{"id":2678,"date":"2014-01-10T06:12:16","date_gmt":"2014-01-10T06:12:16","guid":{"rendered":"http:\/\/mauritiustimes.com\/mt\/2014\/01\/10\/interview-eric-ng-ping-cheun-3\/"},"modified":"2018-08-06T11:48:41","modified_gmt":"2018-08-06T07:48:41","slug":"interview-eric-ng-ping-cheun-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/interview-eric-ng-ping-cheun-3\/","title":{"rendered":"\u00ab Il faut un leadership fort pour mener les r\u00e9formes \u00e9conomiques n\u00e9cessaires \u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: center;\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana;\"><strong>Eric Ng Ping Cheun, \u00e9conomiste et directeur de PluriConseil :<\/strong><\/span><!--more--><\/p>\n<h3 class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: center;\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #800000;\"><strong>\u00ab Je suis optimiste que l\u2019\u00e9conomie mauricienne fera une meilleure performance en 2014 qu\u2019en 2013. Mais une croissance inf\u00e9rieure \u00e0 4% justifie-t-elle l\u2019optimisme ? \u00bb<\/strong><\/span><\/h3>\n<h3 class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: center;\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #800000;\"><strong>&#8220;On ne doit jamais n\u00e9gliger ou banaliser l\u2019inflation, surtout dans un pays importateur comme le n\u00f4tre. Elle est une maladie sournoise comme le diab\u00e8te&#8221; <\/strong><\/span><\/h3>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\"><strong>Quelles sont les pr\u00e9visions pour la croissance mondiale et locale en 2014 ? Y a-t-il des raisons pour que la population mauricienne soit optimiste ? Pourrons-nous profiter des opportunit\u00e9s offertes par la crise ? Bref, en p\u00e9riode pr\u00e9-\u00e9lectorale, faudrait-il s\u2019attendre \u00e0 un durcissement de la part du gouvernement pour \u00eatre en phase avec les attentes de certains \u00e9conomistes ? Eric Ng, \u00e9conomiste et directeur de PluriConseil, donne son point de vue (lors d\u2019une interview r\u00e9alis\u00e9e lundi dernier)\u2026<\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\"><strong>Mauritius Times: \u201cWe are still not out of the woods\u201d : diriez-vous qu\u2019on pourrait ainsi r\u00e9sumer la situation sur le plan \u00e9conomique en ce d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e 2014 ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\"><strong>Eric Ng<\/strong>: Oui, nous ne sommes pas encore sortis de l\u2019auberge. Si nous regardons les grands indicateurs \u00e9conomiques, il n\u2019y a pas eu d\u2019am\u00e9lioration \u00e0 part le taux d\u2019inflation officiel. On constate m\u00eame une d\u00e9t\u00e9rioration dans certains cas.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">Commen\u00e7ons par la croissance. Elle a baiss\u00e9 pendant trois ann\u00e9es cons\u00e9cutives, passant de 4,2% en 2010 \u00e0 3,6% en 2011, \u00e0 3,4% en 2012 et \u00e0 3,2% en 2013. Maurice est suppos\u00e9e viser plus de 5% de croissance, comme arrivent \u00e0 le faire plusieurs pays africains, mais elle ne parvient m\u00eame pas \u00e0 rebondir au-dessus de 4%. Elle n\u2019y r\u00e9ussira pas non plus en 2014, puisque Statistics Mauritius pr\u00e9voit une croissance de 3,7%. Et encore que cette estimation se fonde sur l\u2019hypoth\u00e8se que les projets d\u2019investissement publics seront impl\u00e9ment\u00e9s comme pr\u00e9vu.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">On peut toujours dire qu\u2019il n\u2019est pas mauvais en soi de r\u00e9aliser une croissance l\u00e9g\u00e8rement sup\u00e9rieure \u00e0 3%. On peut encore avancer que notre \u00e9conomie fera mieux en 2014 que les trois ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. Mais le fait est que la croissance restera sous la barre des 4% pour la quatri\u00e8me ann\u00e9e cons\u00e9cutive. Ce serait de l\u2019inconscience que de ne pas s\u2019en inqui\u00e9ter. C\u2019est une performance sous-optimale : l\u2019\u00e9conomie mauricienne \u00e9volue en-dessous de son potentiel.