel\u00e8vement du taux d\u2019int\u00e9r\u00eat domestique.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">2011 sera une ann\u00e9e charni\u00e8re en ce sens qu\u2019on jouera \u00e0 quitte ou double. Si le gouvernement arrive \u00e0 rassurer les acteurs \u00e9conomiques (entreprises et m\u00e9nages), il limitera la casse. Mais quand on n\u2019a pas fait bonne impression la premi\u00e8re fois, il ne sera pas facile ensuite de recoller les morceaux. Pour que l\u2019optimisme revienne en 2012, il faudra rectifier le tir.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* Vous disiez justement que \u00ab\u00a0le budget 2011 n\u2019a pas apport\u00e9 la confiance qu\u2019il faut\u00a0\u00bb et que \u00ab\u00a0les entreprises sont toujours dans une logique d\u2019\u00e9coute\u00a0\u00bb. Soyez plus clair\u00a0: qu\u2019est-ce que ces entreprises souhaitent vouloir entendre ? Je vous signale en passant que le Bureau central des statistiques (CSO) nous apprend aussi que l\u2019investissement priv\u00e9 est toujours en baisse malgr\u00e9 la r\u00e9duction de 50% du taux d\u2019imposition des entreprises \u2026<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Les entreprises ne veulent plus entendre, elles souhaitent voir agir. En d\u2019autres mots, les discours des autorit\u00e9s doivent \u00eatre traduits en actes. Je suis d\u2019accord avec Lindsay Rivi\u00e8re, le directeur de <em>Business Magazine<\/em>, lorsqu\u2019il \u00e9crit que le gouvernement doit clarifier une fois pour toutes ce qu\u2019il veut. Veut-il plus d\u2019Etat ou moins d\u2019interventionnisme ? Veut-il contr\u00f4ler les prix ou laisser jouer la concurrence maintenant que l\u2019Autorit\u00e9 de la concurrence a gagn\u00e9 sa vitesse de croisi\u00e8re ? Veut-il taxer davantage ou maintenir une fiscalit\u00e9 l\u00e9g\u00e8re ? Veut-il limiter l\u2019imposition des plus-values \u00e0 l\u2019immobilier ou l\u2019\u00e9tendre au secteur offshore ? Veut-il r\u00e9duire les d\u00e9penses publiques en termes r\u00e9els ou laisser filer le d\u00e9ficit budg\u00e9taire au risque d\u2019accro\u00eetre la dette publique ?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Je vous signale que l\u2019Assembl\u00e9e nationale avait adopt\u00e9 le <em>Public Debt Management Act<\/em> de 2008 qui pr\u00e9voyait de ramener la dette publique \u00e0 50% du produit int\u00e9rieur brut (PIB) en d\u00e9cembre 2013. La <em>Finance Act<\/em> de 2011 a report\u00e9 cette \u00e9ch\u00e9ance \u00e0 d\u00e9cembre 2018, soit une extension de cinq ans ! Comment voulez-vous cr\u00e9er la confiance quand vous changez les r\u00e8gles du jeu en cours de route ?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Cela me fait rappeler le <em>Growth and Stability Pact<\/em> du trait\u00e9 de Maastricht par lequel les pays de l\u2019Union europ\u00e9enne s\u2019\u00e9taient engag\u00e9s \u00e0 limiter leur d\u00e9ficit budg\u00e9taire \u00e0 3% du PIB. Bien avant m\u00eame la crise financi\u00e8re de 2008, certains membres, et non des moindres, ont all\u00e8grement bafou\u00e9 ce crit\u00e8re sans en \u00eatre le moindrement inqui\u00e9t\u00e9s. On conna\u00eet le r\u00e9sultat aujourd\u2019hui : si l\u2019on n\u2019arrive pas \u00e0 \u00e9quilibrer son budget national en temps normal, la situation budg\u00e9taire devient incontr\u00f4lable en temps de crise.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">C\u2019est ce que je crains aussi pour Maurice. Si jamais la crise frappe le pays de plein fouet, la dette publique risque de d\u00e9raper. Le gouvernement pr\u00e9f\u00e8re encore la voie facile : il se targue d\u2019avoir accord\u00e9 une compensation salariale sup\u00e9rieure au taux d\u2019inflation tandis que des pays d\u00e9velopp\u00e9s r\u00e9duisent les salaires et d\u00e9graissent la fonction publique. Comme je l\u2019ai \u00e9crit dans un quotidien, nous ne pouvons pas \u00eatre les seuls \u00e0 ignorer la crise.