{"id":3333,"date":"2015-01-30T09:05:38","date_gmt":"2015-01-30T09:05:38","guid":{"rendered":"http:\/\/mauritiustimes.com\/mt\/2015\/01\/30\/tree-of-knowledge-mootocoomaren-sangeelee\/"},"modified":"2018-05-14T14:41:57","modified_gmt":"2018-05-14T10:41:57","slug":"tree-of-knowledge-mootocoomaren-sangeelee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/tree-of-knowledge-mootocoomaren-sangeelee\/","title":{"rendered":"Thai Poosam Cavadee et symbolisme des offrandes"},"content":{"rendered":"<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: center;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span lang=\"FR\" style=\"font-family: Verdana;\">Tree of Knowledge<\/span><\/span><!--more--><\/p>\n<p>Thai Poosam ! Voici revenu le jour solennel ! Le jour qui fait briller d\u2019un \u00e9clat plus vif dans le c\u0153ur des Tamouls leur amour et leur d\u00e9votion pour le seigneur Mourougan ! Ablutions faites, proprement v\u00eatus, nous voil\u00e0 une fois encore dans la procession des cavadees, dont la vue nous inspire une ferveur plus grande pendant qu\u2019en route pour le temple, nous chantons les louanges du Seigneur.<\/p>\n<p>Comme \u00e0 l\u2019occasion des autres f\u00eates religieuses, le coco et la banane tiennent la premi\u00e8re place dans nos offrandes \u00e0 Dieu, mais aujourd\u2019hui ils jouent, ainsi que le lait, un r\u00f4le beaucoup plus important. Quelle signification particuli\u00e8re peuvent avoir des choses en apparence aussi banales pour que les Tamouls leur accordent une si grande importance ?<\/p>\n<p>Pour le Tamoul, et pour l\u2019Hindou en g\u00e9n\u00e9ral, les trois p\u00e9ch\u00e9s capitaux sont : la luxure, la haine et l\u2019avarice, qui sont consid\u00e9r\u00e9es comme les sources des autres p\u00e9ch\u00e9s. Ensemble, elles forment pour le Tamoul le \u2018moumalaam\u2019 (les trois souillures). Aussi longtemps qu\u2019elles subsistent dans le c\u0153ur, le salut de l\u2019\u00e2me n\u2019est pas possible, malgr\u00e9 toutes les pri\u00e8res, les aust\u00e9rit\u00e9s, les sacrifices et les mortifications. Au fur et \u00e0 mesure qu\u2019elles diminuent, l\u2019\u00e2me progresse sur le chemin du salut. Leur extinction compl\u00e8te am\u00e8ne la lib\u00e9ration de l\u2019\u00e2me.<\/p>\n<p>\u00ab Mais quel rapport a tout cela avec le coco et la banane ? \u00bb, me diriez-vous. Un rapport \u00e9troit. Le coco est renferm\u00e9 dans trois enveloppes superpos\u00e9es : une peau mince et lisse, une couche de paille et une coque dure. La peau lisse symbolise la luxure, la paille symbolise la haine, qui \u00e9touffe toutes les bonnes qualit\u00e9s que l\u2019humain doit poss\u00e9der, et la coque l\u2019avarice, car que peut-il y avoir de plus dur que le c\u0153ur de l\u2019avare ? Il peut voir son fr\u00e8re mourir de faim sans lui donner le moindre morceau de pain.<\/p>\n<p>La noix de coco, qui a plus ou moins la forme d\u2019un c\u0153ur, a trois yeux, dont deux sont durs et seul le troisi\u00e8me peut \u00eatre ouvert. Les deux yeux durs symbolisent nos yeux physiques, qui ne voient pas les choses spirituelles et le troisi\u00e8me, notre \u0153il de sagesse, que nous devons, par la pratique des vertus et les pratiques religieuses, nous efforcer d\u2019ouvrir et de rendre semblable \u00e0 l\u2019\u0153il frontal de Siva. Cassez maintenant cette noix de coco et vous constatez que l\u2019int\u00e9rieur est d\u2019une blancheur immacul\u00e9e, ce qui symbolise la puret\u00e9. La philosophie en est que nous devons demander \u00e0 Dieu de purifier notre \u00e2me, afin qu\u2019elle puisse retourner \u00e0 sa source, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 Dieu lui-m\u00eame. C\u2019est une le\u00e7on pour les avares surtout.