{"id":27462,"date":"2020-06-09T06:50:34","date_gmt":"2020-06-09T02:50:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/?p=27462"},"modified":"2020-06-09T06:50:34","modified_gmt":"2020-06-09T02:50:34","slug":"notre-economie-prendra-deux-ans-et-demi-avant-de-revenir-a-son-niveau-de-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/notre-economie-prendra-deux-ans-et-demi-avant-de-revenir-a-son-niveau-de-2019\/","title":{"rendered":"\u00ab Notre \u00e9conomie prendra deux ans et demi avant de revenir \u00e0 son niveau de 2019 \u00bb"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><u>Interview\u00a0: Eric Ng Ping Cheun, \u00e9conomiste et directeur de PluriConseil<\/u><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><u><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"27463\" data-permalink=\"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/notre-economie-prendra-deux-ans-et-demi-avant-de-revenir-a-son-niveau-de-2019\/eric-ng-8\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/ERIC-Ng-8.jpg?fit=1200%2C675&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"1200,675\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"ERIC Ng 8\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/ERIC-Ng-8.jpg?fit=640%2C360&amp;ssl=1\" class=\"aligncenter size-full wp-image-27463\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/ERIC-Ng-8.jpg?resize=640%2C360&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"360\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/ERIC-Ng-8.jpg?w=1200&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/ERIC-Ng-8.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/ERIC-Ng-8.jpg?resize=1024%2C576&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/ERIC-Ng-8.jpg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/> <\/u><\/span><!--more--><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>* <span style=\"color: #800000;\">\u2018Si les fronti\u00e8res du pays sont ferm\u00e9es, l\u2019\u00e9conomie mauricienne restera en panne. <\/span><\/strong><\/span><\/h3>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\">Sans les arriv\u00e9es de touristes et d\u2019investisseurs \u00e9trangers, elle ne retournera pas \u00e0 la normale\u2019<\/span><\/h4>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>* \u2018<\/strong>Les valeurs de solidarit\u00e9 et de partage seront de vains mots si l\u2019\u00e9conomie ne red\u00e9marre pas\u2019<\/span><\/h3>\n<hr \/>\n<p><strong><span style=\"color: #000000;\">Etant donn\u00e9 la Covid-19, nombreux sont ceux qui pensent \u00e0 un Discours du Budget \u00e9loign\u00e9 du changement minimal propos\u00e9 annuellement par chaque ministre des Finances. \u00a0\u00a0Nous l\u2019avons entendu dans plusieurs pays du monde\u00a0: la pand\u00e9mie \u00a0est une occasion pour effectuer des choix fondamentaux. Il s\u2019agit de prendre une nouvelle direction dans le respect des valeurs fondamentales et une plus grande consid\u00e9ration pour l\u2019\u00e9cologie. Les Mauriciens \u00a0\u00a0ont attendu le Discours du budget 2020-2021 avec beaucoup d\u2019esp\u00e9rance et l&#8217;attente d&#8217;un renouveau. Mais que nous propose ce budget\u00a0?\u00a0 Eric Ng Ping Cheun, auteur de plusieurs ouvrages sur l\u2019\u00e9conomie mauricienne, nous en parle. \u00a0<\/span><\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>Mauritius Times\u00a0: Au-del\u00e0 des discours et des d\u00e9clarations d\u2019intention \u00e9nonc\u00e9es dans le \u00ab\u00a0Discours du Budget de 2020-2021\u00a0\u00bb, quel constat faites-vous de la strat\u00e9gie \u00e9conomique mais aussi politique de l\u2019actuel Gouvernement lorsque vous allez au fond des choses ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>Eric Ng\u00a0: <\/strong>Le discours budg\u00e9taire est devenu maintenant un exercice de communication, truff\u00e9 de d\u00e9clarations d\u2019intention et d\u2019effets d\u2019annonce. Les sucreries et les douceurs sont dans le discours alors que la note est sal\u00e9e dans les annexes. Par exemple, le discours souligne l\u2019exemption des frais portuaires \u00e0 l\u2019exportation, mais passe sous silence la hausse des frais \u00e0 l\u2019importation de la Cargo Handling Corporation et de la Mauritius Ports Authority. Voil\u00e0 de quoi alimenter l\u2019inflation import\u00e9e, qui est d\u00e9j\u00e0 renforc\u00e9e par la tr\u00e8s forte d\u00e9pr\u00e9ciation de la roupie. Le portefeuille des Mauriciens va souffrir.