{"id":33911,"date":"2022-02-11T14:12:52","date_gmt":"2022-02-11T10:12:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/?p=33911"},"modified":"2022-02-11T14:12:52","modified_gmt":"2022-02-11T10:12:52","slug":"les-limites-legitimes-de-lexpression","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/les-limites-legitimes-de-lexpression\/","title":{"rendered":"Les limites l\u00e9gitimes de l\u2019expression"},"content":{"rendered":"<h4 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #800000;\"><em>Une d\u00e9mocratie \u00e9motionnelle ne prot\u00e8ge pas la libert\u00e9 d\u2019expression mais, au contraire, elle la prend en otage, au profit de ceux qui veulent r\u00e9duire au silence les opinions qui leur d\u00e9plaisent<\/em><\/span><!--more--><\/h4>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>Par Eric Ng Ping Cheun<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"33913\" data-permalink=\"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/les-limites-legitimes-de-lexpression\/liberte-2\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Liberte-2.jpg?fit=403%2C567&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"403,567\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Liberte-2\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Liberte-2.jpg?fit=403%2C567&amp;ssl=1\" class=\" wp-image-33913 alignleft\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Liberte-2.jpg?resize=300%2C421&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"421\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Liberte-2.jpg?w=403&amp;ssl=1 403w, https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Liberte-2.jpg?resize=213%2C300&amp;ssl=1 213w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>La libert\u00e9 d\u2019expression est, dans le langage des \u00e9conomistes, un bien collectif, c\u2019est-\u00e0-dire accessible \u00e0 tous comme l\u2019air pur. Elle est une libert\u00e9 relationnelle, puisqu\u2019on parle en s\u2019adressant \u00e0 des gens. C\u2019est une libert\u00e9 publique qui concerne tous les propos, pas seulement les critiques sur les radios. Elle englobe aussi la libert\u00e9 de la presse \u00e9crite et la libert\u00e9 de parler sur le web. Ici, il n\u2019y a pas de v\u00e9ritable r\u00e9gulation du monde num\u00e9rique, d\u2019o\u00f9 l\u2019\u00e9pineuse question de limites \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression. Il serait dommage que les fausses nouvelles qui circulent en toute impunit\u00e9 sur les r\u00e9seaux sociaux conduisent \u00e0 un verrouillage progressif de la parole en g\u00e9n\u00e9ral. Il faut bien attaquer ce probl\u00e8me particulier de la libert\u00e9 d\u2019expression, et le meilleur moyen de s\u2019y prendre est\u2026 la libert\u00e9 d\u2019expression elle-m\u00eame.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Au Sommet pour la d\u00e9mocratie, organis\u00e9 par le pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis, le Premier ministre Pravind Jugnauth s\u2019en est pris aux m\u00e9dias num\u00e9riques qu\u2019il consid\u00e8re comme une menace pour la d\u00e9mocratie eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9sinformation et aux discours haineux qu\u2019ils v\u00e9hiculent. L\u2019incident dont a \u00e9t\u00e9 victime Nikhita Obeegadoo sur les r\u00e9seaux sociaux t\u00e9moigne de leur pouvoir de nuisance. La tribune qu\u2019elle a publi\u00e9e en guise de r\u00e9futation a fait la une de <em>l\u2019express<\/em>, preuve qu\u2019un journal peut avoir, s\u2019il le veut, une responsabilit\u00e9 \u00e9ditoriale qui fait office d\u2019autor\u00e9gulation.