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Heureusement que nous avons eu la baisse de 50% de l\u2019imp\u00f4t sur les soci\u00e9t\u00e9s ! Cela a permis au pays de faire face \u00e0 la crise en limitant les pertes d\u2019emplois. Il ne faut pas oublier que le taux de ch\u00f4mage \u00e9tait \u00e0 9,6% en 2005 et qu\u2019il a recul\u00e9 de 2,4 points de pourcentage \u00e0 7,2% en 2008. Selon les chiffres du CSO, sur une p\u00e9riode de quatre ans, l\u2019\u00e9conomie a cr\u00e9\u00e9 deux fois plus d\u2019emplois de 2007 \u00e0 2010 (43 400) que de 2003 \u00e0 2006 (22 100).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Certes, l\u2019investissement priv\u00e9 est en baisse avec une croissance r\u00e9elle n\u00e9gative de 1,3% en 2009 et de 0,6% en 2010. Cela s\u2019explique par le fait que l\u2019investissement priv\u00e9 \u00e9tait trop concentr\u00e9 sur les activit\u00e9s de construction au point qu\u2019il enregistrait une croissance r\u00e9elle positive de 20,6% en 2007 et de 7,2% en 2008. Apr\u00e8s, lorsque l\u2019on arrive \u00e0 un point de saturation dans le secteur de la construction, une diminution du nombre de projets priv\u00e9s fait reculer l\u2019investissement priv\u00e9 en termes r\u00e9els.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Il faut effectivement relancer l\u2019investissement priv\u00e9. Mais les mauvais signaux du budget n\u2019arrangent pas les choses. Seul un retour de la confiance peut renverser la tendance.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* Vous disiez aussi que la mod\u00e9ration brusque de la consommation et de l\u2019investissement, not\u00e9e ces temps-ci, n\u2019est pas vraiment due \u00e0 une chute de revenus, mais plut\u00f4t \u00e0 une perte de confiance, et que la crise \u00e0 Maurice durera tant que la confiance ne revient pas. Que faut-il faire pour que la confiance revienne\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Il n\u2019y a pas de chute de revenus tout simplement parce que les salaires n\u2019ont pas baiss\u00e9 ! Pour que la confiance revienne, il faut que les autorit\u00e9s restent coh\u00e9rentes dans leurs politiques. On ne saurait faire croire aux industriels que l\u2019on favorise la production locale quand on taxe davantage les articles de consommation. On ne saurait faire croire aux importateurs que l\u2019on serait sans piti\u00e9 contre les corrompus quand des douaniers sans scrupules ont recommenc\u00e9 \u00e0 importuner les commer\u00e7ants. On ne saurait faire croire aux investisseurs que l\u2019Etat agit comme facilitateur quand on aloudit la bureaucratie publique en continuant \u00e0 recruter des centaines de fonctionnaires. On ne saurait faire croire aux m\u00e9nages qu\u2019on m\u00e8ne une politique anti-inflationniste quand on a coup\u00e9 drastiquement le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat par un total de 350 points de base.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Il n\u2019y a rien de plus fondamental en \u00e9conomie que la notion de <em>predictability<\/em>. Les risques d\u2019investir sont plus grands dans un environnement impr\u00e9visible. Je le r\u00e9p\u00e8te : l\u2019Etat doit respecter les r\u00e8gles du jeu \u00e9conomique et les appliquer sans discrimination aucune. Avoir confiance dans l\u2019\u00e9conomie, c\u2019est avoir confiance dans les institutions. Pour que le pays progresse, il nous faut un capitalisme d\u00e9mocratique plut\u00f4t qu\u2019un capitalisme de petits copains.