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">La strat\u00e9gie \u00e9conomique du Gouvernement reste la m\u00eame que celle qu\u2019il a suivie en temps normal, alors qu\u2019il parle de \u00ab <em>New Normal<\/em> ! \u00bb, \u00e0 savoir que <em>\u00ab the construction industry will be the engine of our recovery <\/em>\u00bb. D\u00e9j\u00e0, avant Covid-19, cette strat\u00e9gie fond\u00e9e sur la construction et l\u2019immobilier n\u2019a pas pu stimuler la croissance \u00e9conomique au-del\u00e0 de 4,0%. Celle-ci est m\u00eame tomb\u00e9e \u00e0 3,0% l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Persister dans cette voie ne relancera pas l\u2019\u00e9conomie sur une base solide et saine. Les fuites d\u2019importation dans la construction et l\u2019immobilier sont tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9es : pratiquement tout est import\u00e9 \u2013 les \u00e9quipements, les mat\u00e9riaux, la main-d\u2019\u0153uvre et les mobiliers. Or, les prix d\u2019importation sont en hausse, sans compter que la pand\u00e9mie, qui est toujours l\u00e0, affecte le transport international et les cha\u00eenes d\u2019approvisionnement. Par cons\u00e9quent, les projets de ces deux secteurs subiront des retards dans leur ex\u00e9cution.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Cette strat\u00e9gie n\u2019acc\u00e9l\u00e9rera pas la reprise \u00e9conomique. Les pr\u00e9visions du minist\u00e8re des Finances le d\u00e9montrent : le produit int\u00e9rieur brut (PIB), qui \u00e9tait de Rs 498 milliards l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, sera en baisse en 2020 et en 2021, et il n\u2019atteindra la barre des Rs 500 milliards qu\u2019en 2022. Donc, malgr\u00e9 une injection de Rs 150 milliards prises de la Banque de Maurice (BoM), notre \u00e9conomie prendra deux ans et demi avant de revenir \u00e0 son niveau de 2019.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Il est bon de faire ressortir que l\u2019\u00e9conomie mauricienne aura non pas une, mais deux ann\u00e9es de contraction : une croissance n\u00e9gative de 5,8% en 2019-2020 et de 7,0% en 2020-2021. Ces deux ann\u00e9es fiscales b\u00e9n\u00e9ficient pourtant d\u2019\u00e9normes d\u00e9penses publiques, qui constituent 35,3% et 36,0% du PIB respectivement, contre 25,5% en 2018-2019, c\u2019est dire que la politique keyn\u00e9sienne ne marche pas.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Au fond, le Gouvernement fait du keyn\u00e9sianisme social : les b\u00e9n\u00e9fices sociaux ont connu un bond de 33%, de Rs 32 milliards en 2018-2019 \u00e0 Rs 43 milliards en 2019-2020, et ils continueront de progresser les trois ann\u00e9es suivantes. Le ministre des Finances a pris la peine de pr\u00e9ciser dans son discours budg\u00e9taire que \u00ab we are reducing our recurrent expenditure, excluding social benefits, by some 10 percent on average for the coming financial year \u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">De plus, le r\u00e9gime de <em>Basic Retirement Pension<\/em> demeure intact, alors que les grosses soci\u00e9t\u00e9s et les particuliers \u00e0 hauts revenus sont tax\u00e9s plus lourdement. Voil\u00e0 autant de signaux de la strat\u00e9gie politique du Gouvernement. Reste \u00e0 savoir si les co\u00fbts \u00e9conomiques ne vont pas nuire aux dividendes politiques.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* \u00ab Un budget qui sort de l\u2019ordinaire mais qui garde les m\u00eames valeurs de solidarit\u00e9 et de partage \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 le Premier ministre dans ses premiers commentaires sur le budget. Ce qui se traduit par, entre autres, l\u2019allocation de Rs 15 milliards pour une aide mensuelle de Rs 5 100 pendant 6 mois pour ceux qui sont en ch\u00f4mage technique, une fiscalit\u00e9 r\u00e9duite pour la classe moyenne, tout une panoplie de pr\u00eats bancaires \u00e0 un faible taux d&#8217;int\u00e9r\u00eat aux petites et moyennes entreprises (PME), et aussi la d\u00e9cision de ne pas taxer les int\u00e9r\u00eats et d\u2019augmenter le taux de la TVA. Comment r\u00e9agissez-vous \u00e0 cela ? <\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Ce sont encore des signaux politiques. Mais c\u2019est l\u00e0 jeter de la poudre aux yeux, car la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique prendra le dessus des exp\u00e9dients politiques. Les valeurs de solidarit\u00e9 et de partage seront de vains mots si l\u2019\u00e9conomie ne red\u00e9marre pas.