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Cette affaire, dit Rabin Bhujun dans une interview \u00e0 <em>Mauritius Times<\/em>, \u00ab est symptomatique de nouvelles pratiques insidieuses chez les journalistes \u00bb de \u00ab s\u2019appuyer sur ce qui est dit et montr\u00e9 sur les r\u00e9seaux sociaux afin de traiter un sujet qui fait le buzz \u00bb. Au lieu d\u2019en faire des alli\u00e9s, les journaux et les radios gagneront en cr\u00e9dibilit\u00e9 s\u2019ils agissent comme des mod\u00e9rateurs des r\u00e9seaux sociaux. Les pr\u00e9occupations des citoyens ne sont pas n\u00e9cessairement bien repr\u00e9sent\u00e9es par les campagnes foment\u00e9es par des activistes de l\u2019internet. Les Mauriciens finiront bien par faire la distinction entre ceux qui veulent informer le public et ceux qui cherchent \u00e0 le manipuler dans le dessein d\u2019exercer un pouvoir par l\u2019\u00e9motion.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Les d\u00e9rives sur les r\u00e9seaux sociaux appellent \u00e0 une r\u00e9flexion d\u00e9passionn\u00e9e sur la libert\u00e9 d\u2019expression. Il est de bon ton de d\u00e9fendre une libert\u00e9 d\u2019expression inconditionn\u00e9e dans son principe et ayant un fondement moral. Mais la libert\u00e9 d\u2019expression est un droit qui doit \u00eatre limit\u00e9 si son emploi cause un dommage \u00e0 autrui. A rebours du lamento journalistique, il faut r\u00e9fl\u00e9chir aux limites l\u00e9gitimes de l\u2019expression, \u00e0 ce qui est admissible ou pas.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Normes et valeurs<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Dans son livre <em>Sauver la libert\u00e9 d\u2019expression<\/em>, publi\u00e9 cette ann\u00e9e, Monique Canto-Sperber nous invite \u00e0 repenser la libert\u00e9 d\u2019expression en se focalisant non plus sur sa valeur morale mais sur les limites qu\u2019exige son adaptabilit\u00e9 \u00e0 la nouvelle r\u00e9alit\u00e9 de la parole publique, que les outils num\u00e9riques ont radicalement transform\u00e9e en d\u00e9mocratisant l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la parole. Pour cette normalienne, agr\u00e9g\u00e9e et docteur en philosophie, \u00ab r\u00e9gler la libert\u00e9 d\u2019expression est une question de limites, non de morale \u00bb. Elle doute que la libert\u00e9 d\u2019expression, en tant que valeur morale, puisse encore \u00eatre au fondement d\u2019un juste usage de la parole.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">C\u2019est que la libert\u00e9 d\u2019expression rel\u00e8ve du juste, pas du bien. Chacun est libre de penser comme il le souhaite, selon ses valeurs personnelles, mais il doit respecter les normes communes qui ne privent personne de sa capacit\u00e9 de parler. Il ne faut pas confondre normes et valeurs. Si vous soutenez une politique de censurer vos adversaires, demandez-vous ce qui arrivera quand cette m\u00eame norme sera utilis\u00e9e par eux contre vous.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Une norme claire qu\u2019il convient de fixer, c\u2019est l\u2019argumentation raisonn\u00e9e (\u00e0 coups de faits et de chiffres) \u00e0 la place du chantage \u00e9motionnel. La pression sociale et l\u2019envie de para\u00eetre plein de compassion peuvent nous interdire de porter la contradiction \u00e0 des arguments \u00e9motionnels, \u00e0 la bien-pensance. Autant une pouss\u00e9e d\u2019\u00e9motion peut \u00eatre sinc\u00e8re, autant un appel \u00e0 l\u2019\u00e9motion peut d\u00e9gager beaucoup d\u2019agressivit\u00e9. Une d\u00e9mocratie \u00e9motionnelle ne prot\u00e8ge pas la libert\u00e9 d\u2019expression mais, au contraire, elle la prend en otage, au profit de ceux qui veulent r\u00e9duire au silence les opinions qui leur d\u00e9plaisent.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>La parole d\u00e9cha\u00een\u00e9e<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Dans la tradition lib\u00e9rale, n\u00e9e du XIXe si\u00e8cle, tous les propos sont permis, sauf ceux sanctionn\u00e9s par la loi. Un seul motif peut justifier de restreindre la libert\u00e9 de parole : \u00e9viter qu\u2019un dommage ne soit fait \u00e0 autrui. Ce mode de r\u00e9gulation de la parole pouvait fonctionner tant qu\u2019ils \u00e9taient peu nombreux \u00e0 avoir acc\u00e8s \u00e0 la parole publique, et qu\u2019ils partageaient des valeurs communes. Aujourd\u2019hui, les valeurs sont comprises de fa\u00e7on de plus en plus extensive, et tout un chacun peut s\u2019exprimer dans le domaine public gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019internet, sans nuance ni d\u00e9bat.