{"id":3625,"date":"2015-06-26T11:34:20","date_gmt":"2015-06-26T11:34:20","guid":{"rendered":"http:\/\/mauritiustimes.com\/mt\/2015\/06\/26\/eric-ng-ping-cheun-8\/"},"modified":"2018-03-23T16:26:10","modified_gmt":"2018-03-23T12:26:10","slug":"eric-ng-ping-cheun-8","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/eric-ng-ping-cheun-8\/","title":{"rendered":"D\u00e9sindustrialisation"},"content":{"rendered":"<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: center;\"><strong><span lang=\"FR\" style=\"font-family: Verdana;\">Conjoncture<\/span><\/strong><!--more--><\/p>\n<p>Au dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle, alors que la premi\u00e8re r\u00e9volution industrielle faisait na\u00eetre les premi\u00e8res usines en Angleterre, les physiocrates en France croyaient que seule l\u2019agriculture \u00e9tait productrice, le reste relevant de \u00ab la classe st\u00e9rile \u00bb.<\/p>\n<p>Au dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, voyant l\u2019industrie en plein essor, Marx affirmait que seul le secteur mat\u00e9riel, celui de la transformation de la mati\u00e8re, \u00e9tait productif, d\u2019o\u00f9 son m\u00e9pris pour le secteur \u00ab improductif \u00bb des services. Il avait tort, car la seconde r\u00e9volution industrielle au vingti\u00e8me si\u00e8cle a entra\u00een\u00e9 un fort mouvement de la manufacture aux services. L\u2019\u00eele Maurice, comme tout pays qui se d\u00e9veloppe, n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 ce changement de structure \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Il y a quarante ans, 35% des Mauriciens travaillaient dans le secteur de l\u2019agriculture. Aujourd\u2019hui, ce secteur repr\u00e9sente moins de 5% des emplois, ayant supprim\u00e9 des dizaines de milliers d\u2019emplois. Mais l\u2019industrie a cr\u00e9\u00e9 des emplois qui ont absorb\u00e9 la population rurale. Le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne, que Schumpeter appelait la \u00ab destruction cr\u00e9atrice \u00bb, se reproduit avec le passage de l\u2019industrie aux services. Car, bien qu\u2019une bonne part du budget des m\u00e9nages soit consacr\u00e9e aux produits manufactur\u00e9s, leurs consommations se situent de plus en plus dans les services, tels la communication, l\u2019informatique, l\u2019enseignement, la sant\u00e9, le transport et les loisirs.<\/p>\n<p>De fait, selon <em>Statistics Mauritius<\/em>, la contribution de la manufacture \u00e0 l\u2019emploi a diminu\u00e9 de moiti\u00e9 en vingt ans, de 30% en 1994 \u00e0 15% en 2014. En nombre absolu, les emplois industriels sont pass\u00e9s de 134,000 \u00e0 80,300. Ceux du secteur tertiaire ont augment\u00e9 de 215,400 (47%) \u00e0 348,700 (65%). Parall\u00e8lement, la part de la valeur ajout\u00e9e produite par l\u2019industrie a baiss\u00e9, de 22,6% en 1994 \u00e0 16,5% en 2014.<\/p>\n<p>On parle ainsi de d\u00e9sindustrialisation. C\u2019est vrai, mais elle ne doit pas \u00eatre v\u00e9cue comme un drame. D\u2019abord, la richesse n&#8217;est pas possession d\u2019un bien \u00ab tangible \u00bb, mais la satisfaction d\u2019un besoin, d\u2019une demande. C&#8217;est le service au client, et non la mat\u00e9rialit\u00e9 du produit, qui donne la valeur au produit.<\/p>\n<p>Puis, Maurice n\u2019est pas encore un d\u00e9sert industriel. Il n\u2019y a ni effondrement industriel ni d\u00e9localisation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Le pays poss\u00e8de une race d\u2019entrepreneurs qui savent se battre contre les produits import\u00e9s. La production industrielle doit s\u2019adapter aux nouveaux besoins des consommateurs. Le probl\u00e8me est qu\u2019elle est affaiblie par l\u2019emprise \u00e9tatique sur l\u2019\u00e9conomie.