{"id":28610,"date":"2020-09-15T07:12:14","date_gmt":"2020-09-15T03:12:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/?p=28610"},"modified":"2020-09-15T07:12:14","modified_gmt":"2020-09-15T03:12:14","slug":"ile-de-la-passe-ilot-vacoas-ile-aux-fouquets-abus-de-pouvoir-et-corruption-au-17e-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/ile-de-la-passe-ilot-vacoas-ile-aux-fouquets-abus-de-pouvoir-et-corruption-au-17e-siecle\/","title":{"rendered":"Ile de la Passe, Ilot Vacoas, Ile aux Fouquets : Abus de pouvoir et corruption au 17e si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<h4 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><em>Apr\u00e8s 52 ans d\u2019ind\u00e9pendance, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9\u00a0les jeunes r\u00e9clament le respect de leur identit\u00e9 nationale, il est temps de mieux conna\u00eetre l\u2019Histoire<\/em><\/span><!--more--><\/h4>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>By Vina Ballgobin<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>Au 17<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les Hollandais exploitent le bois d\u2019\u00e9b\u00e8ne et les sources alimentaires. On en a retenu <\/strong><strong>le fort de Vieux Grand-Port et l\u2019accident de Pieter Both\u00a0; on croit \u00e0 tort que les Hollandais ont extermin\u00e9 les dodos. Mais apr\u00e8s 52 ans d\u2019ind\u00e9pendance, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9\u00a0les jeunes r\u00e9clament le respect de leur identit\u00e9 nationale, il est temps de mieux conna\u00eetre l\u2019Histoire. <\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"28611\" data-permalink=\"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/ile-de-la-passe-ilot-vacoas-ile-aux-fouquets-abus-de-pouvoir-et-corruption-au-17e-siecle\/vina\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/vina.jpg?fit=1200%2C929&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"1200,929\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"vina\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/vina.jpg?fit=300%2C232&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/vina.jpg?fit=640%2C496&amp;ssl=1\" class=\"aligncenter size-full wp-image-28611\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/vina.jpg?resize=640%2C495&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"495\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/vina.jpg?w=1200&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/vina.jpg?resize=300%2C232&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/vina.jpg?resize=1024%2C793&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/vina.jpg?resize=768%2C595&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/span><strong>Source: <\/strong><strong>www.crommelin.org<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Lorsque l\u2019on visite Grand-Port, de la baie du Chaland \u00e0 la Pointe du Diable, en passant par Ferney et les Treize Cantons, sans oublier la Rue des Hollandais, et ces trois \u00eeles un peu plus loin, il faudrait aussi que r\u00e9sonne dans la m\u00e9moire collective l\u2019histoire tragique v\u00e9cue par Fran\u00e7ois Leguat &#8211; issu de la province de Bourgogne en France &#8211; et ses dix compagnons \u00e0 cause de l\u2019<em>opperhoofd<\/em> (commandant) cruel et tyrannique, Rudolf Diodati.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">A la fin du 17<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les cachalots et les baleines vivent en grand nombre dans l\u2019oc\u00e9an Indien. Ils rejettent de l\u2019ambre gris (issu des intestins) qui est port\u00e9 par les courants et d\u00e9pos\u00e9 sur les plages autour de l\u2019\u00eele Maurice. On peut en ramasser assez facilement. Parfois, les morceaux p\u00e8sent 25 kilos. La Compagnie n\u00e9erlandaise des Indes nrientales ach\u00e8te l\u2019ambre gris \u00e0 un prix fix\u00e9 d\u2019avance. Mais Diodati collabore avec quelques corrompus pour tirer un maximum de b\u00e9n\u00e9fices du business d\u2019ambre gris.