{"id":30655,"date":"2021-03-19T07:14:51","date_gmt":"2021-03-19T03:14:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/?p=30655"},"modified":"2021-03-19T20:08:45","modified_gmt":"2021-03-19T16:08:45","slug":"leconomie-va-mourir-si-les-frontieres-ne-souvrent-pas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/leconomie-va-mourir-si-les-frontieres-ne-souvrent-pas\/","title":{"rendered":"\u00ab L\u2019\u00e9conomie va mourir si les fronti\u00e8res ne s\u2019ouvrent pas \u00bb"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><u>Interview &#8212; Eric Ng Ping Cheun, \u00e9conomiste et directeur de PluriConseil\u00a0:<\/u><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><u><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"30656\" data-permalink=\"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/leconomie-va-mourir-si-les-frontieres-ne-souvrent-pas\/eric-ng-19-march\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Eric-Ng-19-March.jpg?fit=1200%2C733&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"1200,733\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Eric Ng 19 March\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Eric-Ng-19-March.jpg?fit=300%2C183&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Eric-Ng-19-March.jpg?fit=640%2C391&amp;ssl=1\" class=\"aligncenter size-full wp-image-30656\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Eric-Ng-19-March.jpg?resize=640%2C391&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"391\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Eric-Ng-19-March.jpg?w=1200&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Eric-Ng-19-March.jpg?resize=300%2C183&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Eric-Ng-19-March.jpg?resize=1024%2C625&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Eric-Ng-19-March.jpg?resize=768%2C469&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/u><\/span><!--more--><\/p>\n<h3><span style=\"color: #800000;\"><strong>* \u2018Nous devons apprendre \u00e0 vivre avec le coronavirus, sachant que le risque z\u00e9ro n\u2019existe pas<\/strong><strong>. Faute de quoi, l\u2019\u00e9conomie mauricienne avancera \u00e0 reculons<\/strong><strong>\u2019<\/strong><\/span><\/h3>\n<h3><span style=\"color: #800000;\"><strong>* \u2018i le confinement national est \u00e9tendu de plusieurs semaines, l\u2019\u00e9conomie se dirigera vers une nouvelle contraction\u2019<\/strong><\/span><\/h3>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>La crise sanitaire et le deuxi\u00e8me confinement provoquent beaucoup d\u2019angoisse, surtout au sein de la population active. Les citoyens craignent les r\u00e9percussions \u00e0 diff\u00e9rents niveaux\u00a0: la fermeture d\u2019entreprises, l\u2019\u00e9puisement de l\u2019\u00e9pargne et la r\u00e9duction de la capacit\u00e9 de consommation, entre autres. Les jeunes dipl\u00f4m\u00e9s, eux, sont sceptiques par rapport \u00e0 l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019emploi. Pour nous \u00e9clairer sur la situation \u00e9conomique, \u00a0nous avons invit\u00e9 l\u2019\u00e9conomiste Eric Ng Ping Cheun.<\/strong><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>Mauritius Times\u00a0: Dans son message adress\u00e9 \u00e0 la nation \u00e0 l\u2019occasion de la f\u00eate nationale le 12 mars dernier, le Premier ministre a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il sera \u00ab\u00a0tr\u00e8s difficile de remonter la pente \u00e9conomique avec ce deuxi\u00e8me confinement \u00bb. Le ministre Padayachy a abond\u00e9 dans le m\u00eame sens en disant que \u00ab\u00a0nous nous trouvons dans une p\u00e9riode difficile\u00a0\u00bb. Selon vous, quelles seront les r\u00e9percussions sur la croissance \u00e9conomique\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>Eric Ng\u00a0: <\/strong>Avant le second confinement, l\u2019\u00e9conomie mauricienne ne s\u2019\u00e9tait pas encore relev\u00e9e du premier. Elle remontait d\u00e9j\u00e0 difficilement la pente, preuve que les politiques du minist\u00e8re des finances et de la banque centrale tardent \u00e0 donner les r\u00e9sultats escompt\u00e9s. Maintenant, il sera encore plus difficile pour le pays de remonter la pente \u00e9conomique.