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">Il est clair que le tassement de notre croissance \u00e9conomique est d\u00fb au recul de l\u2019investissement car les deux autres moteurs de croissance marchent relativement bien. La consommation des m\u00e9nages ainsi que la consommation publique augmentent chaque ann\u00e9e quoique de mani\u00e8re mod\u00e9r\u00e9e. Les exportations de biens et de services sont aussi en hausse. C\u2019est l\u2019investissement qui est en panne, subissant une contraction g\u00e9n\u00e9rale de 4,3% en 2013 et de 0,8% en 2012. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, l\u2019investissement priv\u00e9 et l\u2019investissement public ont affich\u00e9 une croissance n\u00e9gative, soit -4,1% et -4,9% respectivement.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">Faisons aussi ressortir que le montant total de l\u2019investissement direct \u00e9tranger, plus connu sous l\u2019acronyme FDI, serait moindre en 2013 par rapport \u00e0 2012. Il y avait certes eu un apport de capital exceptionnel dans une banque multinationale en 2012. Mais tout laisse croire que le FDI serait moins \u00e9lev\u00e9 dans les secteurs de la manufacture, de la construction et du tourisme, o\u00f9 les activit\u00e9s sont plus g\u00e9n\u00e9ratrices d\u2019emplois directs et indirects. D\u2019autre part, si l\u2019investissement priv\u00e9 total s\u2019est contract\u00e9 en d\u00e9pit d\u2019une dizaine de milliards de roupies inject\u00e9es dans l\u2019\u00e9conomie sous forme de FDI, on peut d\u00e9duire que la baisse de l\u2019investissement priv\u00e9 local a \u00e9t\u00e9 plus prononc\u00e9e que le taux global. Tout cela pour souligner que l\u2019investissement demeure la cl\u00e9 d\u2019une sortie de crise.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\"><strong>* Certains analystes estiment que 2014 devrait \u00eatre marqu\u00e9e par une croissance mondiale forte, d\u2019environ 4% &#8211; gr\u00e2ce aux habituelles locomotives chinoise et am\u00e9ricaine (le PIB de l\u2019Empire du milieu devrait ainsi cro\u00eetre de 8% et celui de l\u2019Oncle Sam de 3%). Par ailleurs, on affirme qu\u2019apr\u00e8s deux ans de recul, la zone euro devrait enfin enregistrer une variation positive de sa richesse, ce qui n\u2019est pas arriv\u00e9 depuis 2011, mais cette croissance ne d\u00e9passerait toutefois pas la barre des 1%\u2026<\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">Il convient de faire la diff\u00e9rence entre croissance mondiale, croissance am\u00e9ricaine, croissance chinoise, croissance europ\u00e9enne, croissance de nos march\u00e9s d\u2019exportation et croissance de la demande ext\u00e9rieure d\u2019une entreprise mauricienne. C\u2019est cette derni\u00e8re croissance qui est pertinente pour nos exportateurs. Une croissance mondiale de 4% ne signifie pas que les commandes ext\u00e9rieures d\u2019une firme locale engag\u00e9e dans une activit\u00e9 sp\u00e9cifique vont cro\u00eetre de 4%. Ne nous emballons pas devant ces chiffres globaux. Ce qui importe, en fin de compte, c\u2019est la croissance de la profitabilit\u00e9 de chaque entreprise domestique. Un entrepreneur ne se fixe pas sur la croissance globale, mais sur celle de la demande de son produit.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">Cette pr\u00e9cision \u00e9tant faite, je ne me trompe pas en affirmant que nos principaux march\u00e9s d\u2019exportation sont encore dans les limbes du ralentissement \u00e9conomique. Certes, les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la zone euro montrent des signes de reprise, mais le redressement est encore fragile. La dette souveraine et les d\u00e9ficits publics des pays europ\u00e9ens restent des probl\u00e8mes tr\u00e8s lourds \u00e0 g\u00e9rer. La France, notre premier march\u00e9 \u00e9metteur de touristes, demeure emp\u00eatr\u00e9e dans des difficult\u00e9s structurelles \u00e9normes, que le gouvernement ne pourra pas surmonter sans payer un prix politique fort.