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* Mais un taux de croissance de 4,2% en 2011, c\u2019est quand m\u00eame raisonnable par les temps qui courent, ne pensez-vous pas\u00a0? Qu\u2019est-ce que la derni\u00e8re comptabilit\u00e9 nationale publi\u00e9e par le Central Statistics Office (CSO) vous inspire\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Ce chiffre de 4,2% me laisse perplexe pour une raison principale : comment notre \u00e9conomie peut-elle r\u00e9aliser une telle performance quand son secteur de la construction ne va cro\u00eetre que de 2% ? L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, la croissance r\u00e9elle de la construction \u00e9tait de 4,3%, et nous avons eu une croissance \u00e9conomique de 4,2%.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Nous savons tous que la construction a un effet multiplicateur sur notre \u00e9conomie. Celle-ci a pu progresser de plus de 5% annuellement lorsque le secteur de la construction a connu une croissance \u00e0 deux chiffres : 16% en 2007 et 11,6% en 2008. Selon moi, avec 2% de croissance, la construction ne peut pas tirer notre \u00e9conomie avec autant de vigueur que pr\u00e9tendent les statistiques officielles.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Par ailleurs, on sait que le CSO se montre toujours conservateur dans ses premi\u00e8res pr\u00e9visions de la croissance \u00e9conomique pour l\u2019ann\u00e9e en cours. Au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, il nous avait dit que la croissance de 2010 allait \u00eatre de 4,6% : il l\u2019a finalement r\u00e9vis\u00e9e \u00e0 4,2%. Je ne serais nullement \u00e9tonn\u00e9 qu\u2019il en fera de m\u00eame pour ce qui est de la croissance de 2011.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* Les augmentations de prix des commodit\u00e9s, comme le p\u00e9trole et les produits alimentaires, rendront sans doute la pilule encore plus am\u00e8re pour le consommateur cette ann\u00e9e. De plus, certains \u00e9conomistes pr\u00e9voient la mont\u00e9e du ch\u00f4mage et de l\u2019inflation (cette derni\u00e8re d\u00e9coulant de certaines mesures budg\u00e9taires). Ann\u00e9e difficile donc et surtout pour le ministre des Finances et le gouvernement en place\u00a0? Ce dernier dispose-t-il des moyens pour att\u00e9nuer les effets de tout cela\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">L\u2019ann\u00e9e 2011 sera difficile sur le plan social avec l\u2019emballement de l\u2019inflation. Comme le disait Ramesh Basant Roi \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 il \u00e9tait gouverneur de la Banque de Maurice, l\u2019inflation est la pire ennemie des pauvres. Je suis vraiment inquiet pour eux, car je ne sais pas comment ils vont s\u2019en sortir.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">En passant, j\u2019ai souvent fait appel aux autorit\u00e9s pour qu\u2019elles d\u00e9cident une fois pour toutes ce qu\u2019est l\u2019inflation officielle : la <em>Headline Inflation<\/em> (l\u2019inflation en glissement annuel) telle que mesur\u00e9e par le CSO ou la<em> Year-on-Year Inflation<\/em> (l\u2019inflation sur un an) telle que calcul\u00e9e par la Banque de Maurice ? On a vu au Parlement l\u2019embarras du ministre des Finances suite \u00e0 la confusion autour du taux r\u00e9el de l\u2019inflation au sujet du calcul de la compensation salariale.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">La <em>Headline Inflation<\/em> a un avantage m\u00e9thodologique alors que la<em> Year-on-Year Inflation<\/em> a un atout conceptuel. Dans le premier cas, on fait un lissage statistique pour \u00e9tendre les effets de l\u2019inflation sur une plus longue p\u00e9riode. Dans le second cas, on peut \u00eatre influenc\u00e9 par des hausses de prix exceptionnelles (<em>one-off<\/em>), mais on a une meilleure vue de l\u2019inflation <em>\u201con a point-to-point basis\u201d<\/em>. En fait, le vrai concept de l\u2019inflation est repr\u00e9sent\u00e9 par la<em> Year-on-Year Inflation<\/em>, qui est d\u2019ailleurs la norme internationale.