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Je trouve \u00e9loquent que des \u00e9conomistes autoproclam\u00e9s ont relativis\u00e9 l\u2019impact \u00e9conomique de ce second confinement en disant que Maurice a \u00ab\u00a0l\u2019exp\u00e9rience\u00a0\u00bb d\u2019une telle situation et que des plans d\u2019aide gouvernementale sont d\u00e9j\u00e0 en place. C\u2019est ignorer que les effets du premier confinement sont toujours l\u00e0, et que donc ceux du second viennent s\u2019y ajouter. En somme, on fait face \u00e0 un effet multiplicateur n\u00e9gatif sur l\u2019\u00e9conomie.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Du reste, il est certain que les pr\u00e9visions de la croissance \u00e9conomique pour 2021 seront nettement r\u00e9vis\u00e9es \u00e0 la baisse. Les 7,9% pr\u00e9vus par la Banque de Maurice seront loin d\u2019\u00eatre r\u00e9alis\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, le produit int\u00e9rieur brut (PIB) aux prix de base \u00e9tait de Rs 42 milliards moindre qu\u2019en 2019. Mais il faut consid\u00e9rer aussi le fait que, dans une ann\u00e9e normale (sans Covid), le PIB augmente g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019environ Rs 18 milliards. Donc les 10 semaines de confinement en 2020 ont co\u00fbt\u00e9 Rs 60 milliards, soit Rs 12 milliards pour deux semaines. Mais les co\u00fbts ne sont pas \u00e9tal\u00e9s de mani\u00e8re uniforme sur la p\u00e9riode de confinement: les co\u00fbts fixes sont tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s durant les premi\u00e8res semaines, et apr\u00e8s les co\u00fbts deviennent variables et d\u00e9croissants.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Aujourd\u2019hui, le t\u00e9l\u00e9travail est d\u00e9j\u00e0 en place, mais sa contribution \u00e0 l\u2019\u00e9conomie est encore tr\u00e8s minime et, d\u2019ailleurs, c\u2019est la vente qui fait progresser le chiffre d\u2019affaires. Certes, il n\u2019y a pas de changement dans le tourisme. Mais tout compte fait, si l\u2019on consid\u00e8re que MCB Focus pr\u00e9voit un PIB de Rs 415 milliards en 2021,les deux semaines de confinement (10 jours ouvrables sur un total annuel de 260) feraient perdre \u00e0 l\u2019\u00e9conomie quelque Rs 16 milliards.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Bref, le PIB aux prix de base risque de ne pas franchir la barre de Rs 400 milliards cette ann\u00e9e, dans lequel cas la croissance tournerait, au mieux, autour de 2%. Mais si le confinement national est \u00e9tendu de plusieurs semaines, l\u2019\u00e9conomie se dirigera vers une nouvelle contraction.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, quelles sont les implications pour les consommateurs, les travailleurs et les entrepreneurs\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Il est \u00e9vident que les consommateurs, les travailleurs et les entrepreneurs sont tous affect\u00e9s par la baisse du rythme d\u2019activit\u00e9. Les consommateurs sont p\u00e9nalis\u00e9s par les hausses des prix, qui les obligent soit \u00e0 diminuer leur volume de d\u00e9penses soit \u00e0 puiser dans leur \u00e9pargne pour maintenir celui-ci.