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">Quant aux \u00e9conomies am\u00e9ricaine et britannique, une fois qu\u2019elles sortent de la r\u00e9cession, elles auront \u00e0 affronter l\u2019hydre inflationniste que leur banque centrale a enfant\u00e9e par leur politique irresponsable d\u2019assouplissement quantitatif. Ce n\u2019est pas sans raison que les march\u00e9s financiers sp\u00e9culent d\u00e9j\u00e0 sur le moment o\u00f9 la Fed et la Banque d\u2019Angleterre vont commencer \u00e0 relever leur taux directeur. Elles savent pertinemment que les pressions inflationnistes ne vont pas tarder \u00e0 remonter \u00e0 la surface.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\"><strong>* Il semblerait que sur le plan local, la situation dans le tourisme et le textile semble s\u2019\u00eatre am\u00e9lior\u00e9e durant l\u2019ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e. L\u2019ann\u00e9e 2014 se pr\u00e9sente-elle, \u00e0 votre avis, sous de meilleurs auspices pour ces deux secteurs ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">Il est vrai que ces deux secteurs ont repris des couleurs l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re. Apr\u00e8s une contraction de 1,1% en 2012, l\u2019industrie textile a connu une croissance positive de 2%. Toutefois, ce n\u2019est pas suffisant quand on sait qu\u2019elle a rebondi sur une faible base et qu\u2019elle a fait mieux en 2011 (+3%). Heureusement l\u2019emploi est rest\u00e9 plus ou moins stable dans le secteur du textile et de l\u2019habillement entre septembre 2012 et septembre 2013, en d\u00e9pit de la fermeture de douze \u00e9tablissements.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">De son c\u00f4t\u00e9, apr\u00e8s avoir stagn\u00e9 en 2012, le tourisme a enregistr\u00e9 une expansion de 2,9% avec des arriv\u00e9es fr\u00f4lant la barre d\u2019un million de touristes. Cette croissance est \u00e0 mettre sur le compte d\u2019une bonne politique de diversification des march\u00e9s et de l\u2019ouverture de l\u2019acc\u00e8s a\u00e9rien vers la Chine. Le hic, c\u2019est que le nombre croissant de touristes (+3,6% sur l\u2019ann\u00e9e 2013) n\u2019entra\u00eene pas une hausse des recettes touristiques. Celles-ci, selon les estimations de la Banque de Maurice, diminueraient de 6,5% \u00e0 environ Rs 41,5 milliards. Les d\u00e9penses par touriste ont donc chut\u00e9 dramatiquement, et ce, malgr\u00e9 une l\u00e9g\u00e8re appr\u00e9ciation de l\u2019euro contre la roupie\u2026<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">Cette baisse g\u00e9n\u00e9rale des revenus peut s\u2019expliquer par plusieurs facteurs. D\u2019abord, l\u2019\u00eele accueille de moins en moins de touristes fran\u00e7ais. Puis, si certains march\u00e9s traditionnels sont en progression, ils g\u00e9n\u00e8rent maintenant moins de high spending tourists. Ensuite, bien qu\u2019\u00e9tant d\u00e9pensiers, les touristes venant des march\u00e9s \u00e9mergents sont encore trop peu nombreux pour r\u00e9tablir la balance. Bref, ce qui est important dans le tourisme, ce n\u2019est pas la quantit\u00e9, mais la qualit\u00e9, soit une hausse des d\u00e9penses par touriste.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\"><strong>* Mais pensez-vous quand m\u00eame que nous avons rat\u00e9 des opportunit\u00e9s offertes par la crise sur le plan mondial durant l\u2019ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e ? <\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">Comme vous le dites vous-m\u00eame, toute crise offre des opportunit\u00e9s. Il \u00e9tait propice de faire comprendre aux Mauriciens que la crise mondiale nous poussait \u00e0 faire des r\u00e9formes structurelles. Mais nous avons rat\u00e9 l\u2019opportunit\u00e9 de consolider notre \u00e9conomie dans la perspective, m\u00eame assez lointaine, d\u2019une reprise durable des \u00e9conomies d\u00e9velopp\u00e9es. De m\u00e9moire, je crois que depuis 2006 on a ferm\u00e9 un seul canard boiteux, la DWC. Dans le premier budget de Xavier-Luc Duval, on a parl\u00e9 de privatisation. Mais qu\u2019a-t-on privatis\u00e9 ? Par ailleurs, je n\u2019ai pas vu de grande restructuration, \u00e0 part celle des institutions s\u2019occupant du secteur sucrier.