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">De plus, la<em> Year-on-Year Inflation<\/em> traduit mieux l\u2019inflation par les co\u00fbts, celle qui affecte directement la population. Je ne suis pas d\u2019accord avec ceux qui disent que l\u2019inflation par les co\u00fbts ne doit pas dicter la politique du taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. L\u2019inflation reste l\u2019inflation. S\u2019il y a inflation par les co\u00fbts, c\u2019est qu\u2019il existe, <em>in fine<\/em>, une inflation par la demande provoqu\u00e9e par l\u2019expansion mon\u00e9taire.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">J\u2019\u00e9tais parmi les premiers \u00e0 dire que le budget de 2011 \u00e9tait inflationniste. Le CSO me donne raison : l\u2019indice des prix \u00e0 la consommation a connu une fulgurante hausse mensuelle de 2,5 points en d\u00e9cembre, avec pour r\u00e9sultat que la <em>Year-on-Year Inflation<\/em> pour l\u2019ann\u00e9e 2010 est de 6,1%. M. Bheenick devrait revoir ses anticipations inflationnistes : selon moi, la <em>Year-on-Year Inflation<\/em> d\u00e9passerait les 7% ce mois-ci, sinon en f\u00e9vrier, avec la hausse pr\u00e9vue des prix du carburant et des produits alimentaires.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Les autorit\u00e9s peuvent att\u00e9nuer les effets de l\u2019augmentation de prix des commodit\u00e9s par un contr\u00f4le plus serr\u00e9 de la masse mon\u00e9taire. Il faut noter que l\u2019exc\u00e8s de liquidit\u00e9s continue de plus belle : la moyenne du <em>cash ratio<\/em> des banques a augment\u00e9 \u00e0 7,8% au 30 d\u00e9cembre dernier, alors que le minimum requis est de 6%. Le syst\u00e8me bancaire a un exc\u00e9dent de Rs 5 milliards.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Plus concr\u00e8tement, il convient de lib\u00e9raliser les importations de biens alimentaires, comme celle de la viande bovine. Il faut casser les cartels dans tous les secteurs de l\u2019\u00e9conomie, y compris dans l\u2019agro-industrie. La cartellisation, voil\u00e0 un domaine qui devrait int\u00e9resser l\u2019Autorit\u00e9 de la concurrence.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Enfin, le gouvernement doit laisser jouer la v\u00e9rit\u00e9 des prix. Cela fera mal au d\u00e9but, mais les consommateurs seront oblig\u00e9s de r\u00e9ajuster leurs comportements. En revanche, le contr\u00f4le des prix donne l\u2019illusion du bien-\u00eatre, mais elle est ch\u00e8rement pay\u00e9e par les contribuables. Alors que le gouvernement n\u2019a pas vraiment de moyens, les Rs 1,2 milliards de subventions sur le riz, la farine et le gaz m\u00e9nager sont inutilement excessifs et d\u00e9responsabilisent les gens.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">En cette p\u00e9riode de s\u00e8cheresse, la plus grave depuis 40 ans, on a vu o\u00f9 nous m\u00e8nent les tarifs subventionn\u00e9s : le gaspillage d\u2019eau. C\u2019est pourquoi je suis en faveur d\u2019un triplement des tarifs d\u2019eau domestiques afin de responsabiliser les usagers.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Je reviens au d\u00e9calage entre les discours et les actes. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, l\u2019on veut que Maurice devienne comme Singapour mais, de l\u2019autre, l\u2019on applique des politiques qui n\u2019ont rien de singapourien! Puisque l\u2019on parle de valeurs dans le budget de 2011, commen\u00e7ons par celle de la responsabilit\u00e9, une valeur singapourienne qui s\u2019apprend.