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Sur le web, il n\u2019y a pas de \u00ab <em>marketplace of ideas<\/em> \u00bb, cher \u00e0 John Stuart Mill. La libre comp\u00e9tition entre les id\u00e9es consolide la d\u00e9mocratie dans la mesure o\u00f9 elle constitue le meilleur moyen de d\u00e9couvrir la v\u00e9rit\u00e9. Une concurrence d\u2019opinions est pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 une conformit\u00e9 d\u2019opinions. Or le fonctionnement des plateformes num\u00e9riques favorise l\u2019emballement des \u00e9motions et rend peu praticable le d\u00e9bat contradictoire, libre et non fauss\u00e9. Une information \u00e9manant d\u2019un expert et la r\u00e9action d\u2019un profane sont consid\u00e9r\u00e9es comme interchangeables et donc substituables en valeur \u2013 une horizontalit\u00e9 si caract\u00e9ristique de la distribution de la parole dans l\u2019espace hertzien\u2026<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Le web promeut une \u00ab libert\u00e9 de parler qui contribue \u00e0 ruiner \u00e9coute mutuelle et \u00e9change argument\u00e9 \u00bb, pour citer Canto-Sperber. Car le web s\u2019av\u00e8re \u00eatre une caisse de r\u00e9sonance des propos extr\u00eames, renforc\u00e9s par les algorithmes, charriant des torrents de haine jusqu\u2019au lynchage. C\u2019est la parole d\u00e9cha\u00een\u00e9e, sans filtres ni codes de d\u00e9cence, qui prosp\u00e8re sur les r\u00e9seaux sociaux o\u00f9 s\u00e9vissent les s\u00e9ides de la parole lib\u00e9r\u00e9e et pr\u00e9tendus justiciers des propos, avec la volont\u00e9 d\u2019intimider, voire des vell\u00e9it\u00e9s d\u2019h\u00e9g\u00e9monie d\u2019une pens\u00e9e, une forme d\u2019intol\u00e9rance que justifierait la grandeur de la cause qu\u2019ils plaident.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>La justice d\u00e9pass\u00e9e<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">C\u2019est peu dire qu\u2019il faut combattre la haine en ligne, tout en pr\u00e9servant un \u00e9quilibre entre le droit de parler et le contr\u00f4le des propos. Soulignant que \u00ab les codes l\u00e9gislatifs des pays lib\u00e9raux imposent tous des restrictions \u00e0 la parole publique \u00bb, \u00e0 l\u2019exception des \u00c9tats-Unis, la philosophe \u00e9crit que \u00ab la loi impose certes des limites \u00e0 la libert\u00e9 de parler \u00e0 la fois pour prot\u00e9ger les personnes et pour pr\u00e9server l\u2019ordre public, mais la d\u00e9finition de ces limites reste ambigu\u00eb \u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">L\u2019\u00eele Maurice n\u2019est pas en reste. Il ne suffit pas de dire que le tort \u00e0 autrui peut \u00eatre r\u00e9par\u00e9 devant un tribunal. La justice est d\u00e9pass\u00e9e par les r\u00e9seaux sociaux, \u00e9tant peu arm\u00e9e devant l\u2019anonymat et l\u2019usage de pseudonymes. Elle peut certes exiger des plateformes une lev\u00e9e rapide de l\u2019anonymat. Mais, face \u00e0 la surench\u00e8re dans la parole d\u00e9sinhib\u00e9e, l\u2019autorit\u00e9 judiciaire ne r\u00e9agit qu\u2019avec d\u00e9lai, \u00e9tant trop lente et prise de vitesse par la r\u00e9activit\u00e9 des internautes qui surfent sur la diffusion maximale que permet l\u2019internet. Et puis, ils n\u2019\u00e9prouvent aucun scrupule \u00e0 fouler au pied la pr\u00e9somption d\u2019innocence, l\u2019examen des faits et l\u2019impartialit\u00e9 de la loi.