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">Dans un autre registre, la crise mondiale a sans nul doute cr\u00e9\u00e9 des opportunit\u00e9s pour nos services d\u2019externalisation. Nos professionnels ont eu un certain nombre de contrats des firmes internationales qui voulaient r\u00e9duire leurs co\u00fbts. La nouvelle politique fiscale du gouvernement fran\u00e7ais a conduit de nombreux Fran\u00e7ais \u00e0 investir ailleurs en passant par l\u2019offshore mauricien. L\u2019instabilit\u00e9 politique au Maghreb et au Moyen-Orient a amen\u00e9 les acheteurs de l\u2019habillement \u00e0 revenir voir les fournisseurs mauriciens. Les commandes affluent en ce moment dans nos usines. En ce sens, les entrepreneurs mauriciens savent saisir les opportunit\u00e9s suscit\u00e9es par le d\u00e9sordre mondial\u2026<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\"><strong>* Selon le ministre des Finances, \u00ab 2014 sera une ann\u00e9e de toutes les possibilit\u00e9s \u00bb. Il se dit satisfait de la performance \u00e9conomique de Maurice en 2013, avec une inflation maintenue \u00e0 3,6% et un taux de ch\u00f4mage de 8,2%, \u00ab raisonnable \u00bb selon lui. Pour Xavier Duval, la croissance devrait varier entre 3,8% et 4% cette ann\u00e9e m\u00eame si Maurice subit les r\u00e9percussions de la crise \u00e9conomique qui affecte l\u2019Europe. \u00ab Mais il nous faut rester optimistes, vu que la situation en Angleterre et en Allemagne s\u2019am\u00e9liore\u2026 Nous voulons d\u00e9crocher le titre d\u2019une high income economy \u00bb, dit-il. Partagez-vous son optimisme ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">L\u2019optimisme est un sentiment relatif, exprim\u00e9 par rapport \u00e0 une donn\u00e9e pr\u00e9cise. Je suis optimiste que l\u2019\u00e9conomie mauricienne fera une meilleure performance en 2014 qu\u2019en 2013. Mais une croissance inf\u00e9rieure \u00e0 4% justifie-t-elle l\u2019optimisme ?<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">Je serais plus rassur\u00e9 si une croissance de 3,8% \u00e0 4% faisait reculer le taux de ch\u00f4mage. Mais je doute fort que ce soit le cas. A 8,2%, le taux des sans-emplois reste dans la limite du contr\u00f4le. Mais il ne faut pas oublier qu\u2019il existe beaucoup de sous-emplois, ceux qui ne travaillent pas \u00e0 la mesure de leurs qualifications et comp\u00e9tences d\u2019o\u00f9 le fait qu\u2019ils changent souvent de job. Par ailleurs, on ne regarde pas seulement le niveau, mais aussi la tendance du ch\u00f4mage. Celui-ci n\u2019a pas r\u00e9gress\u00e9 depuis cinq ans, mais a progress\u00e9 chaque ann\u00e9e du niveau de 7,2% atteint en 2008.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">De m\u00eame, il convient d\u2019observer tout aussi bien la tendance que le niveau de l\u2019inflation. Le taux d\u2019inflation moyen (headline inflation) pour l\u2019ann\u00e9e 2013 est de 3,6%. Reste que les prix montent, comme l\u2019indique l\u2019inflation sur un an (year-on-year inflation) qui est pass\u00e9e de 3,1% en ao\u00fbt 2013 \u00e0 3,9% en novembre. Une augmentation de 0,8 point de pourcentage en trois mois ne doit pas laisser insensible.