{"id":5777,"date":"2017-07-07T14:00:10","date_gmt":"2017-07-07T10:00:10","guid":{"rendered":"http:\/\/mauritiustimes.com\/mt\/?p=5777"},"modified":"2017-07-07T14:00:10","modified_gmt":"2017-07-07T10:00:10","slug":"autant-en-emporte-la-modernisation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/autant-en-emporte-la-modernisation\/","title":{"rendered":"Autant en emporte la modernisation"},"content":{"rendered":"<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"5778\" data-permalink=\"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/autant-en-emporte-la-modernisation\/le-theatre-de-port-louis-1909\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Le-Th%C3%A9%C3%A2tre-de-Port-Louis-1909.jpg?fit=938%2C566&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"938,566\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Le Th\u00e9\u00e2tre de Port-Louis &amp;#8211; 1909\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Le-Th%C3%A9%C3%A2tre-de-Port-Louis-1909.jpg?fit=640%2C386&amp;ssl=1\" class=\"alignnone  wp-image-5778\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Le-Th%C3%A9%C3%A2tre-de-Port-Louis-1909-300x181.jpg?resize=479%2C289\" alt=\"\" width=\"479\" height=\"289\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Le-Th%C3%A9%C3%A2tre-de-Port-Louis-1909.jpg?resize=300%2C181&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Le-Th%C3%A9%C3%A2tre-de-Port-Louis-1909.jpg?resize=768%2C463&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Le-Th%C3%A9%C3%A2tre-de-Port-Louis-1909.jpg?w=938&amp;ssl=1 938w\" sizes=\"auto, (max-width: 479px) 100vw, 479px\" \/><\/p>\n<p>La disparition du patrimoine colonial ne vient pas seulement montrer les modifications subies par des sites et b\u00e2timents mais aussi un certain attachement \u00e0 une \u00e9poque r\u00e9volue. Le b\u00e2timent de La School &#8211; l\u2019ancien coll\u00e8ge Royal de Port Louis &#8211; dispara\u00eet du paysage\u00a0; modernisation oblige\u00a0!<!--more--><\/p>\n<p><strong>Patrimoine et menace<\/strong><\/p>\n<p>On ne compte plus le nombre de ces anciennes \u00e9coles qui ont form\u00e9 une g\u00e9n\u00e9ration de gar\u00e7ons et filles. On pense \u00e0 La Queen &#8211; Ecroignard, Ecole Touchard &#8211; Port-Louis-, Ecole Bunel &#8211; Curepipe-, Young Mens\u2019 Hindu, Balliol \u00e0 St Pierre et tant d\u2019autres dans le nord, le sud dont les vieux se rappellent. Faut fouiller les archives pour recenser toutes ces \u00e9coles et reconna\u00eetre leur contribution pour alphab\u00e9tiser les enfants des classes d\u00e9favoris\u00e9es et pour pousser la formation de ceux qui en avaient plus de moyens.<\/p>\n<p>Des forges comme la Forge de Mon D\u00e9sir, des gares comme Argy Railway Station, Mahebourg Railway Station, et des ponts dont certains ont gard\u00e9 leur nom, entre autres Pont Colville, Bain des N\u00e9gresses Bridge. Autant que ces vestiges, il y avait les moulins &#8211; \u00e0 eau, \u00e0 vent et \u00e0 man\u00e8ge &#8211; qui ont jou\u00e9 un grand r\u00f4le dans l\u2019histoire du pays. Quelques noms qui ont disparu &#8211; Moulin de Massilia Aloe Factory, St. Avold Old Mill ou Yemen Aloe Factory. Notre patrimoine culturel a le vent en poupe avec le Morne ou l\u2019Aapravasi Ghat, bien que bon nombre de ruines soient tomb\u00e9es aux oubliettes. Notre patrimoine industriel semble moins valoris\u00e9 faute de sp\u00e9cialistes dans le domaine.<\/p>\n<p><strong>Recherches et fonds<\/strong><\/p>\n<p>Des historiens tentent tant bien que mal de divulguer certaines recherches mais la vulgarisation de ce patrimoine fait cruellement d\u00e9faut. C\u2019est toujours la m\u00eame rengaine &#8211; pas assez d\u2019argent, manque de fonds canalis\u00e9s ailleurs. A la R\u00e9union les laboratoires de recherche fonctionnent bien mieux. Il suffit de voir le nombre de publications et de suivre le combat des chercheurs qui se d\u00e9m\u00e8nent pour des fonds. Plusieurs viennent m\u00eame pendant leurs vacances effectuer des recherches aux archives et sont accueillis \u00e0 bras ouverts. Nos chercheurs se plaignent par ailleurs de la m\u00e9fiance de certains responsables \u00e0 Moka et Coromandel qui ne leur facilitent pas la t\u00e2che alors que les chercheurs \u00e9trangers sont accord\u00e9s des privil\u00e8ges.