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Sans anticiper le second confinement, la Banque de Maurice avait pr\u00e9vu une inflation de 3% pour l\u2019ann\u00e9e 2021, un taux qui est d\u00e9j\u00e0 \u00e9lev\u00e9 dans un contexte o\u00f9 la demande est relativement faible (si elle \u00e9tait forte, ce taux serait justifi\u00e9). Maintenant, avec la d\u00e9stabilisation de l\u2019offre due au confinement, l\u2019inflation est susceptible de grimper encore plus.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Pour leur part, les travailleurs continueront \u00e0 vivre dans la crainte de perdre leur emploi. Avec ce sentiment, ils seront tr\u00e8s prudents dans leurs d\u00e9penses, m\u00eame apr\u00e8s le confinement, ce qui affaiblira la demande globale et, par cons\u00e9quent, le chiffre d\u2019affaires des entreprises locales. Par ailleurs, les travailleurs qui ont vu leur salaire r\u00e9duit \u00e0 la suite du premier confinement resteront dans ce nouveau r\u00e9gime salarial, et donc, ils continueront \u00e0 se serrer la ceinture. Enfin, des travailleurs seront mis \u00e0 la porte \u00e0 la suite du second confinement parce que les affaires vont de mal en pis pour les petites et moyennes entreprises.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Justement, les entrepreneurs ne s\u2019attendaient pas \u00e0 un deuxi\u00e8me confinement. Ils \u00e9taient convaincus que l\u2019\u00e9conomie mauricienne conna\u00eetrait une reprise certaine en 2021. D\u00e9sormais, ils tiendront compte dans leur calcul \u00e9conomique de l\u2019exc\u00e8s de pr\u00e9caution du Gouvernement qui tient \u00e0 confiner toute la nation au moindre nouveau cas local de contamination. Ils n\u2019\u00e9carteront pas un troisi\u00e8me confinement plus tard, ce qui fait qu\u2019ils h\u00e9siteront \u00e0 investir et \u00e0 embaucher de sit\u00f4t.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Comme vous le voyez, la d\u00e9cision de confiner le pays une deuxi\u00e8me fois a accru l\u2019incertitude \u00e0 laquelle font face les op\u00e9rateurs \u00e9conomiques. L\u2019impact \u00e9conomique du second confinement n\u2019est pas que math\u00e9matique, mais il est aussi et surtout psychologique. Un changement de psychologie de l\u2019investisseur et du consommateur en l\u2019espace de deux semaines a des r\u00e9percussions sur l\u2019\u00e9conomie \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de plusieurs mois, voire de quelques ann\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* Le ministre des Finances soutient que des provisions ont \u00e9t\u00e9 faites lors du dernier exercice budg\u00e9taire \u00ab\u00a0pour les temps durs\u00a0\u00bb, en particulier pour les besoins du \u2018Wage Assistance Scheme\u2019 et d\u2019une certaine forme d\u2019assistance financi\u00e8re aux entrepreneurs. Toutes ces mesures se r\u00e9v\u00e9leront utiles et nous aideront \u00e0 tenir le coup jusqu\u2019\u00e0 ce que cette crise se r\u00e9sorbe, mais jusqu\u2019o\u00f9 peut-on aller\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Toutes les aides gouvernementales dues au Covid se montent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 plusieurs milliards de roupies. Elles \u00e9taient suppos\u00e9es exceptionnelles, mais voil\u00e0 que leur montant va continuer d\u2019augmenter en raison du second confinement. Cela n\u2019est pas sans cons\u00e9quence sur les finances publiques, car il faut bien les financer.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Il existe trois sources de financement.<\/span><\/p>\n<ol>\n<li><span style=\"color: #000000;\">La premi\u00e8re est le recours \u00e0 la planche \u00e0 billets. Mais le Fonds mon\u00e9taire international nous a mis en garde contre le financement des d\u00e9penses publiques par la banque centrale. De m\u00eame, Moody\u2019s vient d\u2019abaisser la note de Maurice \u00e0 Baa2 avec une perspective n\u00e9gative, faisant ressortir l\u2019expansion excessive de la base mon\u00e9taire qui est susceptible d\u2019entra\u00eener le pays dans une spirale inflationniste. Si le ministre des finances prend encore gratuitement de l\u2019argent de la Banque de Maurice, il devra s\u2019attendre \u00e0 une d\u00e9gradation subs\u00e9quente de Maurice par Moody\u2019s, ce qui se traduira par une perte de cr\u00e9dibilit\u00e9 internationale.