<\/p>\n<p>Autrefois, au cours de la procession du Cavadee, on brisait des centaines de cocos sur la route. Les gens ramassaient pieusement les morceaux \u00e9parpill\u00e9s comme une chose sacr\u00e9e. C\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre une fa\u00e7on tr\u00e8s philosophique de dire aux assistants :<\/p>\n<p>\u00ab O, vous, qui en ce jour observez tant d\u2019actes religieux, n\u2019oubliez pas que tous ces actes ne servent \u00e0 rien, si votre c\u0153ur est le moindrement impur. Demandez donc \u00e0 Mourougan sa gr\u00e2ce, lui seul peut vous aider \u00e0 rendre votre \u00e2me aussi pure et votre langage aussi doux que le coco que vous ramassez. \u00bb<\/p>\n<p>La banane nous rappelle que nous devons donner \u00e0 notre caract\u00e8re et \u00e0 notre langage la douceur de ce fruit. Mais il y a des fruits qui sont aussi doux que les bananes, par exemple la mangue et le jacques. Pourquoi donc pr\u00e9f\u00e9rons-nous la banane ? C\u2019est parce que ces fruits-l\u00e0 sont saisonniers, tandis que la banane, comme le coco, est disponible d\u2019un bout de l\u2019ann\u00e9e \u00e0 l\u2019autre. Le coco et la banane nous font comprendre que notre douceur ne doit pas \u00eatre p\u00e9riodique, mais constante pendant toute la dur\u00e9e de notre existence.<\/p>\n<p>Nous voyons donc que le coco est rare et a une valeur plus philosophique que religieuse. Si donc le coco est rare ou est vendu \u00e0 un prix \u00e9lev\u00e9, il n\u2019est plus n\u00e9cessaire d\u2019en offrir un grand nombre \u00e0 Dieu. On peut, sans inqui\u00e9tude, en offrir un seul. Il n\u2019est nullement n\u00e9cessaire de faire des d\u00e9penses inutiles pour plaire \u00e0 Dieu.<\/p>\n<p>Aussi important que le coco et la banane est le lait pour le Cavadee. Quand on fait une offrande \u00e0 Dieu, on doit choisir quelque chose de pur et de sacr\u00e9. Le lait tient une place tr\u00e8s importante dans les c\u00e9r\u00e9monies religieuses parce qu\u2019il provient de la vache, qui est, avec raison, consid\u00e9r\u00e9e comme sacr\u00e9e par les Hindous. Elle nous donne du lait, nourriture compl\u00e8te, qui sauve la vie de millions de b\u00e9b\u00e9s et de malades. C\u2019est aussi un des meilleurs contrepoisons. Et puisque presque tout le monde consomme du lait depuis la naissance jusqu\u2019\u00e0 la mort, on peut dire que la vache est une seconde maman pour l\u2019humanit\u00e9. Le proverbe tamoul suivant met en relief la nature sacr\u00e9e de la vie. \u00ab Il n\u2019y a point de temple plus sacr\u00e9 qu\u2019une m\u00e8re. \u00bb<\/p>\n<p>Le vaccin, qui a aid\u00e9 \u00e0 ma\u00eetriser la variole, est pr\u00e9par\u00e9 avec de la lymphe provenant de la vache. Cette maladie emportait autrefois des centaines de milliers de gens chaque ann\u00e9e, laissant son empreinte sur le visage de ceux qui avaient la chance d\u2019en \u00eatre gu\u00e9ris. L\u2019excr\u00e9ment m\u00eame de la vache, est un puissant microbicide, alors que l\u2019excr\u00e9ment des autres animaux est un terrain fertile au d\u00e9veloppement des microbes.<\/p>\n<p>Son parent, le b\u0153uf, n\u2019est pas moins utile. En effet, sans le b\u0153uf, la nation indienne n\u2019existerait plus, car sans lui l\u2019agriculture en Inde ne serait pas possible. Dans certaines parties de ce pays, dans le sud surtout, la charrue mill\u00e9naire, tir\u00e9e par des b\u0153ufs, ne peut aujourd\u2019hui pas encore \u00eatre remplac\u00e9e par le tracteur, la nature du sol ne le permettant pas. C\u2019est pourquoi la mythologie hindoue a fait du b\u0153uf la monture de Siva. Le mot \u2018djiva\u2019 signifie vie. Le b\u0153uf portant Siva (le nandi) signifie que le b\u0153uf supporte la vie de la nation indienne.<\/p>\n<p>Sa fiente sert de fumier pour engraisser la terre. S\u00e9ch\u00e9e, elle sert aussi de combustible. C\u2019est le b\u0153uf qui tire la charrue ; c\u2019est lui qui rend la terre meuble en marchant dans les champs labour\u00e9s et recouverts d\u2019eau ; c\u2019est lui qui transporte le paddy (riz non d\u00e9cortiqu\u00e9) du champ \u00e0 la grange ; c\u2019est lui qui transporte le riz de la grange \u00e0 la boutique. Pour toutes ces raisons, la vache et la race bovine en g\u00e9n\u00e9ral, sont consid\u00e9r\u00e9es comme sacr\u00e9es par les Hindous.