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* Par ailleurs, le Gouverneur de la Banque de Maurice durcit \u00e0 nouveau le ton vis-\u00e0-vis des banques commerciales, qui seraient devenues, selon lui, r\u00e9fractaires au risque. Et pour d\u00e9courager la frilosit\u00e9 des banques \u00e0 pr\u00eater en ces temps de crise, la Banque centrale pr\u00e9voit de limiter la d\u00e9tention de bons du Tr\u00e9sor par les \u00e9tablissements de cr\u00e9dit. Il fallait le faire, diriez-vous\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Je pense qu\u2019il n\u2019y a rien de mal \u00e0 ce que la Banque centrale impose une limite \u00e0 la d\u00e9tention de bons du Tr\u00e9sor par les banques. Cela fait partie de l\u2019arsenal de r\u00e9glementations dont disposent les banques centrales. Comme l\u2019a fait ressortir M. Bheenick avec justesse, un \u00e9tablissement de cr\u00e9dit a pour vocation de donner des cr\u00e9dits, et non d\u2019agir comme un rentier passif.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Mais ceci dit , une banque doit prendre des risques calcul\u00e9s. Chaque banque a sa strat\u00e9gie de risque, et toutes les banques n\u2019ont pas les m\u00eames types de client\u00e8le. Il existe des clients \u00e0 haut risque qui vont justement frapper \u00e0 la porte des banques qui sont plus expos\u00e9es aux risques. Donc, une banque centrale n\u2019a pas pour r\u00f4le de forcer les banques \u00e0 pr\u00eater. Au contraire, elle doit pr\u00f4ner la prudence dans l\u2019octroi des cr\u00e9dits. Plus une banque augmente la part de ses fonds propres par rapport aux cr\u00e9dits distribu\u00e9s, c\u2019est-\u00e0-dire son ratio de solvabilit\u00e9, plus le syst\u00e8me bancaire est stable. On se retrouve dans une situation paradoxale o\u00f9 ce sont les banques commerciales qui professent la rigueur \u00e0 la Banque centrale !<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Maintenant, si une entreprise en difficult\u00e9 financi\u00e8re est viable mais peine \u00e0 trouver des cr\u00e9dits suppl\u00e9mentaires, rien n\u2019emp\u00eache que des banques cr\u00e9ent un fonds commun pour la financer. Ensemble, elles seront en meilleure position d\u2019\u00e9valuer la situation et les perspectives de l\u2019entreprise \u00e0 leur juste valeur. Et elles partageront les risques de mani\u00e8re \u00e9gale.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* Vous affirmez aussi dans un r\u00e9cent papier que l\u2019\u00e9conomie mauricienne entre dans une phase de liquidation \u2013 \u00ab\u00a0avec les liquidations d\u2019entreprise qui commencent \u00e0 se multiplier, Maurice entre sans doute dans la derni\u00e8re phase du cycle Juglar (liquidation), apr\u00e8s celles de prosp\u00e9rit\u00e9 et de crise respectivement\u00a0\u00bb. Qu\u2019entendez-vous par cela ? Et que deviendra l\u2019\u00e9conomie apr\u00e8s la phase de liquidation\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Pendant 30 ans, les entreprises mauriciennes ont prosp\u00e9r\u00e9 en s\u2019endettant aupr\u00e8s des banques. L\u2019endettement leur a donn\u00e9 un effet de levier pour cro\u00eetre. Cette strat\u00e9gie pouvait marcher tant que le contexte \u00e9conomique \u00e9tait favorable. Mais elle est susceptible de faillir d\u00e8s que se pr\u00e9sente une crise \u00e9conomique.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">La crise est venue depuis quelques ann\u00e9es. Dans un premier temps, les entreprises ont pu r\u00e9sister \u00e0 la crise gr\u00e2ce au soutien fiscal du gouvernement. Ce dernier pouvait les soutenir dans la mesure o\u00f9 le d\u00e9ficit budg\u00e9taire \u00e9tait encore g\u00e9rable.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Mais les pressions sur les finances publiques deviennent de plus en plus insoutenables. Les entreprises endett\u00e9es ne pourront plus continuer \u00e0 compter sur le gouvernement pour survivre. T\u00f4t ou tard, elles devront commencer \u00e0 liquider des actifs, voire \u00e0 d\u00e9poser leur bilan.