<\/span><\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"2\">\n<li><span style=\"color: #000000;\">La deuxi\u00e8me source de financement, ce sont les emprunts \u00e9trangers. Maurice vient d\u2019emprunter 300 millions d\u2019euros de l\u2019Agence fran\u00e7aise de d\u00e9veloppement (AFD), 100 millions de dollars de l\u2019Inde, 30 milliards de yens du Japon et 40 millions de yuans de la Chine. Certes, les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat sont tr\u00e8s faibles, mais il faut bien rembourser le capital. Et si la roupie continue de se d\u00e9pr\u00e9cier, le service de la dette s\u2019alourdira pour les contribuables mauriciens. Mais plus grave est le fait qu\u2019un accroissement rapide de la dette ext\u00e9rieure du Gouvernement envoie un mauvais signal aux investisseurs, locaux et \u00e9trangers, qui vont craindre un alourdissement fiscal.<\/span><\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"3\">\n<li><span style=\"color: #000000;\">Justement, la troisi\u00e8me source de financement, c\u2019est la taxation. Or si l\u2019on augmente les taxes sur la production, les entreprises n\u2019investiront pas et ne recruteront pas. Si c\u2019est sur la consommation, par exemple, la taxe sur la valeur ajout\u00e9e, les hausses de prix qui en r\u00e9sulteront, r\u00e9duiront le pouvoir d\u2019achat des Mauriciens, avec le risque d\u2019une explosion sociale. Je ne vois pas le Gouvernement augmenter les droits de douane, \u00e9tant donn\u00e9 le nombre d\u2019accords de libre-\u00e9change qu\u2019il a sign\u00e9s.<\/span><\/li>\n<\/ol>\n<p><span style=\"color: #000000;\">C\u2019est dire que la capacit\u00e9 du Gouvernement de soutenir les entreprises est limit\u00e9e. Et puis, les subventions publiques ne remplacent pas la production, qui demeure la seule source de cr\u00e9ation de richesses. En fait, elles laissent accumuler les inefficiences dans l\u2019\u00e9conomie en maintenant en vie les entreprises zombies qui vivent de l\u2019argent public sans \u00eatre rentables.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* Dans l\u2019imm\u00e9diat, il semble que le ch\u00f4mage s\u2019accroit \u2013 il n\u2019y a que le Gouvernement qui proc\u00e8de \u00e0 des recrutements \u2013, et que le co\u00fbt de la vie augmente avec la hausse des prix \u00e0 la consommation en raison de la d\u00e9pr\u00e9ciation de la roupie et du co\u00fbt plus \u00e9lev\u00e9 du fret. Un cocktail dangereux, diriez-vous\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">C\u2019est en effet un cocktail explosif. Si Maurice a subi une contraction \u00e9conomique l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, elle conna\u00eetra cette ann\u00e9e une stagflation, c\u2019est-\u00e0-dire une combinaison de ch\u00f4mage et d\u2019inflation \u00e9lev\u00e9s, tombant ainsi de Charybde en Scylla. Et encore que la croissance risque d\u2019\u00eatre t\u00e9nue \u00e0 la suite du second confinement.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Selon Statistics Mauritius, il y avait 62,200 ch\u00f4meurs, soit un taux de ch\u00f4mage de 10,9%, \u00e0 septembre dernier. C\u2019est l\u00e0 une situation de ch\u00f4mage de masse. Nul doute que le nombre de sans-emplois passera \u00e0 75,000 apr\u00e8s le second confinement, ce qui est d\u00e9sastreux pour les PME. Sans compter qu\u2019il existe des milliers de travailleurs \u00e0 temps partiel et de sous-emplois (ceux dont le travail ne correspond pas \u00e0 leurs qualifications).