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Tout proc\u00e8de de la production, mais ce budget fait accro\u00eetre les co\u00fbts de production. Lorsque les entreprises produisent moins, elles ne proc\u00e9deront pas au ch\u00f4mage technique (l\u2019employ\u00e9 garde son emploi mais ne travaille pas), mais aux licenciements purs et simples. Les Rs 5 100 ne sont pas une allocation-ch\u00f4mage, mais une indemnisation salariale. Je ne vois pas beaucoup d\u2019entreprises prendre le risque de recourir au ch\u00f4mage technique pendant six mois, sachant que la crise durera bien plus longtemps.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Le probl\u00e8me actuel des entreprises, c\u2019est de savoir comment r\u00e9duire les co\u00fbts pour survivre. Je crois que le grand argentier s\u2019est fourvoy\u00e9 en s\u2019appuyant sur des hypoth\u00e8ses qui auraient \u00e9t\u00e9 valables en temps normal. Or la situation \u00e9conomique est tout, sauf normale.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Au niveau de la fiscalit\u00e9, la classe moyenne b\u00e9n\u00e9ficie certes d\u2019un rel\u00e8vement des seuils d\u2019imposition. Mais si les gens perdent leur emploi, cette mesure n\u2019aura pas de sens pour eux. N\u2019importe qui pr\u00e9f\u00e8re payer des imp\u00f4ts que de se retrouver ch\u00f4meur. Le budget parle plus du ch\u00f4mage que de l\u2019emploi ! C\u2019est la production, et non la consommation, qui est \u00e0 la base de l\u2019emploi.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Quant aux pr\u00eats \u00e0 faible taux d\u2019int\u00e9r\u00eat aux PME, ils concernent la Banque de d\u00e9veloppement (DBM). Je suis sceptique sur l\u2019octroi de tels cr\u00e9dits. D\u2019abord, la DBM est connue pour sa lenteur bureaucratique, pour sa pi\u00e8tre gestion des dossiers et pour ses mauvais payeurs. Ses employ\u00e9s sont form\u00e9s pour traiter des demandes de petits pr\u00eats de Rs 10 000 \u00e0 Rs 50 000, et encore qu\u2019ils s\u2019y montrent tr\u00e8s pointilleux. J\u2019imagine mal qu\u2019ils puissent \u00e9valuer rapidement et correctement des demandes qui vont jusqu\u2019\u00e0 un million de roupies. Et puis, le cr\u00e9dit facile aux PME, ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 des entreprises zombies (qui vivent des aides gouvernementales sans \u00eatre rentables), est la cause de nombreuses cr\u00e9ances irr\u00e9couvrables.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Quoi qu\u2019il en soit, les annonces faites aux PME restent toujours \u00e0 l\u2019\u00e9tat de promesse. Souvenez-vous, en 2015, le ministre Vishnu Lutchmeenaraidoo avait promis un plan de Rs 10 milliards pour les PME, mais elles n\u2019ont jamais vu la couleur de cet argent. Aujourd\u2019hui, le ministre Renganaden Padayachy leur fait miroiter un montant similaire.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Pour ce qui est de la TVA, il aurait \u00e9t\u00e9 inconcevable d\u2019augmenter son taux dans le contexte actuel, car cela aurait tu\u00e9 la consommation. Avec un taux inchang\u00e9, les recettes de la TVA accuseront tout de m\u00eame une baisse de Rs 3 milliards en 2020-2021, malgr\u00e9 un taux d\u2019inflation qui grimpera \u00e0 4,0%.