<\/p>\n<p>Le label \u00ab Made in Moris \u00bb, qui f\u00e9d\u00e8re 47 entreprises locales, repr\u00e9sentant 165 marques et plus de 2,500 produits, est appel\u00e9 \u00e0 devenir un certificat de qualit\u00e9. Le slogan \u00ab Acheter Mauricien \u00bb doit \u00eatre compris comme \u00e9tant \u00ab Acheter l\u2019Excellence \u00bb. La qualit\u00e9 ne se trouve pas dans le \u00ab produit mat\u00e9riel \u00bb qui est consomm\u00e9, mais dans les services qu\u2019il rend au consommateur. On ne consomme pas une chemise, mais les services de l\u2019habillement.<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, le prix d\u2019un produit \u00ab industriel \u00bb incorpore le co\u00fbt des services qui participent \u00e0 sa fabrication, comme la conception, la recherche, l\u2019administration, la commercialisation, la publicit\u00e9, la distribution, le transport et le financement. Certaines de ces d\u00e9penses sont externalis\u00e9es aupr\u00e8s des prestataires de ces services. De nos jours, on ne fabrique plus tout &#8211; de la mati\u00e8re premi\u00e8re jusqu\u2019au produit fini. Autant le secteur des services a besoin de l\u2019industrie pour vivre, autant celle-ci est tributaire de celui-l\u00e0 pour exister. Des m\u00e9tiers industriels, tels des ing\u00e9nieurs de recherche, des techniciens de l\u2019entretien et des ouvriers de maintenance, se d\u00e9veloppent dans le secteur tertiaire.<\/p>\n<p>L\u2019industrie locale ne peut \u00eatre comp\u00e9titive que par l\u2019innovation. Mais l\u2019innovation est \u00e9touff\u00e9e par l\u2019Etat. D\u2019une part, les d\u00e9penses publiques et les pr\u00e9l\u00e8vements \u00e9vincent les firmes priv\u00e9es des ressources financi\u00e8res pour investir dans la modernisation de leurs \u00e9quipements ou en recherche et d\u00e9veloppement. D\u2019autre part, les monopoles publics et la protection des entreprises \u00e9tatiques privent les industriels de la souplesse n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019adaptation \u00e0 la mondialisation.<\/p>\n<p>La d\u00e9sindustrialisation est le r\u00e9sultat \u00e0 la fois de l\u2019\u00e9volution des libres choix des consommateurs et de l\u2019omnipr\u00e9sence de l\u2019Etat dans l\u2019\u00e9conomie. Ce n\u2019est pas par la r\u00e9glementation que le gouvernement pourra lib\u00e9rer la croissance industrielle. Mais c\u2019est la flexibilit\u00e9 qui favorisera l\u2019emploi industriel. L\u2019industrialisation passe par le retrait de l\u2019Etat au profit de la libert\u00e9 \u00e9conomique.<\/p>\n<p><strong>Eric Ng Ping Cheun est l&#8217;auteur de &#8216;Robinson sur l&#8217;\u00eele durable (2013) en vente chez Bookcourt, Editions Le Printemps, Librairie Le Cygne, Le Bookstore et Jumbo Score<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>*\u00a0 Published in print edition on 3 July 2015<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conjoncture<\/p>\n","protected":false},"author":100,"featured_media":6560,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[22],"tags":[8804,6258,3035,6259,8803,8805,6260,486],"class_list":["post-3625","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-economy","tag-acheter-mauricien","tag-desindustrialisation","tag-eric-ng-ping-cheun","tag-made-in-moris","tag-revolution-industrielle","tag-robinson-sur-lile-durable","tag-schumpeter","tag-statistics-mauritius"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/MT-Logokk.jpg?fit=1200%2C880&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8QzSF-Wt","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3625","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/users\/100"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3625"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3625\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6560"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3625"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3625"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3625"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}