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Le Gouvernement ne peut pas, \u00e0 lui seul, absorber les ch\u00f4meurs. Ce serait irresponsable de sa part de recruter. Il est d\u00e9j\u00e0 asphyxi\u00e9 par les d\u00e9penses dues \u00e0 la pand\u00e9mie. Il ne peut m\u00eame pas accorder de compensation aux retrait\u00e9s cette ann\u00e9e ni aller de l\u2019avant avec les recommandations salariales du Pay Research Bureau.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Quant \u00e0 l\u2019inflation, le taux officiel est actuellement cinq fois plus \u00e9lev\u00e9 qu\u2019il y a un an. Mais le probl\u00e8me n\u2019est pas tant le taux d\u2019inflation actuel, qui refl\u00e8te les hausses de prix pass\u00e9es, que l\u2019inflation future attendue par les agents \u00e9conomiques. Il est important pour une banque centrale d\u2019ancrer fermement les anticipations inflationnistes qui sont en hausse avec la d\u00e9pr\u00e9ciation continue de la roupie.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Mais ce n\u2019est pas l\u2019impression qui se d\u00e9gage du proc\u00e8s-verbal de la derni\u00e8re r\u00e9union du comit\u00e9 de politique mon\u00e9taire, avec des d\u00e9clarations tr\u00e8s optimistes sur les prix. Or, partout dans le monde, les march\u00e9s font \u00e9tat d\u2019une r\u00e9surgence inflationniste avec la mont\u00e9e brutale des prix du brut et des commodit\u00e9s. Je ne vois pas comment Maurice pourrait en \u00eatre \u00e0 l\u2019abri. Une hausse des prix des carburants \u00e0 la pompe est in\u00e9vitable.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* Un rebond de la machinerie \u00e9conomique, cela assez rapidement, nous dit-on dans les milieux des affaires et des \u00e9conomistes, devra passer par l\u2019ouverture de nos fronti\u00e8res, et tout retard ne fera que repousser la sortie de la crise. Or, ce deuxi\u00e8me confinement complique les choses. On n\u2019y peut rien, n\u2019est-ce pas, car la sant\u00e9 de la population doit primer sur les autres consid\u00e9rations\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">\u00c9videmment, une \u00e9conomie doit avoir une population en bonne sant\u00e9 pour prosp\u00e9rer. Mais une \u00e9conomie en mauvaise sant\u00e9 met une population \u00e0 mal. Vous me direz que le risque de mourir de la Covid-19 est plus grand que le risque de mourir de faim. Mais ce n\u2019est pas le cas pour les milliers de familles frapp\u00e9es par la paup\u00e9risation. Sinon, on a plus de chance de mourir de maladies chroniques que de la Covid, faute de soins.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Depuis mai dernier, Maurice n\u2019a pas eu de d\u00e9c\u00e8s de la Covid, mais elle a enregistr\u00e9 une centaine de morts sur ses routes. Tous les jours, des gens meurent pour diverses raisons. Je ne suis pas en train de banaliser la mort, mais comme le d\u00e9plore le philosophe Andr\u00e9 Comte-Sponville, nous avons oubli\u00e9 que l\u2019homme est un \u00eatre mortel.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Celui qui ne prend pas de risque ne vit pas. C\u2019est le cas d\u2019une personne qui est confin\u00e9e entre quatre murs comme dans une prison. C\u2019est aussi le cas d\u2019une \u00e9conomie qui est confin\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de fronti\u00e8res ferm\u00e9es\u00a0: elle va mourir si elles ne s\u2019ouvrent pas. De toute fa\u00e7on, m\u00eame en autarcie, le pays n\u2019est plus \u00ab\u00a0Covid-safe\u00a0\u00bb\u00a0!<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">G\u00e9rer un pays, c\u2019est savoir g\u00e9rer les risques, en l\u2019occurrence les risques sanitaires et \u00e9conomiques, en m\u00eame temps. Tout l\u2019art de gouverner, c\u2019est de savoir cr\u00e9er les conditions d\u2019une bonne sant\u00e9 \u00e9conomique tout en faisant respecter en public, dans la discipline, les consignes sanitaires (port du masque, distanciation sociale).