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* La pr\u00e9paration du budget s\u2019est faite dans des circonstances exceptionnelles li\u00e9es \u00e0 la pand\u00e9mie de la Covid-19 dont les cons\u00e9quences sur l\u2019emploi, les entreprises et d\u2019autres secteurs d\u2019activit\u00e9 vont \u00eatre d\u00e9vastatrices. La question qui se pose en fin de compte, c\u2019est de savoir si ce budget sera en mesure, avec les milliards de la Banque de Maurice, de limiter la casse et relancer l\u2019\u00e9conomie. Qu\u2019en pensez-vous ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Une relance imm\u00e9diate de l\u2019\u00e9conomie est peu probable, car ce budget ne r\u00e8gle pas les probl\u00e8mes urgents d\u00fbs \u00e0 la pand\u00e9mie. Ils sont de deux ordres. Premi\u00e8rement, en d\u00e9pit de la loi Covid-19, des rigidit\u00e9s structurelles emp\u00eachent les entreprises \u00e0 se restructurer convenablement. Dans une situation de crise aigu\u00eb, qui est mondiale, nos entreprises doivent \u00eatre agiles et r\u00e9actives aux changements. Mais si le Gouvernement leur impose des conditions draconiennes contre une aide financi\u00e8re, elles seront incapables de revoir de fond en comble leur structure de production pour s\u2019adapter \u00e0 la crise. Tout n\u2019est pas qu\u2019une question de liquidit\u00e9s, car il faut aussi g\u00e9rer les co\u00fbts, les risques et la volatilit\u00e9 de la demande.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Deuxi\u00e8mement, la connectivit\u00e9 a\u00e9rienne est la condition sine qua non de la reprise \u00e9conomique. Le grand argentier semble avoir oubli\u00e9 que nous vivons sur une \u00eele, g\u00e9ographiquement isol\u00e9e et loin de ses march\u00e9s d\u2019exportation. Son discours budg\u00e9taire ne contient pas un seul mot sur Air Mauritius et, accessoirement, sur notre politique d\u2019acc\u00e8s a\u00e9rien face \u00e0 un secteur d\u2019aviation qui est en plein bouleversement dans le monde.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Le Gouvernement peut venir avec autant de mesures qu\u2019il veut pour le textile, le tourisme et l\u2019immobilier, mais si les fronti\u00e8res du pays sont ferm\u00e9es, l\u2019\u00e9conomie mauricienne restera en panne. Sans les arriv\u00e9es de touristes et d\u2019investisseurs \u00e9trangers, elle ne retournera pas \u00e0 la normale. Dans toute son Histoire, l\u2019\u00eele Maurice a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pendante de son ouverture aux flux de biens et de personnes pour se d\u00e9velopper.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Dans l\u2019\u00e9conomie globalis\u00e9e d\u2019aujourd\u2019hui, un d\u00e9veloppement autocentr\u00e9 n\u2019est m\u00eame pas pensable. La mobilit\u00e9 internationale est l\u2019horizon ind\u00e9passable de toute strat\u00e9gie \u00e9conomique. A ce titre, il est r\u00e9confortant d\u2019entendre le ministre Padayachy exprimer sa foi dans \u00ab Opening to the World \u00bb. Le plus t\u00f4t Maurice rouvre ses fronti\u00e8res avec toutes les pr\u00e9cautions sanitaires requises, le mieux ce sera pour son \u00e9conomie.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* Des questions subsistent sur le recours du Gouvernement aux r\u00e9serves de la Banque de Maurice pour le financement de la relance, et le m\u00e9canisme op\u00e9ratoire et d\u2019aide de la <em>Mauritius Investment Corporation<\/em>, cela loin du regard du Parlement. Vos commentaires ? <\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Il y a deux types d\u2019aide de la BoM au gouvernement, et il faut bien faire la distinction entre les Rs 60 milliards accord\u00e9es sous la section 6(1)(oa) de la <em>Bank of Mauritius Act<\/em>, et les deux milliards de dollars (l\u2019\u00e9quivalent de Rs 80 milliards) provenant des r\u00e9serves officielles en devises.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">C\u2019est une semaine apr\u00e8s avoir annonc\u00e9 cela que le gouverneur de la Banque de Maurice a pr\u00e9cis\u00e9 que les Rs 60 milliards seront lev\u00e9es sur le march\u00e9 mon\u00e9taire local. C\u2019est une bonne chose d\u2019absorber les Rs 30 milliards d\u2019exc\u00e8s de liquidit\u00e9s qui sont dans le syst\u00e8me bancaire, et je pense qu\u2019il ne sera pas difficile de trouver une souscription additionnelle de Rs 30 milliards. Le probl\u00e8me, c\u2019est que tout cet argent constitue un don, et non un pr\u00eat, au Gouvernement, et donc la BoM devra bien cr\u00e9er de la monnaie lorsqu\u2019elle aura \u00e0 rembourser les d\u00e9tenteurs de ses titres de dette. C\u2019est une op\u00e9ration hautement inflationniste, qui ne se fait pas ailleurs dans le monde.