<\/p>\n<p>Faisons r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Mich\u00e8le Marimoutou Oberl\u00e9 qui a \u00e9crit un livre magnifique sur les moulins Kader\u00a0; on a reconnu son esprit scientifique et la rigueur de son analyse et son travail a \u00e9t\u00e9 sponsoris\u00e9. Jean-R\u00e9gis Ramsamy a aussi publi\u00e9 un beau livre sur le Bal tamoul (<em>nalgon<\/em>) \u00e0 la R\u00e9union. Blue Penny Museum &#8211; de par les expositions &#8211; invite \u00e0 entreprendre un travail de fourmi aupr\u00e8s des seniors et sur des sites pour revivre une certaine \u00e9poque. Indradhanush Sanskritic Parishad va dans le m\u00eame sens pour qu\u2019on ne tire pas d\u00e9finitivement un trait sur notre patrimoine et a tout le support des membres.<\/p>\n<p><strong>Moulins Kader<\/strong><\/p>\n<p>Mich\u00e8le Marimoutou nous prom\u00e8ne dans le chemin du Moulin Cader\/Kader ou encore <em>cad\u00e8re<\/em>, <em>choka<\/em>, alo\u00e8s. Ces moulins sont li\u00e9s \u00e0 l\u2019industrie textile. Le <em>choka<\/em> fait partie du quotidien des gens, surtout \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la guerre qui a marqu\u00e9 les \u00eeles s\u0153urs. Certaines personnes se souviennent avoir mang\u00e9 du manioc et de la patate douce pour remplacer le riz. Le <em>choka<\/em> sert \u00e0 faire des v\u00eatements, des cl\u00f4tures tout comme on utilisait d\u2019autres fibres pour rembourrer les matelas ou les coussins, pour attacher les boeufs. Aujourd\u2019hui, tout comme le palmiste, le chou de <em>choka<\/em> est \u00ab\u00a0remis \u00e0 l\u2019honneur et peut \u00eatre d\u00e9gust\u00e9 dans les g\u00eetes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019enseignante-chercher donne une longue liste des fibres textiles qu\u2019on a sur le sol mauricien \u00e9galement\u00a0: v\u00e9tiver de l\u2019Inde, bambou, vacoas, China-grass, passe-rose, affouche, arbre \u00e0 pain, lin, baobab. Ces fibres servaient et servent encore \u00e0 fabriquer des paillassons, chapeaux, p\u00e2te \u00e0 papier, nattes, sac \u00e0 sucre et \u00e0 caf\u00e9, etc. Quelques-uns sont des emballages qui plaisent aux touristes et donnent une touche exotique \u00e0 nos produits.<\/p>\n<p>Tout se faisait \u00e0 la main. Rodrigues est un bel exemple de l\u2019artisanat. Les machines devaient \u00eatre introduites bien plus tard. Les fileuses &#8211; car beaucoup \u00e9taient des femmes &#8211; ont travaill\u00e9 au moulin Commins au lieu-dit La Montagne o\u00f9 un chemin de terre t\u00e9moigne de l\u2019existence de l\u2019ancienne corderie. Une fileuse fait revivre une \u00e9poque qu\u2019on pourrait appeler <em>l\u00e9 temps margoze<\/em> et se souvient d\u2019avoir tout le temps faim et \u00ab\u00a0qu\u2019\u00e0 force de filer le fil de <em>choka<\/em>, on avait les mains en sang \u00e0 la fin de la semaine et on les mettait alors \u00e0 tremper dans de l\u2019eau sal\u00e9e avec quelques feuillages, pour gu\u00e9rir les plaies avant de recommencer la semaine suivante\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le t\u00e9moignage de Mme Edith Commins cit\u00e9e par Mich\u00e8le (pp 93-94) donne un aper\u00e7u de la fabrication des cordes. Et oh\u00a0!\u00a0! Combien utiles \u00e9taient-elles\u00a0! Il fallait se mobiliser pour satisfaire les clients\u00a0: \u00ab\u00a0Il y avait la corde chinois, qui \u00e9tait une grosse corde mesurant tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment deux m\u00e8tres cinquante, utilis\u00e9e notamment pour attacher les cochons. Il y avait \u00e9galement la corde de 16, qui \u00e9tait la corde ordinaire, servant aussi \u00e0 attacher les b\u0153ufs qu\u2019\u00e0 fixer les ballots.\u00a0\u00bb D\u2019autres cordages plus tortill\u00e9s ensemble servaient dans la marine pour amarrer les bateaux dans les ports. En trouve-t-on toujours ces cordes\u00a0? Apparemment dans des <em>goddams <\/em>ou stores, dans certaines baies o\u00f9 les vieux p\u00eacheurs ne peuvent s\u2019en passer. Mich\u00e8le Marimoutou ajoute que deux sites \u00e0 la Montagne et \u00e0 Saint Gilles sont toujours pr\u00e9sents dans la m\u00e9moire populaire. Son expertise pourrait bien servir \u00e0 la communaut\u00e9 des chercheurs mauriciens qui souhaitent retrouver ces moulins et leurs restes.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>Shakuntala Boolell<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La disparition du patrimoine colonial ne vient pas seulement montrer les modifications subies par des sites et b\u00e2timents mais aussi un certain attachement \u00e0 une \u00e9poque r\u00e9volue. 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