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">L\u2019actuel ministre des Finances a bien fait d\u2019encourager les entreprises \u00e0 se d\u00e9sendetter. Son programme de restructuration des entreprises, qui est un plan de derni\u00e8re chance, vise \u00e0 les aider \u00e0 se recapitaliser. Au lieu de se tourner vers les banques, il faut d\u00e9sormais penser \u00e0 lever des capitaux frais sur le march\u00e9. Ce mode de financement permet une meilleure gestion de tr\u00e9sorerie dans la mesure o\u00f9 l\u2019on n\u2019a pas \u00e0 payer des int\u00e9r\u00eats bancaires chaque mois, mais plut\u00f4t des dividendes \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e si l\u2019entreprise fait des profits.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">L\u2019\u00e9conomie mauricienne entre dans la phase de liquidation o\u00f9 les entreprises pi\u00e9g\u00e9es par l\u2019endettement sont amen\u00e9es \u00e0 \u00e9purer leur bilan pour repartir sur des bases plus saines. C\u2019est un passage oblig\u00e9 m\u00eame s\u2019il s\u2019accompagne de pertes d\u2019emplois. La crise fait office d\u2019assainissement.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* Dans un autre papier, vous vous \u00e9levez contre le \u00ab\u00a0courant mercantiliste\u00a0\u00bb de notre secteur priv\u00e9, pour qui \u00ab\u00a0l\u2019Etat doit \u00eatre le metteur en sc\u00e8ne, sinon le principal acteur, de l\u2019\u00e9conomie\u00a0\u00bb. L\u2019Etat ne peut-il pas prendre des initiatives ? Faut-il plus ou<\/strong> <strong>moins d&#8217;Etat ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Je pr\u00e9f\u00e8re \u00e9videmment moins d\u2019Etat comme acteur de l\u2019\u00e9conomie, car un tel Etat \u00e9vince l\u2019investissement priv\u00e9 et n\u2019est pas aussi efficace que le secteur priv\u00e9. Je ne suis pas contre l\u2019Etat, mais pour un Etat neutre qui se limite \u00e0 son r\u00f4le de r\u00e9gulateur et d\u2019arbitre. Les partisans de l\u2019interventionnisme \u00e9tatique rel\u00e8vent souvent des <em>\u201cmarket failures\u201d<\/em>, mais restent silencieux sur les <em>\u201cregulatory failures\u201d<\/em>. Ce sont pourtant des d\u00e9faillances r\u00e9gulatoires qui sont la cause des d\u00e9faillances du march\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Prenons un exemple qui fait l\u2019actualit\u00e9 : le march\u00e9 des talents. On craint que des comp\u00e9tences \u00e9trang\u00e8res viennent prendre la place des comp\u00e9tences locales, ce qui serait une d\u00e9faillance du march\u00e9 du travail. Mais on se rend compte que c\u2019est une d\u00e9faillance r\u00e9gulatoire qui permet aux \u00e9trangers de travailler facilement \u00e0 Maurice. Si l\u2019on avait mieux r\u00e9glement\u00e9 les conditions du permis de travail, l\u2019on aurait mieux encadr\u00e9 le flot des \u00e9trangers en acceptant seulement des comp\u00e9tences pointues que l\u2019on ne trouve pas chez les Mauriciens.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">L\u2019Etat doit certainement prendre des initiatives, mais aussi des actions qui consolident les fondements de l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9, telles que l\u2019ouverture au commerce ext\u00e9rieur. Je suis partisan d\u2019un Etat fondateur. Je d\u00e9veloppe ce th\u00e8me dans un prochain livre d\u2019essais sur l\u2019\u00e9conomie mauricienne, <em>A contre-courant<\/em>, qui para\u00eetra en f\u00e9vrier.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #008080;\"><em>* Published in print edition on 14 January 2011<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Eric Ng Ping Cheun, \u00e9conomiste et directeur de PluriConseil : \u201cL\u2019ann\u00e9e 2011, d\u00e9trompez-vous, n\u2019est pas pleine d\u2019incertitudes, mais elle est remplie de certitudes. 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