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Maintenant, ces Rs 60 milliards sont class\u00e9es comme \u00ab other revenue \u00bb du budget. Je me demande si le Fonds mon\u00e9taire international acceptera cette classification au regard de son <em>Government Finance Statistics Manual 2001<\/em>. Au cas o\u00f9 les Rs 60 milliards seraient consid\u00e9r\u00e9es comme un \u00e9l\u00e9ment de financement, et non comme un revenu, l\u2019exercice 2020-2021 enregistrera alors un d\u00e9ficit budg\u00e9taire de Rs 60 milliards, soit 13,2% du PIB !<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Concernant le financement de la Mauritius Investment Corporation (MIC), qui sera une filiale de la BoM, il se fera aussi par cr\u00e9ation mon\u00e9taire, ce qui aura un grand effet inflationniste. De plus, la contrepartie en roupies des deux milliards de dollars ne sera pas absorb\u00e9e par la Banque centrale. Lorsque celle-ci vend des dollars aux banques locales, la masse mon\u00e9taire diminue. Ce ne sera pas le cas avec la MIC qui aura Rs 80 milliards en main.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Bref, avec les Rs 10 milliards restantes qui viennent du <em>Special Reserve Fund<\/em> de la BoM, on aura une injection de Rs 150 milliards dans le circuit \u00e9conomique. Cela repr\u00e9sente un tiers du PIB. C\u2019est de la pure folie pour une petite \u00e9conomie !<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Un autre acte de \u00ab\u00a0d\u00e9mence\u00a0\u00bb consiste \u00e0 faire de notre Banque centrale une sorte de \u00ab venture capitalist \u00bb, ce qui est unique au monde. Il y a contradiction entre le communiqu\u00e9 de la BoM et le discours budg\u00e9taire.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Le premier dit que <em>\u00ab the objective of the MIC is to mitigate contagion of the ongoing economic downturn to the banking sector \u00bb,<\/em> avec les <em>\u00ab major economic and systemic operators in the tourism and manufacturing sectors \u00bb<\/em>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Le second nous d\u00e9voile que la MIC investira dans des projets africains, dans les activit\u00e9s de la p\u00eache, dans les productions alimentaire et pharmaceutique, et dans les entreprises orient\u00e9es vers un futur innovant. C\u2019est seulement \u00e0 Maurice que le r\u00e9gulateur du secteur bancaire est entra\u00een\u00e9 dans autant d\u2019activit\u00e9s commerciales avec tous les risques de conflits d\u2019int\u00e9r\u00eat que cela implique.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Et puis, le Board de la MIC n\u2019est m\u00eame pas encore totalement constitu\u00e9 que ses priorit\u00e9s d\u2019investissement sont d\u00e9j\u00e0 \u00e9tablies par le ministre des Finances. Est-ce que cela r\u00e9pond au crit\u00e8re : <em>\u00ab operating independently within the parameters of a strict governance structure \u00bb ?<\/em> C\u2019est \u00e0 un comit\u00e9 parlementaire que la MIC aurait d\u00fb r\u00e9pondre, pr\u00e9cis\u00e9ment au nom de la bonne gouvernance.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* Les entreprises rentables qui d\u00e9claraient des dividendes ont aussi b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l\u2019aide gouvernementale avec le <em>Wage Assistance Scheme<\/em>. Maintenant, l\u2019Etat vient au secours des entreprises sans rien demander en contrepartie (une s\u00e9curit\u00e9 d\u2019emploi garantie, une prise de participation au capital d\u2019entreprise ou le remboursement \u00e0 terme de l\u2019aide consentie). Est-ce acceptable ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Il n\u2019est \u00e9videmment pas acceptable que l\u2019Etat apporte une aide financi\u00e8re aux entreprises priv\u00e9es sans contrepartie. Il ne faut toutefois pas confondre indemnisation salariale et sauvetage d\u2019entreprise (bail-out). Le Gouvernement avait un devoir de venir avec un <em>Wage Assistance Scheme<\/em> parce qu\u2019il a sciemment p\u00e9nalis\u00e9 les entreprises en imposant un confinement \u00e0 la population et la fermeture des fronti\u00e8res. Les firmes ne peuvent pas \u00eatre bl\u00e2m\u00e9es pour cela.