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>De Amsterdam aux Mascareignes<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Le 18 octobre 1685, Louis XIV annonce la r\u00e9vocation de l\u2019\u00e9dit de Nantes (qui accordait des droits religieux aux Protestants). Les huguenots d\u00e9cident de partir vers d\u2019autres cieux. Ainsi, le 6 ao\u00fbt 1689, Leguat arrive en Hollande o\u00f9 M. le Marquis du Quesne pr\u00e9parait deux vaisseaux en vue de se rendre \u00e0 l\u2019\u00eele Bourbon (l\u2019\u00eele de la R\u00e9union). Les protestants fran\u00e7ais, r\u00e9fugi\u00e9s en Hollande, sont invit\u00e9s \u00e0 rejoindre l\u2019\u00e9quipage gratuitement. Mais le bruit court que le Roi de France envoie lui aussi une \u00e9quipe dans les Mascareignes. Ainsi du Quesne opte pour l\u2019envoi d\u2019une petite fr\u00e9gate dans l\u2019oc\u00e9an Indien et donne l\u2019ordre de baptiser l\u2019\u00eele Bourbon de son nom au cas o\u00f9 son \u00e9quipage arriverait avant les Fran\u00e7ais. Au cas contraire, l\u2019\u00e9quipage devrait se rendre \u00e0 l\u2019\u00eele Rodrigues.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Voil\u00e0 comment le capitaine Valleau quitte le port le 10 juillet 1690 \u00e0 bord de la fr\u00e9gate <em>L\u2019Hirondelle<\/em> avec dix voyageurs\u00a0: Leguat a 52 ans, sept d\u2019entre eux ont entre 20 et 30 ans, deux ont 12 et 18 ans respectivement. Le voyage dure quatre mois et demi jusqu\u2019au Cap de Bonne-Esp\u00e9rance. La monotonie est bris\u00e9e de temps en temps par quelques p\u00e9licans ou des poissons volants. <em>L\u2019Hirondelle<\/em> arrive au Cap le 26 janvier 1691 et embarque de nouveau pour l\u2019\u00eele Mauricele 5 f\u00e9vrier 1691. Commencent alors les m\u00e9saventures de Fran\u00e7ois Leguat et de ses compagnons.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>De l\u2019\u00eele Rodrigues \u00e0 l\u2019\u00eele Maurice<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">L\u2019\u00eele Maurice, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, est consid\u00e9r\u00e9e comme un paradis par certains voyageurs. Pour d\u2019autres, c\u2019est l\u2019enfer de l\u2019esclavage et de la pauvret\u00e9, et aussi des catastrophes naturelles sans compter la prolif\u00e9ration des insectes et des rats d\u00e9vastateurs. Ayant re\u00e7u des ordres secrets, le capitaine Valleau s\u2019\u00e9loigne de cette \u00eele et se dirige vers l\u2019\u00eele Rodrigues. Le 30 avril 1691, il y d\u00e9pose des biscuits, des fusils, des outils agricoles, des scies, des haches, des clous, des marteaux et des ciseaux, et aussi des ustensiles de cuisine, des tissus et des filets de p\u00eache. Il invite Leguat et ses compagnons \u00e0 s\u2019y \u00e9tablir.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Huit compagnons sur les dix d\u00e9barquent \u00e0 l\u2019\u00eele Rodrigues et construisent une habitation pr\u00e9caire avec le tronc et les feuilles d\u2019un latanier. Les huit comp\u00e8res vivent de la chasse et de la p\u00eache. L\u2019agriculture ne d\u00e9marre pas car les crabes arrachent les plantes pendant la nuit. Ils bravent aussi deux cyclones d\u00e9vastateurs. Toutefois, la vie est paisible. Pendant deux ans, aucun d\u2019entre eux ne tombe malade. Leguat observe l\u2019oiseau nomm\u00e9 le Solitaire qui ne peut ni voler ni courir tr\u00e8s rapidement, mais dont la chair est exquise. La femelle est magnifique. Elle porte une sorte de bandeau de veuves au haut du bec. Ses plumes sont impeccablement liss\u00e9es. Des plumes pos\u00e9es sur les cuisses sont arrondies par le bout en coquilles et y sont\u00a0fort \u00e9paisses.