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">D\u2019autre part, le gouvernement parle d\u2019une high income economy sans nous dire ce qu\u2019il entend par l\u00e0. Quel est le revenu par t\u00eate d\u2019habitant \u00e0 partir duquel un pays devient une high income economy ? Le n\u00f4tre est actuellement autour de 8 500 dollars am\u00e9ricains. Celui des pays d\u00e9velopp\u00e9s est au-dessus de 25 000 dollars. Je ne vois pas comment nous pourrons doubler, encore moins tripler, notre revenu par t\u00eate d\u2019habitant dans six ans !<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\"><strong>* 2013 a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par les divergences publiques de Xavier Duval et Manou Bheenick sur la question \u00ab Croissance versus Inflation \u00bb. Le Premier ministre a plaid\u00e9, dans son message adress\u00e9 \u00e0 la nation le 1er janvier, en faveur du combat contre l\u2019inflation, ce qui est sans doute politiquement correct dans une ann\u00e9e de campagne \u00e9lectorale. Mais cette d\u00e9claration prend le contre-pied du ministre des Finances qui, lui, privil\u00e9gie la croissance. Au-del\u00e0 des divergences politiques de Ramgoolam-Duval, pensez-vous que le PM a raison ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">Je crois que le Premier ministre a \u2013 passez-moi l\u2019expression \u2013 mis les points sur les i en ce qui concerne la lutte contre l\u2019inflation. On ne doit jamais n\u00e9gliger ou banaliser l\u2019inflation, surtout dans un pays importateur comme le n\u00f4tre. Elle est une maladie sournoise comme le diab\u00e8te : elle attaque le c\u0153ur de l\u2019\u00e9conomie d\u00e8s qu\u2019on l\u2019oublie.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">Le contr\u00f4le de l\u2019inflation est le chemin le plus s\u00fbr vers une croissance soutenable. D\u2019abord, la ma\u00eetrise des co\u00fbts de production permet aux entreprises d\u2019\u00eatre plus comp\u00e9titives, de g\u00e9n\u00e9rer plus de b\u00e9n\u00e9fices et de cr\u00e9er des emplois. Ensuite, les gens maintiennent leur pouvoir d\u2019achat, continuent de consommer et gardent leur niveau de vie, ce qui assure une stabilit\u00e9 sociale. Puis, une inflation faible incite les gens \u00e0 \u00e9pargner et pousse \u00e0 la baisse le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 l\u2019emprunt. Les entreprises seront ainsi en meilleure position pour emprunter et pour mieux rentabiliser leurs investissements.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\"><strong>* Au fait, il ne faut pas s\u2019attendre \u00e0 un changement de cap de la philosophie \u00e9conomique entam\u00e9e depuis 2006 ou de quelque changement significatif en mati\u00e8re de politique \u00e9conomique en raison de l\u2019\u00e9ch\u00e9ance \u00e9lectorale de 2015 ; on aura tendance plut\u00f4t \u00e0 privil\u00e9gier le court terme jusqu&#8217;\u00e0 2015. Le gouvernement s\u2019est-il donn\u00e9 les moyens et la marge de man\u0153uvre du court-termisme dans un contexte \u00e9lectoral ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">Globalement, la philosophie d\u2019ouverture \u00e9conomique mise en place depuis 2006 n\u2019a pas chang\u00e9, ce qui d\u00e9montre bien que les Mauriciens peuvent comprendre la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9formes \u00e9conomiques moyennant qu\u2019elles leur soient bien expliqu\u00e9es. On regrette toutefois, en mati\u00e8re de fiscalit\u00e9, des allers-retours comme l\u2019introduction, puis l\u2019abolition, de taxes sur les dividendes et sur les plus-values immobili\u00e8res, ou des retours en arri\u00e8re telles que l\u2019\u00e9limination de la National Residential Property Tax et de l\u2019imposition des int\u00e9r\u00eats bancaires.