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">En revanche, lorsque l\u2019Etat sauve une entreprise de la faillite en y injectant du capital, comme il compte le faire \u00e0 travers la MIC, il doit \u00e9tablir des conditions pr\u00e9cises telles que la s\u00e9curit\u00e9 des employ\u00e9s et un droit de regard sur la gestion de l\u2019entreprise. Cependant, si les conditions impos\u00e9es sont trop strictes, si la sauvegarde de l\u2019emploi est absolue, l\u2019entreprise risque de ne pas se relever, et c\u2019est l\u2019Etat lui-m\u00eame qui perdra son argent. Il convient d\u2019accorder une certaine flexibilit\u00e9 \u00e0 la direction de l\u2019entreprise pour redresser la barre.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* Quelques mesures suscitent des interrogations, comme la r\u00e9partition des 12 000 logements sociaux qui seront construits. Seulement 1 800 maisons seront pour ceux ayant des salaires de moins de Rs 10 000, 5 200 pour les salari\u00e9s touchant entre Rs 10 000 et Rs 30 000, et 5 000 pour ceux gagnant plus de Rs 30 000. Est-ce juste et \u00e9quitable, selon vous ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Je ne sais pas si ceci fait partie de la \u00ab nouvelle normalit\u00e9 \u00bb du Gouvernement actuel, mais il n\u2019est pas normal que la classe moyenne sup\u00e9rieure (plus de Rs 30 000) ait aussi acc\u00e8s aux logements sociaux de l\u2019Etat. Qui plus est, elle a un quota presque trois fois plus \u00e9lev\u00e9 que les gens au bas de l\u2019\u00e9chelle (moins de Rs 10 000). C\u2019est une r\u00e9gression sociale.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">En piochant dans le bassin des acheteurs plus ais\u00e9s, l\u2019Etat devient un concurrent du secteur priv\u00e9 et va ainsi d\u00e9stabiliser un segment important du march\u00e9 immobilier. Cet interventionnisme ne fera pas l\u2019affaire des entrepreneurs honn\u00eates. Il \u00e9tendra plut\u00f4t le domaine d\u2019influence de ceux qui sont proches du pouvoir politique et \u00e0 l\u2019aff\u00fbt de contrats de construction.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Toujours est-il qu\u2019il sera impossible de construire 12 000 maisons d\u2019ici \u00e0 la fin du mandat de ce Gouvernement. Ces cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, seulement environ 2 000 nouvelles unit\u00e9s furent concr\u00e9tis\u00e9es. Avec les gros travaux de construction qui sont annonc\u00e9s, et ceux qui doivent \u00eatre compl\u00e9t\u00e9s, les ressources manqueront \u00e0 l\u2019appel.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* Une autre interrogation, c\u2019est l\u2019ouverture des portes aux \u00e9trangers avec l\u2019\u00e9limination des obstacles pour l\u2019obtention d\u2019un <em>Occupation &amp; Permanent Residence Permit<\/em> fusionn\u00e9, et l\u2019investissement dans une entreprise sans aucune restriction d\u2019actionnariat. On conna\u00eet l\u2019impact d\u2019une telle mesure sur le prix de l\u2019immobilier. Qu\u2019est-ce que cela rapportera au pays en termes de transfert de connaissances et de technologies ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Je suis en faveur de l\u2019ouverture aux expertises \u00e9trang\u00e8res \u00e0 condition que cela entra\u00eene un transfert r\u00e9el de connaissances et de technologies. C\u2019est le seul moyen de favoriser la diversification de notre \u00e9conomie. Singapour l\u2019a fait avec beaucoup de r\u00e9ussite.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Je comprends les craintes qu\u2019une telle approche suscite \u00e0 Maurice. Pour les dissiper, il faut des mesures compl\u00e9mentaires qui rassurent les Mauriciens. D\u2019abord, tout professionnel ayant un <em>Occupation Permit<\/em> doit obligatoirement s\u2019associer avec un Mauricien pour investir, en lui c\u00e9dant au moins 30% des actions. Au cas contraire, il n\u2019y aura pas de transfert de connaissances aux locaux. Rappelons que les Mauriciens ont acquis une grande expertise dans le textile gr\u00e2ce \u00e0 une participation \u00e9gale avec des industriels \u00e9trangers au d\u00e9but des ann\u00e9es 80.