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Nous devons apprendre \u00e0 vivre avec le coronavirus, sachant que le risque z\u00e9ro n\u2019existe pas. Faute de quoi, l\u2019\u00e9conomie mauricienne, qui n\u2019est d\u00e9j\u00e0 plus r\u00e9siliente, avancera \u00e0 reculons.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* Mais vu notre d\u00e9pendance sur le tourisme et la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de cette industrie aux chocs externes, il faudra bien\u00a0repenser notre mod\u00e8le et l\u2019infrastructure \u00e9conomique, diversifier notre \u00e9conomie et cr\u00e9er d\u2019autres piliers de d\u00e9veloppement. Est-ce la masse critique qui fait d\u00e9faut, ou le savoir-faire\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Ne nous faisons pas d\u2019illusion\u00a0: Maurice ne pourra pas se passer du tourisme. Ce serait d\u2019ailleurs un beau g\u00e2chis si nous n\u2019exploitons pas nos atouts naturels (la mer, le soleil, les plages) pour cr\u00e9er de la richesse pour nous. De plus, beaucoup de petites gens vivent du tourisme et des secteurs para-touristiques. Aussi, les touristes constituent un important march\u00e9 compl\u00e9mentaire \u00e0 notre minuscule march\u00e9 domestique. Enfin, en c\u00f4toyant des touristes, nous sommes amen\u00e9s \u00e0 sortir de notre insularit\u00e9, \u00e0 ouvrir notre esprit aux autres cultures.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">\u00c9videmment, le pays ne peut pas se rendre d\u00e9pendant du tourisme, comme de n\u2019importe quel autre secteur \u00e9conomique. La diversification \u00e9conomique est tr\u00e8s importante pour une \u00eele qui n\u2019a pas de ressources naturelles. S\u2019il n\u2019est pas possible de cr\u00e9er un nouveau grand pilier \u00e9conomique, on peut toujours viser de petits piliers tels que l\u2019agriculture biologique ou \u00e0 haute technologie, l\u2019\u00e9conomie oc\u00e9anique, l\u2019industrie pharmaceutique, les \u00e9quipements m\u00e9dicaux, les technologies financi\u00e8res.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Pour certaines activit\u00e9s, on n\u2019a pas de masse critique, faute d\u2019espace, mais la technologie peut combler cette d\u00e9ficience. Ce qui fait d\u00e9faut, en fait, ce sont des comp\u00e9tences pointues et des travailleurs hautement qualifi\u00e9s, en somme le savoir-faire. Mais ce n\u2019est pas difficile d\u2019attirer des expertises \u00e9trang\u00e8res moyennant que des incitations leur soient accord\u00e9es et que la bureaucratie publique fasse diligence.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* Moody\u2019s, qui a abaiss\u00e9 la note du pays de Baa1 \u00e0 Baa2, soutient que cet abaissement refl\u00e8te une baisse de la solidit\u00e9 budg\u00e9taire et \u00e9conomique du Gouvernement en raison du choc provoqu\u00e9 par la pand\u00e9mie de la\u00a0Covid-19. Le ministre des Finances a, lui, fait une lecture diff\u00e9rente en soutenant que \u00ab\u00a0Moody\u2019s nous a classifi\u00e9s comme un investissement de qualit\u00e9\u00a0\u00bb, et il a aussi fait r\u00e9f\u00e9rence aux r\u00e9serves de la Banque de Maurice, repr\u00e9sentant 13,4 mois d\u2019importations, pour dire que la situation \u00e9conomique, m\u00eame difficile, n\u2019est pas si mal que \u00e7a.\u00a0Qu\u2019en pensez-vous\u00a0?\u00a0<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Soit le ministre des finances est dans le d\u00e9ni, soit il feint de ne pas comprendre le message de Moody\u2019s. Si le pays jouit toujours du statut d\u2019investissement de qualit\u00e9, il souffre aussi d\u2019une d\u00e9gradation de ce statut. Avec une note de Baa2, il est seulement \u00e0 deux crans de perdre ce statut. Et c\u2019est ce qui arrivera si le Gouvernement ne change pas de politique\u00a0: tel est l\u2019avertissement de Moody\u2019s.