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">T\u00f4t ou tard, nos gouvernants auront \u00e0 remettre sur le tapis notre syst\u00e8me d\u2019imposition en l\u2019\u00e9valuant par deux crit\u00e8res : l\u2019efficacit\u00e9 et l\u2019\u00e9quit\u00e9. Il faudra \u00e9tudier o\u00f9 se situe le gros du fardeau fiscal (tax burden). Sur les \u00e9paules de la petite classe moyenne, de la classe moyenne sup\u00e9rieure ou de la classe ais\u00e9e ? Ces questions seront pos\u00e9es quand deviendra insoutenable le financement public de l\u2019Etat-providence, du syst\u00e8me de retraite et du sauvetage des corps para\u00e9tatiques inefficaces. Ce sont des bombes \u00e0 retardement qui nous exploseront \u00e0 la figure. Pour le moment, le gouvernement a assez d\u2019argent pour d\u00e9penser d\u2019ici \u00e0 2015\u2026<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\"><strong>* Le court-termisme \u00e9lectoral devra-t-il quand m\u00eame combattre le probl\u00e8me du ch\u00f4mage, surtout parmi les jeunes et en particulier les jeunes dipl\u00f4m\u00e9s ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">Si l\u2019ann\u00e9e 2015 est, pour paraphraser Marx, l\u2019horizon ind\u00e9passable du ramgoolamisme, il reste en principe dix-huit mois pour le gouvernement de convaincre les jeunes ch\u00f4meurs, notamment les ch\u00f4meurs-dipl\u00f4m\u00e9s, qu\u2019ils pourront avoir un emploi aussit\u00f4t que possible. Je ne dis pas que c\u2019est au gouvernement de trouver ces emplois. Il apporte d\u00e9j\u00e0 un soutien appr\u00e9ciable \u00e0 de jeunes dipl\u00f4m\u00e9s par le truchement du Youth Employment Programme. Mais il revient au gouvernement d\u2019assurer les conditions suffisantes \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019emplois durables par les entreprises. Je vois trois conditions : confiance, confiance, confiance\u2026<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">Dans les milieux des affaires, on se demande si le facteur \u00e9conomique d\u00e9terminera l\u2019issue des prochaines \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales. Je pense qu\u2019il y contribuera, mais je ne crois pas en un vote strictement \u00e9conomique. Les \u00e9lecteurs vont soupeser les propositions \u00e9conomiques des deux camps principaux. Si elles se ressemblent, comme cela a \u00e9t\u00e9 le cas la plupart du temps, alors les crit\u00e8res non-\u00e9conomiques p\u00e8seront plus lourd.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\"><strong>* Dans un discours prononc\u00e9 lors du d\u00eener de fin d\u2019ann\u00e9e avec les op\u00e9rateurs \u00e9conomiques, le Gouverneur de la Banque de Maurice a incit\u00e9 le secteur priv\u00e9 \u00e0 prendre le leadership dans la pr\u00e9paration d\u2019un plan strat\u00e9gique allant au-del\u00e0 de 2020. \u00ab The time is ripe for us to embark on a new visioning project to look Beyond Vision 2020 to realise the further promise of our potential, \u00bb a-t-il d\u00e9clar\u00e9. Comment r\u00e9agissez-vous \u00e0 cela ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">J\u2019ai lu la r\u00e9action imm\u00e9diate de quelques personnes du secteur priv\u00e9 dans un quotidien. J\u2019\u00e9tais \u00e9bahi. Elles \u00e9taient d\u2019accord avec la suggestion du Gouverneur, mais \u00e0 condition que l\u2019\u00e9quipe de r\u00e9flexion soit dirig\u00e9e par quelqu\u2019un du gouvernement, notamment du Bureau du Premier ministre. C\u2019est typique du secteur priv\u00e9 : il ne veut et ne peut rien entreprendre sans le concours du secteur public. Or, je crois comprendre que le Gouverneur a propos\u00e9 au secteur priv\u00e9 de prendre le LEADERSHIP d\u2019une telle d\u00e9marche sans attendre la participation du secteur public.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">Je ne serais pas \u00e9tonn\u00e9 si le secteur priv\u00e9 n\u2019arrivait pas \u00e0 r\u00e9unir une \u00e9quipe de r\u00e9flexion repr\u00e9sentative de toutes les entreprises de tous les secteurs de l\u2019\u00e9conomie. Si on reprend les m\u00eames et on recommence, on n\u2019aura rien de nouveau. Il faudra plut\u00f4t des penseurs ind\u00e9pendants, capables d\u2019apporter un changement de mentalit\u00e9 au sein du secteur priv\u00e9 pour qu\u2019il se remette en question.