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Au bout d\u2019un an, les comp\u00e8res construisent une barque rudimentaire de 22 pieds de quille, 6 de largeur et 4 de hauteur pour se diriger vers l\u2019\u00eele Maurice. Une gomme v\u00e9g\u00e9tale sert \u00e0 calfater et une grosse roche d\u2019environ 150 livres remplace l\u2019ancre. Un aviron sert \u00e0 diriger l\u2019embarcation. Ils quittent l\u2019\u00eele Rodrigues le 19 avril 1693. Malheureusement, ils voguent jusqu\u2019aux brisants et la barque coule. Sept d\u2019entre eux bravent les vagues et r\u00e9ussissent \u00e0 regagner la terre ferme.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Malgr\u00e9 les tentatives de dissuasion de Leguat, les jeunes gens sont motiv\u00e9s par leur envie de rencontrer d\u2019autres \u00eatres humains. Ils construisent une nouvelle embarcation plus solide et se munissent de rames, ils franchissent l\u2019une des passes et arrivent en pleine mer. Ils consomment du lamentin boucan\u00e9 et des melons d\u2019eau. Ils souffrent atrocement du mal de mer. Pendant une temp\u00eate, ils sont ext\u00e9nu\u00e9s mais bravent les fortes houles. Les passagers courageux se sentent ballot\u00e9s entre la vie et la mort. Certains font des pri\u00e8res et trouvent l\u2019\u00e9nergie n\u00e9cessaire pour se battre contre le d\u00e9couragement. L\u2019embarcation tangue dangereusement au milieu des orages. Ils ne voient plus rien dans la nuit et redoublent d\u2019efforts pour suivre la girouette. Leguat croit apercevoir le feu de Saint Elme (une boule de feu \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 du m\u00e2t).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Finalement, le calme revient avec la lumi\u00e8re du jour. C\u2019est le 29 mai 1693. Oh miracle\u00a0! Ils voient l\u2019\u00eele Maurice devant eux. Ils remontent la Grande Rivi\u00e8re Nord-Ouest et se reposent. Ensuite, ils se dirigent vers Rivi\u00e8re Noire. Enfin, ils voient des Hollandais mais ils sont encore plus \u00e9mus de voir des vaches. Ils sont bien re\u00e7us par leurs h\u00f4tes. Apr\u00e8s un mois, Diodati est inform\u00e9 de leur pr\u00e9sence sur l\u2019\u00eele.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>De l\u2019\u00eele Maurice \u00e0 l\u2019\u00eele de la Passe<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Il se trouve qu\u2019un des compagnons de Leguat, Jean de la Haye, a besoin d\u2019argent. Il d\u00e9cide de vendre quelques effets personnels \u00e0 M. Josse. Ce joaillier ach\u00e8te, entre autres, un morceau d\u2019ambre gris recueilli \u00e0 l\u2019\u00eele Rodrigues. Lorsque Jean apprend par un habitant de l\u2019\u00eele que l\u2019ambre gris vaut tr\u00e8s cher, il demande r\u00e9paration \u00e0 M. Josse qui refuse de l\u2019\u00e9couter. Alors Jean cherche justice aupr\u00e8s de Diodati. Mais en vain.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Diodati, lui, sait que Leguat et ses compagnons souhaitent se rendre \u00e0 Batavia par le prochain vaisseau. Il craint qu\u2019ils ne portent plainte contre lui pour refus de rendre justice, voire pour escroquerie. Le <em>business<\/em> d\u2019ambre gris avec son complice joaillier risque d\u2019\u00e9clater au grand jour.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">D\u00e8s lors, Diodati use de son pouvoir pour diviser le groupe des sept compagnons. Deux d\u2019entre eux rejoignent son camp\u00a0: Piette Thomas et Robert Anselin. Diodati confisque et br\u00fble leur embarcation, il offre les voiles en cadeau \u00e0 ses chasseurs. Puis, il retient les cinq prisonniers dans une hutte, il limite leurs d\u00e9placements, ils sont mal nourris. Jean Testard et Jacques de la Caze, impatients, d\u00e9cident de s\u2019enfuir pour l\u2019\u00eele Bourbon. Jean Namur, un soldat et espion de Diodati, informe son sup\u00e9rieur de ce qui se trame. Le 15 janvier 1694, Diodati les interroge. Les cinq comp\u00e8res sont jet\u00e9s au cachot et leurs pieds sont mis aux stombs (deux pi\u00e8ces de bois assez grosses, l\u2019une s\u2019abaissant sur l\u2019autre, avec un trou au milieu pour y ins\u00e9rer les pieds des prisonniers). Ils sont couch\u00e9s sur le dos, la t\u00eate plus basse que les pieds. Les deux instigateurs, eux, doivent porter 30 livres de fer de plus aux pieds.