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">L\u2019agence de notation veut faire comprendre au Gouvernement qu\u2019il doit stopper l\u2019accroissement de ses d\u00e9penses et de son endettement. Il ne peut pas continuer \u00e0 emprunter, mais doit au contraire venir avec un plan de consolidation fiscale. Apr\u00e8s l\u2019abolition du plafond l\u00e9gal de la dette du secteur public, il doit fixer un objectif du ratio dette-PIB.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Il ne doit pas non plus continuer \u00e0 imprimer de la monnaie, comme alternative \u00e0 l\u2019endettement, car la hausse de la base mon\u00e9taire (de 58% en 2020) est d\u00e9j\u00e0 trop importante pour pouvoir contenir les pressions inflationnistes. Or, en d\u00e9clarant qu\u2019il compte avoir recours aux r\u00e9serves en devises pour financer les plans d\u2019aide du Gouvernement dans le contexte de la Covid-19, le grand argentier va \u00e0 l\u2019encontre de la recommandation de Moody\u2019s de ne plus cr\u00e9er de la monnaie. La conversion de dollars en roupies, sans retirer ces roupies du syst\u00e8me bancaire, c\u2019est de la cr\u00e9ation mon\u00e9taire.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Ces r\u00e9serves sont l\u00e0 pour d\u00e9fendre la roupie. Si elles s\u2019\u00e9l\u00e8vent aujourd\u2019hui \u00e0 13,4 mois d\u2019importations, c\u2019est en partie gr\u00e2ce aux emprunts contract\u00e9s aupr\u00e8s de l\u2019AFD et de gouvernements \u00e9trangers. Mais lorsque le pays commencera \u00e0 les rembourser, les r\u00e9serves diminueront. Entre-temps, il ne re\u00e7oit pas de revenus touristiques et, \u00e9tant sur la liste noire de l\u2019Union europ\u00e9enne jusqu\u2019\u00e0 2022 au moins, il attire de moins en moins de nouveaux capitaux via le secteur offshore.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Nos r\u00e9serves internationales n\u2019augmentent pas gr\u00e2ce aux exportations, celles-ci \u00e9tant en r\u00e9elle baisse. La Banque de Maurice doit vendre continuellement des dollars aux banques pour faire payer des importations de plus en plus croissantes. C\u2019est ainsi que les r\u00e9serves sont utilis\u00e9es \u00e0 bon escient.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* Mais deux milliards de dollars seront puis\u00e9s des r\u00e9serves officielles pour le compte de la Mauritius Investment Corporation, autour de laquelle il existe toujours une certaine opacit\u00e9. Il y a une crainte qu\u2019en fin de compte, la MIC va encourir des pertes consid\u00e9rables pour plusieurs raisons\u2026 Est-ce aussi votre sentiment\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">La r\u00e9ponse est oui, et elle est soutenue par nul autre que le pr\u00e9sident de la MIC, Lord Meghnad Desai. Dans son message de quelques lignes post\u00e9es sur le site web de la MIC le 22 f\u00e9vrier,\u00a0 il \u00e9crit que \u00ab\u00a0<em>we shall measure our success by the number of livelihoods protected and the number of businesses saved rather than profit or loss<\/em>\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Donc le conseil d\u2019administration de la MIC ne se soucie gu\u00e8re que l\u2019Etat mauricien perde deux milliards de dollars, soit l\u2019\u00e9quivalent de 80 milliards de roupies, au profit du secteur priv\u00e9\u00a0! Voil\u00e0 comment on traite l\u2019argent public, et c\u2019est effarant\u00a0!