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Puis, on peut r\u00e9server le droit de vote \u00e0 ceux qui sont n\u00e9s \u00e0 Maurice. Ensuite, on peut avoir un r\u00e9gime fiscal diff\u00e9rent pour les acheteurs \u00e9trangers des propri\u00e9t\u00e9s immobili\u00e8res. Aussi, il convient d\u2019\u00e9viter des zones de s\u00e9gr\u00e9gation qui concentrent des expatri\u00e9s dans certaines r\u00e9gions, ce qui ressemble \u00e0 de l\u2019apartheid.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">D\u2019autre part, je ne suis pas d\u2019accord que le\/la conjoint(e) de l\u2019expatri\u00e9(e) peut travailler ici sans un permis de travail en bonne et due forme. On ne saurait avoir deux cat\u00e9gories d\u2019employ\u00e9s \u00e9trangers, une pour la main-d\u2019\u0153uvre et une autre pour les conjoints des expatri\u00e9s. C\u2019est discriminatoire en termes de droits humains.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* Par ailleurs, Business Mauritius a fait part de l\u2019inqui\u00e9tude du monde des affaires concernant la taxe sur le Revenu Brut qui, selon elle, est \u00ab une taxe sur la r\u00e9ussite et un net obstacle \u00e0 la croissance \u00bb, l\u2019augmentation du <em>Solidarity Levy<\/em>, qui fait passer le taux d\u2019imposition marginal \u00e0 40% pour les Mauriciens \u00e0 revenus \u00e9lev\u00e9s, et aussi l\u2019introduction de la Contribution Sociale G\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, \u00ab une charge suppl\u00e9mentaire cons\u00e9quente aux entreprises \u00bb. Ses inqui\u00e9tudes sont-elles justifi\u00e9es, selon vous ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Les inqui\u00e9tudes du secteur priv\u00e9 sont justifi\u00e9es parce que la forte progressivit\u00e9 fiscale va \u00e0 l\u2019encontre de la relance de l\u2019\u00e9conomie. Cette mesure aurait \u00e9t\u00e9 acceptable si la situation \u00e9conomique \u00e9tait bonne. Comme je vous l\u2019ai dit, le ministre des Finances s\u2019est tromp\u00e9 dans ses hypoth\u00e8ses pour concevoir son budget. Ce n\u2019est pas le moment de se servir de la fiscalit\u00e9 pour envoyer des signaux politiques \u00e0 la population. On se serait cru \u00e0 la veille d\u2019\u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales !<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Alors que le pays a besoin de hautes comp\u00e9tences professionnelles pour diversifier et faire repartir l\u2019\u00e9conomie, le Gouvernement les d\u00e9motive et les effarouche. De plus, il d\u00e9courage les Mauriciens talentueux \u00e0 rentrer au pays pour mettre leur exp\u00e9rience et leur capital au service de leur patrie. Il n\u2019encourage pas non plus les soci\u00e9t\u00e9s et les particuliers, qui ont un total de mille milliards de roupies en devises sur des comptes \u00e9trangers, \u00e0 rapatrier leur argent \u00e0 Maurice.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Une taxe de solidarit\u00e9 sur les grosses soci\u00e9t\u00e9s n\u2019est pas une mauvaise id\u00e9e en soi, sauf qu\u2019elle aurait d\u00fb s\u2019appliquer sur les b\u00e9n\u00e9fices, et non sur le chiffre d\u2019affaires. Or elle sera applicable m\u00eame si un groupe &#8212; ayant un chiffre d\u2019affaires de plus de Rs 500 millions \u2013 encourt des pertes ! C\u2019est une taxe punitive, donc injuste.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Le Gouvernement a rat\u00e9 une occasion en or d\u2019apporter une v\u00e9ritable refonte de notre syst\u00e8me d\u2019imposition. Il aurait d\u00fb transf\u00e9rer la charge fiscale de la valeur travail aux valeurs fonci\u00e8res et immobili\u00e8res. Les terrains et les b\u00e2timents sont des actifs immobiles. Ils rapportent une plus-value ou une rente sans qu\u2019il y ait un effort de production.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Le Gouvernement utilise l\u2019argent des contribuables pour construire des routes et des rails qui valorisent les terres, et les espaces immobiliers et commerciaux. Il est vrai que les Mauriciens sont trop \u00e9motionnels par rapport \u00e0 leurs propri\u00e9t\u00e9s. Mais la pr\u00e9sente crise exceptionnelle exige d\u2019injecter une bonne dose de rationalit\u00e9 dans notre politique fiscale.