{"id":4505,"date":"2016-09-06T09:40:44","date_gmt":"2016-09-06T09:40:44","guid":{"rendered":"http:\/\/mauritiustimes.com\/mt\/2016\/09\/06\/mootoocomaren-sangeelee\/"},"modified":"2017-07-25T13:15:51","modified_gmt":"2017-07-25T09:15:51","slug":"mootoocomaren-sangeelee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/mootoocomaren-sangeelee\/","title":{"rendered":"Le Port-Louis de mon enfance"},"content":{"rendered":"<p><!-- [if gte mso 9]><xml> <w:WordDocument> <w:View>Normal<\/w:View> <w:Zoom>0<\/w:Zoom> <w:TrackMoves \/> <w:TrackFormatting \/> <w:PunctuationKerning \/> <w:ValidateAgainstSchemas \/> <w:SaveIfXMLInvalid>false<\/w:SaveIfXMLInvalid> <w:IgnoreMixedContent>false<\/w:IgnoreMixedContent> <w:AlwaysShowPlaceholderText>false<\/w:AlwaysShowPlaceholderText> <w:DoNotPromoteQF \/> <w:LidThemeOther>EN-GB<\/w:LidThemeOther> <w:LidThemeAsian>X-NONE<\/w:LidThemeAsian> <w:LidThemeComplexScript>X-NONE<\/w:LidThemeComplexScript> <w:Compatibility> <w:BreakWrappedTables \/> <w:SnapToGridInCell \/> <w:WrapTextWithPunct \/> <w:UseAsianBreakRules \/> <w:DontGrowAutofit \/> <w:SplitPgBreakAndParaMark \/> <w:DontVertAlignCellWithSp \/> <w:DontBreakConstrainedForcedTables \/> <w:DontVertAlignInTxbx \/> <w:Word11KerningPairs \/> <w:CachedColBalance \/> <\/w:Compatibility> <w:BrowserLevel>MicrosoftInternetExplorer4<\/w:BrowserLevel> <m:mathPr> <m:mathFont m:val=\"Cambria Math\" \/> <m:brkBin m:val=\"before\" \/> <m:brkBinSub m:val=\" \" \/> <m:smallFrac m:val=\"off\" \/> <m:dispDef \/> <m:lMargin m:val=\"0\" \/> <m:rMargin m:val=\"0\" \/> <m:defJc m:val=\"centerGroup\" \/> <m:wrapIndent m:val=\"1440\" \/> <m:intLim m:val=\"subSup\" \/> <m:naryLim m:val=\"undOvr\" \/> <\/m:mathPr><\/w:WordDocument> <\/xml><![endif]--><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span style=\"font-family: Verdana, sans-serif;\">Je suis n\u00e9 et j\u2019ai grandi \u00e0 Port-Louis. J\u2019y ai fait mes \u00e9tudes et j\u2019y ai pass\u00e9 la meilleure partie de ma vie.<\/span><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Le Port-Louis de mon enfance \u00e9tait tellement plus anim\u00e9 et plus gai que le Port-Louis d\u2019aujourd\u2019hui qu\u2019il a laiss\u00e9 dans mon esprit un agr\u00e9able et ind\u00e9l\u00e9bile souvenir. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">De nos jours, l\u2019apr\u00e8s-midi des dimanches et des jours f\u00e9ri\u00e9s, le centre-ville est envahi par une tristesse si lourde qu\u2019on est oblig\u00e9 de h\u00e2ter le pas pour ne pas subir trop longtemps l\u2019oppression que l\u2019on ressent. Au d\u00e9but de ce si\u00e8cle, la radio et la t\u00e9l\u00e9vision \u00e9taient encore bien loin de nous. L\u2019art chez le peuple n\u2019avait pas encore \u00e9t\u00e9 souffl\u00e9. Alors on chantait et on faisait de la musique. Aujourd\u2019hui on se contente d\u2019\u00e9couter les performances des autres. Nombreux \u00e9taient autrefois les chanteurs et les musiciens de chez nous. On en trouvait m\u00eame chez les d\u00e9bardeurs. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Les dimanches et les jours f\u00e9ri\u00e9s, on voyait partout sur les trottoirs des groupes de f\u00eatards qui emplissaient l\u2019air de la m\u00e9lodieuse gaiet\u00e9 qu\u2019ils faisaient sortir de leur guitare, leur accord\u00e9on et leur harmonica. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">C\u2019\u00e9tait partout de la musique, pas toujours impeccable certes, mais gaie quand m\u00eame. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Le transport, \u00e0 cette \u00e9poque, n\u2019\u00e9tait pas aussi facile et rapide qu\u2019aujourd\u2019hui, mais il \u00e9tait rempli de vie. Tous les v\u00e9hicules \u00e9taient hippomobiles. A la place des autos qui sont comme des cadavres mobiles, on y voyait de belles carrioles, v\u00e9hicules \u00e0 deux grandes roues, pouvant transporter quatre personnes, y compris le cocher, et tir\u00e9es par de fringants petits poneys. Aussi des cal\u00e8ches, \u00e0 quatre roues, celles-ci tir\u00e9es par de beaux chevaux. Ces deux types de voitures \u00e9taient le seul moyen de locomotion \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la ville. Pour les longs voyages, il y avait le train.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Les riches de Port-Louis avaient leur attelage personnel, que l\u2019on appelait g\u00e9n\u00e9ralement attelage double, c\u2019est-\u00e0-dire voitures tir\u00e9es par deux chevaux. C\u2019\u00e9taient de splendides b\u00eates. Ceux de feu R. Canabady, gros marchand de la rue Joseph Rivi\u00e8re, alors rue de l\u2019H\u00f4pital, excitaient l\u2019admiration de tous. Ses deux chevaux trapus, \u00e0 courte queue, gris pommel\u00e9, et les deux autres noirs au front et aux pieds blancs \u00e9taient d\u2019une beaut\u00e9 ravissante. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Les marchandises \u00e9taient transport\u00e9es dans des haquets, charrettes longues et \u00e9troites, tir\u00e9es par les mules. Les toc-tocs r\u00e9guliers des sabots sur la chauss\u00e9e \u00e9taient comme le rythme d\u2019un po\u00e8me. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">C\u2019\u00e9tait le temps des trains aussi. Quelle animation dans les environs de la Gare Centrale aux heures d\u2019arriv\u00e9e ! Les flots de voyageurs qui se d\u00e9versaient dans les rues partant de la gare, les all\u00e9es et venues des carrioles et des cal\u00e8ches venant prendre ou d\u00e9poser leurs passagers, tout cela sous le regard attentif de la gracieuse reine Victoria, qui, de son pi\u00e9destal, semblait diriger majestueusement un mouvement continuel. C\u2019est la statue qui, \u00e0 pr\u00e9sent, se trouve devant l\u2019H\u00f4tel du gouvernement. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Dans mon enfance, le mot \u00e9lectricit\u00e9 n\u2019existait pas dans le vocabulaire de la masse. Les maisons, ainsi que les boutiques, qui restaient ouvertes jusqu\u2019\u00e0 neuf heures du soir, \u00e9taient \u00e9clair\u00e9es au moyen des lampes \u00e0 p\u00e9trole. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Les rues \u00e9taient \u00e9clair\u00e9es par des r\u00e9verb\u00e8res. A la place des colonnes \u00e9lectriques g\u00e9antes actuelles, se trouvaient des colonnes naines de sept ou huit pieds, surplomb\u00e9es d\u2019une grande boite vitr\u00e9e renfermant une grosse lampe \u00e0 p\u00e9trole. Tous les soirs venait un homme, une courte \u00e9chelle suspendue \u00e0 l\u2019\u00e9paule gauche, un fer-blanc de p\u00e9trole \u00e0 la main droite, et un sac contenant ses outils \u00e0 la main gauche. Non loin de notre maison, \u00e0 la rue Magon, il y avait un de ces r\u00e9verb\u00e8res. Cela nous amusait, mes s\u0153urs et moi, de voir l\u2019homme placer son \u00e9chelle contre la colonne, monter, retirer la lampe, puis descendre, l\u2019emplir de p\u00e9trole, la nettoyer, remonter la placer dans sa boite, l\u2019allumer, redescendre et filer \u00e0 vive allure, r\u00e9p\u00e9ter son op\u00e9ration \u00e0 la prochaine lampe. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Le tout \u00e0 l\u2019\u00e9gout n\u2019existait pas non plus. Les toilettes \u00e9taient pourvues d\u2019une sorte de table perc\u00e9e d\u2019un large trou avec, en-dessous, un grand r\u00e9cipient en bois. Je n\u2019en dis pas davantage de crainte d\u2019offenser l\u2019olfaction de mes lecteurs. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Les distractions ne manquaient pas. Il y avait, entre autres, Zaco dans\u00e9, Madame Bestel et Bonhomme Serpent. Zaco dans\u00e9 se referait \u00e0 un homme qui portait sur l\u2019\u00e9paule un singe habill\u00e9 en fille. Il passait de cour en cour et faisait danser son singe. Il lui avait m\u00eame enseign\u00e9 \u00e0 ex\u00e9cuter certains ordres. Ainsi quand il lui disait, en lui jetant un paquet de chiffons : \u00ab Prend to linge, alle acote to belle-m\u00e8re \u00bb, le singe ramassait le paquet, le mettait sur son \u00e9paule, et s\u2019\u00e9loignait de son ma\u00eetre. On leur jetait, en r\u00e9compense, des pi\u00e8ces de monnaie que le singe ramassait et remettait \u00e0 l\u2019homme. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Celui qu\u2019on avait surnomm\u00e9 Madame Bestel \u00e9tait un homme qui faisait danser une marionnette de trois pieds environ, habill\u00e9e en fille. La chanson qui accompagnait la danse commen\u00e7ait par : Madam Bestel est une bonne dame, pr\u00eate la salle pour faire danser. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Bohnomme serpent, lui, faisait danser un cobra au son d\u2019un magoudi, esp\u00e8ce de fifre.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Les promeneurs des environs du Champ de Mars allaient souvent s\u2019amuser au \u2018Zardin perdi\u2019, qui \u00e9tait un labyrinthe fait de haies vives. Il fallait s\u2019y aventurer avec un guide. Autrement, une fois entr\u00e9, on n\u2019en sortait pas. <\/span><span style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif';\">Quel dommage que nous ayons perdu\u2026 notre \u2018Zardin perdi\u2019 !<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">De m\u00eame que la radio et la t\u00e9l\u00e9vision n\u2019avaient pas encore tu\u00e9 la musique, le football n\u2019avait pas encore tu\u00e9 les jeux des enfants. Ceux-ci s\u2019\u00e9battaient librement dans la rue. La mort aux pas rapides n\u2019\u00e9tait pas alors la ma\u00eetresse de la rue, car l\u2019auto n\u2019\u00e9tait pas encore entr\u00e9e \u00e0 Maurice. La lenteur des carrioles et des charrettes laissait aux enfants le temps d\u2019interrompre leurs jeux, et de se retirer un instant. Les principaux jeux \u00e9taient les billes, le gouli, le saute-mouton, la toupie\u2026<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Le gouli se jouait en lan\u00e7ant un petit b\u00e2ton de trois pouces environ en le frappant d\u2019un autre de douze \u00e0 quinze pouces. C\u2019\u00e9tait, si je ne m\u2019abuse, un jeu venu de l\u2019Inde. Gouli est d\u2019une consonance indienne. Le b\u00e2ton s\u2019appelait danta, mot hindi. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Dans le saute-mouton, un gar\u00e7on se baissait et appuyait ses mains sur ses genoux. D\u2019autres, successivement, couraient vers lui et en posant leurs mains sur son dos, sautaient par-dessus. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">En hiver, temps de brise, on jouait au cerf-volant. Les patangues, les seringole et autres, aux formes, dimensions et couleurs diff\u00e9rentes, planaient fi\u00e8rement dans l\u2019air. C\u2019\u00e9tait \u00e0 qui ferait monter son cerf-volant le plus haut, ou \u00e0 qui r\u00e9ussirait \u00e0 faire frapper un autre par le sien, le d\u00e9chirer et le faire tomber. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Pendant la saison hippique, on jouait aux courses. Un gar\u00e7on \u00e9tait le cheval et un autre, qui le tenait par le collet, \u00e9tait le jockey. On s\u2019alignait ainsi et on courait au signal du starter. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Le tout \u00e0 l\u2019\u00e9gout n\u2019existant pas alors, les eaux des cours se d\u00e9versaient dans les drains et couraient alors all\u00e8grement vers la mer. Les enfants, qui font fl\u00e8che de tout bois, mettaient \u00e0 profit ces petits cours d\u2019eau pour y faire \u00ab l\u00e9courses souval dibois \u00bb. Leur \u00ab souval dibois \u00bb \u00e9taient des morceaux de bois plat taill\u00e9s en forme de bateau. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Il fallait voir avec quelle ardeur ils suivaient leurs chevaux, chacun sollicitant le sien, les mains tenant des r\u00eanes imaginaires. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">En ce temps-l\u00e0, le carrousel, install\u00e9 en permanence dans les environs du Champ de Mars, \u00e9tait une des plus puissantes attractions de Port-Louis. Les apr\u00e8s-midis et les dimanches, les parents y menaient leurs petits s\u2019amuser. Cela faisait les d\u00e9lices des enfants, et m\u00eame de beaucoup de grands, de s\u2019asseoir sur ces beaux chevaux de bois dispos\u00e9s par paires, et qui se balan\u00e7aient tandis que le carrousel tournait. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">En parlant du Champ de Mars, me viennent \u00e0 l\u2019id\u00e9e plusieurs choses qui ajoutaient du charme aux journ\u00e9es de course. Il y avait d\u2019abord les vendeurs de programmes qui circulaient dans la foule en chantonnant : \u00ab Pogram. Pogram, Zoli ti pogram officiel, pogram. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Non moins \u00ab \u00e9gayants \u00bb \u00e9taient les vendeurs d\u2019eau, arm\u00e9s d\u2019un arrosoir d\u2019eau et de quelques verres. Leur chanson \u00e9tait : \u00ab Dilo, dilo. D\u00e9 verres \u00e8ne sou, dilo. \u00bb <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Le plus amusant \u00e9tait \u00ab raskatialo \u00bb : un homme comiquement habill\u00e9 et portant un petit mortier et son pilon. Il faisait le geste de piler en chantant : Raskatialo, satini piment. Gout\u00e9 madame couma li bon, bien bon !<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Tout cela faisait que Port-Louis \u00e9tait alors une ville plus gaie qu\u2019elle ne l\u2019est de nos jours. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Maintenant que je vis loin de la capitale, j\u2019ai souvent la nostalgie de ce beau Port-Louis de mon enfance. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-ansi-language: FR;\">Je voudrais terminer par une suggestion. La Municipalit\u00e9 devrait exposer en miniature, dans un coin du mus\u00e9e ou de l\u2019H\u00f4tel de Ville, les objets du vieux Port-Louis, disparus aujourd\u2019hui. Par exemple, une carriole, une cal\u00e8che, un r\u00e9verb\u00e8re, des billes, des \u00ab souvals dibois \u00bb, des cerfs-volants, un beau carrousel, tel que celui qui \u00e9gayait l\u2019enfance de mon temps, et non ces petites choses insignifiantes qu\u2019on voit parfois \u00e0 pr\u00e9sent. Si l\u2019on ne peut faire revivre le vieux Port-Louis, on peut tout au moins en conserver la m\u00e9moire. <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je suis n\u00e9 et j\u2019ai grandi \u00e0 Port-Louis. 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