<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Or, si cela devait arriver, ce serait la catastrophe pour la Banque de Maurice dont la MIC est une filiale. L\u2019actif et le passif de la MIC sont report\u00e9s au bilan de la banque centrale. Celle-ci a des engagements (<em>liabilities<\/em>) contre ses avoirs de r\u00e9serve internationaux. Si elle perd sur ses avoirs, elle aura un probl\u00e8me avec ses engagements, et ses fonds propres diminueront. C\u2019est de la folie\u00a0!<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">D\u2019ailleurs, les autorit\u00e9s nagent en pleine contradiction. La Mauritius Investment Corporation, comme son nom l\u2019indique, est une entit\u00e9 qui fait des investissements, et tout investissement est cens\u00e9 avoir un rendement. C\u2019est ce que laissaient entendre le ministre des finances et le gouverneur de la Banque de Maurice lors de la cr\u00e9ation de la MIC. Les contribuables ont \u00e9t\u00e9 pris pour les dindons de la farce.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* \u00ab\u00a0<em>Things will get worse before they get better\u00a0<\/em>\u00bb, affirment certains \u00e9conomistes. <\/strong><strong>En combien de temps serait-il raisonnable de\u00a0 parvenir \u00e0 l\u2019apaisement ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Pas avant 2023. Tout semble indiquer, avec le second confinement national, que l\u2019ann\u00e9e 2021 ne sera pas si meilleure que 2020. Sans des r\u00e9formes structurelles de l\u2019\u00e9conomie, les choses prendront plus de temps pour s\u2019am\u00e9liorer. Et un gouvernement condamn\u00e9 \u00e0 \u00eatre populiste appliquera des politiques de la terre br\u00fbl\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">C\u2019est pourquoi je crains fort que le prochain budget national soit un <em>bis repetita<\/em> du premier avec de nouvelles hausses d\u2019imp\u00f4ts pour financer des d\u00e9penses suppl\u00e9mentaires, en d\u00e9pit de l\u2019avis exprim\u00e9 par Moody\u2019s. Il faudra alors attendre 2022 pour que le Gouvernement, confront\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 comme en 1982-1983, soit contraint d\u2019accepter que le bon sens l\u2019emporte.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #008080;\">* Published in print edition on 19 March 2021<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Interview &#8212; Eric Ng Ping Cheun, \u00e9conomiste et directeur de PluriConseil\u00a0:<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":30657,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[32,6],"tags":[28215,28216,7332,4492,21808,26725,28212,7617,28214,7061,25402,36,16008,28213,5886,1539,12391,14624,7780,486,24374],"class_list":["post-30655","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-interviews","category-latest-news","tag-andre-comte-sponville","tag-baa1-a-baa2","tag-banque-centrale","tag-banque-de-maurice","tag-coronavirus","tag-covid-safe","tag-deuxieme-confinement","tag-interview-eric-ng-ping-cheun","tag-lagence-francaise-de-developpement","tag-lord-meghnad-desai","tag-mauritius-investment-corporation","tag-mauritius-times","tag-mcb-focus","tag-ministre-padayachy","tag-moodys","tag-pay-research-bureau","tag-pib","tag-pluriconseil","tag-pme","tag-statistics-mauritius","tag-wage-assistance-scheme"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Eric-Ng-19-March-2.jpg?fit=1200%2C640&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8QzSF-7Yr","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30655","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30655"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30655\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/media\/30657"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30655"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30655"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30655"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}