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Quelques jours plus tard, Diodati confisque leurs effets personnels et ils sont transport\u00e9s sur <em>l\u2019\u00eele aux Vaquois<\/em>, aride et \u00e9troit, rempli de trous et de roches pointues, \u00e0 deux pas des brisants. Ils vivent dans une cabane d\u00e9labr\u00e9e, entour\u00e9e de la mer \u00e0 mar\u00e9e haute. Ainsi, ils vivent dans la plus grande d\u00e9tresse pendant trois ans. Les repas sont envoy\u00e9s chaque semaine, puis chaque quinzaine et ensuite, plus rarement. L\u2019eau est insalubre. Les prisonniers demandent des filets pour la p\u00eache et des r\u00e9cipients pour recueillir l\u2019eau de la pluie. Diodati les leur refuse. Leguat et deux autres tombent gravement malades. Ils ne re\u00e7oivent aucun soin.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Le 15 mars 1694, les prisonniers voient un navire hollandais <em>La Pers\u00e9v\u00e9rance<\/em>. Ils d\u00e9cident de construire un radeau avec des herbes de mer et ils y attachent deux barriques aux extr\u00e9mit\u00e9s. Jean de la Haye et Jacques Benelle effectuent la travers\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00eele Maurice en 12 heures. Ils rencontrent les officiers \u00e0 la loge (le demeure) de Diodati et font une complainte\u00a0: mauvais traitement re\u00e7u, d\u00e9portation injuste et sans fondement. Les officiers se rendent sur <em>l\u2019\u00eele aux Vaquois<\/em>. Alors, ils d\u00e9cident d\u2019informer les autorit\u00e9s hollandaises \u00e0 propos de cette barbarie et de l\u2019\u00e9tat abominable des prisonniers : Diodati aurait d\u00fb les exp\u00e9dier \u00e0 Batavia ou au Cap pour un proc\u00e8s en bonne et due forme. La Caze nage jusqu\u2019\u00e0 <em>La Pers\u00e9v\u00e9rance <\/em>dans une ultime tentative de fuite mais les officiers le renvoient \u00e0 sa prison.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Le 9 f\u00e9vrier 1695, lors d\u2019un cyclone, la hutte des prisonniers est emport\u00e9e par des vents violents. Ils se cachent dans des trous naturels remplis d\u2019eau et l\u00e9g\u00e8rement prot\u00e9g\u00e9s des vents. Ils sont transis de froid, malades, et affam\u00e9s. Tant\u00f4t, ils sont empoisonn\u00e9s par\u00a0certains poissons, tant\u00f4t ils souffrent de dysenterie et d\u2019autres maladies\u2026 Diodati reste sans piti\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">La vie suit son cours. Les prisonniers fabriquent des chapeaux en feuilles de lataniers pour se prot\u00e9ger du soleil. Lors du ravitaillement, les soldats les troquent contre de la viande ou de l\u2019eau. Les prisonniers apprennent \u00e0 p\u00eacher pendant la mar\u00e9e basse et rep\u00e8rent les cachettes des poissons. De temps en temps, ils passent sur les deux autres \u00eeles\u00a0: <em>l\u2019\u00eele aux Fouquets<\/em> et <em>l\u2019\u00eele de la Passe<\/em>. Ils capturent des oiseaux et se nourrissent de leurs \u0153ufs. Une fois seulement, ils capturent une tortue de mer avec 150 \u0153ufs. De leur prison, ils observent le fort incendi\u00e9. Ils tremblent attention que Diodati ne les accuse \u00e0 tort de nouveau. Mais les coupables, deux esclaves femmes sont pendues et deux esclaves hommes sont battus sur les ordres du monstrueux Diodati.