<\/p>\n<p>Une autre offrande \u00e0 Mourougan le jour du cavadee est le \u2018tinxi-ma\u2019, pr\u00e9par\u00e9 avec de la farine de millet et du miel. C\u2019est surtout en l\u2019honneur de Valli, une des \u00e9pouses de Mourougan. D\u2019apr\u00e8s la l\u00e9gende, Valli est n\u00e9e dans une famille de Kuruvars consid\u00e9r\u00e9e comme une des castes inf\u00e9rieures. Le millet est la nourriture de base de cette caste. Le miel fait aussi partie de leur alimentation. Dans certaines de leurs c\u00e9r\u00e9monies, le miel est abondamment consomm\u00e9. Jeune fille, Valli s\u2019occupait \u00e0 \u00e9loigner les oiseaux du champ de millet de sa famille. C\u2019est l\u00e0 que Mourougan l\u2019a rencontr\u00e9e pour la premi\u00e8re fois avant leur mariage.<\/p>\n<p>Il y a une grande le\u00e7on \u00e0 tirer de ce mariage de Mourougan avec Valli. En \u00e9pousant une fille d\u2019une caste suppos\u00e9e inf\u00e9rieure, Mourougan nous enseigne que la sup\u00e9riorit\u00e9 ou l\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 de caste n\u2019existent pas, que nous sommes tous \u00e9gaux sur cette Terre et que nous ne devons consid\u00e9rer personne comme \u00e9tant inf\u00e9rieur \u00e0 cause de sa naissance :<\/p>\n<p><strong>Avv\u00e9yar nous dit:<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2018Il n\u2019existe sur la terre que deux castes.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ceux qui observent les lois morales<\/strong><\/p>\n<p><strong>Et font la charit\u00e9 sont de la caste sup\u00e9rieure.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les autres sont de la caste inf\u00e9rieure.\u2019<\/strong><\/p>\n<p><em>Et Suddhananda Bharati dit:<\/em><\/p>\n<p><em>\u2018Parler de castes est illusion<\/em><\/p>\n<p><em>Nul n\u2019est caste inf\u00e9rieure ici-bas.<\/em><\/p>\n<p><em>Les humains n\u2019appartiennent tous <\/em><\/p>\n<p><em>Qu\u2019\u00e0 une seule caste. Sachez-le.\u2019<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019autre \u00e9pouse de Mourougan est Deivayanei. Ces deux \u00e9pouses de Mourougan repr\u00e9sentent la volont\u00e9 et la pr\u00e9sence de Dieu, personnifi\u00e9es.<\/p>\n<p>Comme ornement au cavadee, on attache aux quatre coins une gerbe de v\u00e9tiver, plante originaire du sud de l\u2019inde. \u00ab V\u00e9tiver \u00bb provient du mot tamoul : \u2018 vettr-verr\u2019.<\/p>\n<p>Autrefois, on se servait de plumes de paon au lieu de v\u00e9tiver. Certains commer\u00e7ants tamouls en importaient en grandes quantit\u00e9s de l\u2019Inde \u00e0 l\u2019approche du Cavadee.<\/p>\n<p><strong><em>Feu Mootocoomaren Sangeelee (1901-1996), inspecteur des \u00e9coles \u00e9tait l\u2019auteur de plusieurs ouvrages, dont des manuels scolaires en fran\u00e7ais et en anglais, utilis\u00e9s dans toutes les \u00e9coles de Maurice. Il avait traduit beaucoup de textes en fran\u00e7ais. Ceux-ci traitaient de la litt\u00e9rature tamoule et dispensaient un enseignement universel. Il \u0153uvra jusqu\u2019\u00e0 un \u00e2ge fort avanc\u00e9 en faveur de l\u2019\u00e9panouissement de la langue et de la culture tamoules \u00e0 Maurice et \u00e0 la R\u00e9union. &#8212; Kavinien Karupudayyan<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>You are welcome to contribute. Write to:<br \/>\n<\/strong><strong>devotee2010@gmail.com<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>* Published in print edition on 30 January \u00a02015<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tree of Knowledge<\/p>\n","protected":false},"author":58,"featured_media":10652,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[3962],"tags":[9523,2312,9521,9522,9520,3044],"class_list":["post-3333","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culturereligion","tag-kuruvars","tag-mootoocomaren-sangeelee","tag-mourougan","tag-siva","tag-tamouls","tag-thai-poosam-cavadee"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Thai-Poosam-Cavadee.jpg?fit=700%2C467&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8QzSF-RL","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3333","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/users\/58"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3333"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3333\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10652"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3333"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3333"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3333"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}