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">M\u00eame si la justice n\u2019arrive pas \u00e0 mettre au pas les d\u00e9viances de la libert\u00e9 de parler sur le web, il n\u2019y a pas lieu de s\u2019aplatir devant le pouvoir du num\u00e9rique. La derni\u00e8re chose \u00e0 faire, c\u2019est d\u2019\u00e9tablir une police de la pens\u00e9e. Nul sujet ne m\u00e9rite d\u2019\u00eatre censur\u00e9 sous pr\u00e9texte qu\u2019il choque. Le seul cas o\u00f9 une parole puisse \u00eatre bannie, suscitant l\u2019intervention l\u00e9gitime de la force publique, c\u2019est lorsqu\u2019elle conduirait \u00e0 une action criminelle. Sinon, la censure est la meilleure couverture pour ceux qu\u2019on combat, alors qu\u2019un ennemi connu de tous est une cible facile et vuln\u00e9rable. Ainsi que l\u2019\u00e9crit Canto-Sperber, \u00ab quoique l\u00e9galement punissables, les pires opinions ne sont pas sans utilit\u00e9, et les r\u00e9duire au silence nous prive d\u2019un aiguillon n\u00e9cessaire pour que nous restions en alerte \u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">On ne transige pas avec la libert\u00e9 d\u2019expression. Pour la philosophe, qui reprend Tocqueville (\u00ab vous \u00e9tiez parti des abus de la libert\u00e9, et je vous retrouve sous les pieds d\u2019un despote \u00bb), on ne doit pas censurer la parole qu\u2019on d\u00e9sapprouve, mais on doit plut\u00f4t la priver d\u2019effet, la rendre inaudible, la d\u00e9l\u00e9gitimer, par des contre-discours, bref \u00ab neutraliser l\u2019effet des propos haineux tout en encourageant l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la parole \u00bb. Pour cela, il faut des acteurs engag\u00e9s, notamment parmi les universitaires, les formateurs, les conf\u00e9renciers, les commentateurs, les blogueurs, les artistes, les militants de la libert\u00e9. Favoriser un maximum d\u2019opinions en circulation doit rester la vis\u00e9e de toute r\u00e9gulation de la libert\u00e9 d\u2019expression.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><em>Eric Ng Ping Cheun est l\u2019auteur de &#8216;Maurice la cigale&#8217; (2019), en vente chez Bookcourt, Editions Le Printemps, Editions de l\u2019Oc\u00e9an Indien, Librairie Petrusmok, Librairie Le Cygne et Librairie Le Tr\u00e8fle.<\/em><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #008080;\">* Published in print edition on 11 February 2022<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une d\u00e9mocratie \u00e9motionnelle ne prot\u00e8ge pas la libert\u00e9 d\u2019expression mais, au contraire, elle la prend en otage, au profit de ceux qui veulent r\u00e9duire au silence les opinions qui leur d\u00e9plaisent<\/p>\n","protected":false},"author":100,"featured_media":33912,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[19379],"tags":[31590,31582,11251,2969,23733,36,31587,31586,31588,48,31585,7015,31584,31589,31583],"class_list":["post-33911","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-opinion","tag-activistes-de-linternet","tag-ericng-ping-cheun","tag-internet","tag-john-stuart-mill","tag-liberte-dexpression","tag-mauritius-times","tag-monique-canto-sperber","tag-nikhita-obeegadoo","tag-plateformes-numeriques","tag-pravind-jugnauth","tag-president-des-etats-unis","tag-reseaux-sociaux","tag-sommet","tag-tocqueville","tag-web"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Liberte.jpg?fit=1200%2C647&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8QzSF-8OX","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33911","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/users\/100"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=33911"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33911\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/media\/33912"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=33911"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=33911"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=33911"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}