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>De l\u2019\u00eele de la Passe \u00e0 Amsterdam<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Le 10 janvier 1696, Testard construit seul un radeau et s\u2019enfuit contre la volont\u00e9 de ses amis. Plus personne ne le reverra. La Caze construit aussi un radeau, il se cache dans les bois \u00e0 l\u2019\u00eele Maurice. Apr\u00e8s une semaine, il frappe \u00e0 la porte d\u2019un habitant qui le livre aux soldats. Le 6 septembre 1696, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019information circul\u00e9e par les officiers de <em>la Pers\u00e9v\u00e9rance<\/em>, les prisonniers sont embarqu\u00e9s sur le vaisseau <em>le Suraag<\/em>. Ils d\u00e9barquent \u00e0 Batavia mais le temps passe sans aucun proc\u00e8s pour les lib\u00e9rer du joug de Diodati. Ils se rendent alors en Hollande huit ans apr\u00e8s leur d\u00e9part initial. Ils ne sont plus que trois\u00a0: Leguat, La Caze et Benelle. Leguat s\u2019installe en Grande Bretagne jusqu\u2019\u00e0 sa mort en 1735.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Pour conclure<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">D\u2019abord, ces trois \u00eeles racontent l\u2019histoire de huit Fran\u00e7ais injustement emprisonn\u00e9s par une figure d\u2019autorit\u00e9 qui adopte une politique partisane pour justifier ses propres pratiques ill\u00e9gales. La corruption n\u2019est pas le propre d\u2019un groupe ethnique en particulier\u2026<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Puis, ces trois \u00eeles clament haut et fort la r\u00e9silience des prisonniers. Tout \u00eatre humain, m\u00eame un Blanc d\u2019origine europ\u00e9enne, peut \u00eatre victime d\u2019atrocit\u00e9s. Se battre pour sauvegarder sa dignit\u00e9 et retrouver la libert\u00e9, ce n\u2019est pas le propre d\u2019un groupe ethnique en particulier\u2026<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Enfin, les officiers de <em>la Pers\u00e9v\u00e9rance<\/em> aident les prisonniers apr\u00e8s leur d\u00e9part de l\u2019\u00eele Maurice. Cela s\u2019appelle \u00ab\u00a0humanit\u00e9\u00a0\u00bb ou la capacit\u00e9 de lutter contre toute forme d\u2019injustice m\u00eame si l\u2019on n\u2019est pas directement concern\u00e9. Voil\u00e0 une valeur fondamentale que plusieurs membres de l\u2019\u00e9lite politique et acad\u00e9mique de la R\u00e9publique de Maurice contemporaine, de tous les groupes ethniques, font semblant d\u2019avoir oubli\u00e9\u2026<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #008080;\">* Published in print edition on 15 September 2020<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s 52 ans d\u2019ind\u00e9pendance, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9\u00a0les jeunes r\u00e9clament le respect de leur identit\u00e9 nationale, il est temps de mieux conna\u00eetre l\u2019Histoire<\/p>\n","protected":false},"author":15,"featured_media":28612,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[23],"tags":[26660,26662,26659,26657,26658,26661,26663],"class_list":["post-28610","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-history","tag-abus-de-pouvoir-et-corruption","tag-francois-leguat","tag-ile-aux-fouquets","tag-ile-de-la-passe","tag-ilot-vacoas","tag-la-perseverance","tag-rudolf-diodati"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Fran%C3%A7ois-Leguat-2.jpg?fit=1200%2C592&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8QzSF-7rs","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/28610","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/users\/15"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=28610"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/28610\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/media\/28612"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=28610"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=28610"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=28610"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}