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Quant \u00e0 la Contribution Sociale G\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, c\u2019est une appellation impropre, puisqu\u2019elle est en v\u00e9rit\u00e9 une taxe additionnelle pour financer la pension de vieillesse. Ce qu\u2019on pr\u00e9sente comme une r\u00e9forme du syst\u00e8me public de retraite est une cote mal taill\u00e9e, car on s\u2019\u00e9loigne d\u2019un r\u00e9gime par r\u00e9partition sans aller vers un v\u00e9ritable r\u00e9gime par capitalisation. En m\u00eame temps, les co\u00fbts des entreprises augmentent, ce qui d\u00e9truira des emplois.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>* La pand\u00e9mie de Covid-19 a cr\u00e9\u00e9 de nouvelles opportunit\u00e9s de changement, inimaginables auparavant. Le Budget a-t-il saisi ces opportunit\u00e9s de rupture, ou bien se rabattra-t-on en fin de compte sur un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement d\u00e9pass\u00e9 et des m\u00e9thodes inefficaces une fois la sortie de crise assur\u00e9e ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Le Gouvernement s\u2019est servi de cette pand\u00e9mie comme pr\u00e9texte pour ponctionner Rs 140 milliards de la Banque de Maurice sans vraiment r\u00e9former ni le syst\u00e8me fiscal ni l\u2019Etat-providence ni les canards boiteux du secteur public. C\u2019est du gaspillage \u00e0 grand \u00e9chelle. La crise actuelle n\u2019est pas transform\u00e9e en opportunit\u00e9 de changement ou de rupture : le conservatisme social a encore de beaux jours devant lui.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">N\u00e9anmoins, le budget de 2020-2021 contient quelques bonnes mesures \u00e9conomiques, notamment celles en faveur de la production locale, de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et \u00e9nerg\u00e9tique, et de l\u2019\u00e9conomie circulaire. Fondamentalement, le pays ne sort pas du mod\u00e8le de d\u00e9veloppement qui a fait son succ\u00e8s \u00e9conomique, et c\u2019est tant mieux, sauf que Maurice risque d\u2019\u00eatre vue comme une juridiction \u00e0 fiscalit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e. C\u2019est l\u00e0 que se jouera son avenir \u00e9conomique.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #008080;\">* Published in print edition on 9 June 2020<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Interview\u00a0: Eric Ng Ping Cheun, \u00e9conomiste et directeur de PluriConseil<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":27463,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[32,6],"tags":[1067,3856,4492,5236,25487,308,6571,25443,22005,2845,3035,25489,665,25402,13201,25490,25491,25488,14624,7780,25182,17275,17515,17113,285,24374],"class_list":["post-27462","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-interviews","category-latest-news","tag-air-mauritius","tag-bank-of-mauritius-act","tag-banque-de-maurice","tag-basic-retirement-pension","tag-budget-de-2020-2021","tag-business-mauritius","tag-cargo-handling-corporation","tag-contribution-sociale-generalisee","tag-covid-19","tag-dbm","tag-eric-ng-ping-cheun","tag-government-finance-statistics-manual-2001","tag-interview","tag-mauritius-investment-corporation","tag-mauritius-ports-authority","tag-occupation-permanent-residence-permit","tag-occupation-permit","tag-opening-to-the-world","tag-pluriconseil","tag-pme","tag-renganaden-padayachy","tag-solidarity-levy","tag-special-reserve-fund","tag-tva","tag-vishnu-lutchmeenaraidoo","tag-wage-assistance-scheme"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/ERIC-Ng-8.jpg?fit=1200%2C675&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8QzSF-78W","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27462","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=27462"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27462\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/media\/27463"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=27462"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=27462"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=27462"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}