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\"><strong>* Pour que \u00ab the past Mauritian \u201cmiracle\u201d be extended into the future \u00bb, le Gouverneur a cit\u00e9 le dernier \u2018Working Paper du FMI \u2013 \u2018Mauritius: The Drivers of Growth \u2013 Can the Past be Extended?\u2019 qui soutient que la croissance dans les ann\u00e9es \u00e0 venir devrait se situer autour de 3-4%, mais qui pourrait atteindre les 5% \u00ab if strong pro-active policies are taken \u00bb en vue de r\u00e9duire les \u2018bottlenecks\u2019 et rehausser la productivit\u00e9, le taux de l\u2019investissement et celui de l\u2019\u00e9pargne, et aussi gr\u00e2ce \u00e0 des r\u00e9formes dans le secteur de l\u2019\u00e9ducation et du march\u00e9 du travail. Pensez-vous qu\u2019on arrivera \u00e0 reproduire le miracle \u00e9conomique avec ces rem\u00e8des-la ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">Le Gouverneur de la Banque de Maurice a bien situ\u00e9 les manquements de l\u2019\u00e9conomie mauricienne : blocages au niveau de l\u2019administration publique, faible productivit\u00e9, insuffisance de l\u2019\u00e9pargne et de l\u2019investissement, qualifications inad\u00e9quates des jeunes et rigidit\u00e9s du march\u00e9 du travail. Si tous ces cinq probl\u00e8mes sont r\u00e9solus, nous reproduirons les taux de croissance des ann\u00e9es 1980. Mais, pour reprendre votre mot, ce sera un miracle\u2026<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">Avant tout, les politiques doivent \u00eatre proactives, et non r\u00e9actives. Gouvernement et secteur priv\u00e9 continuent de r\u00e9agir aux \u00e9v\u00e9nements au lieu de les anticiper. Nos entreprises priv\u00e9es se bureaucratisent avec &#8211; pour r\u00e9sultat &#8211; un d\u00e9clin de l\u2019esprit entrepreneurial. C\u2019est ce que Schumpeter appelle la ran\u00e7on du succ\u00e8s capitaliste. Nous vivons encore sur les nuages du boom \u00e9conomique d\u2019il y a vingt-cinq ans alors m\u00eame qu\u2019ils se sont dissip\u00e9s. Nous devons effectivement nous projeter sur un nouvel horizon de vingt ans pour passer \u00e0 une \u00e9tape sup\u00e9rieure du d\u00e9veloppement \u00e9conomique.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\"><strong>* Les \u00e9conomistes connaissent parfaitement les rem\u00e8des qu\u2019il faut appliquer, et il y a plus ou moins consensus sur ce plan, mais pourquoi n\u2019arrive-t-on pas \u00e0 produire les r\u00e9sultats escompt\u00e9s ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">C\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas assez, ou pas du tout, d\u2019\u00e9conomistes parmi les d\u00e9cideurs politiques (rires) ! Les \u00e9conomistes donnent des conseils mais ne d\u00e9cident pas. Les bancs de l\u2019Assembl\u00e9e nationale sont occup\u00e9s majoritairement par des avocats, des m\u00e9decins et des comptables. On aurait souhait\u00e9 parmi eux plus d\u2019entrepreneurs, plus de gens qui savent ce que signifie entreprendre.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">Une bonne politique produit de bons r\u00e9sultats, et une mauvaise politique de mauvais r\u00e9sultats. Et pour obtenir les r\u00e9sultats escompt\u00e9s, il faut une permanence dans la politique. Voyez la loi du travail. On avait eu une bonne r\u00e9forme en 2008, mais on a fait marche arri\u00e8re sur certains aspects.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\"><strong>* On pourrait poser la question diff\u00e9remment : faut-il pour cela plus de coh\u00e9sion gouvernementale, ou un ministre des Finances et un Gouverneur de la Banque centrale qui regardent dans la m\u00eame direction ? Un leadership fort ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">Il faut un leadership fort pour mener les r\u00e9formes \u00e9conomiques n\u00e9cessaires. Je ne parle pas de leadership bic\u00e9phale qui peut \u00eatre plus un probl\u00e8me qu\u2019une solution. En fin de compte, la coh\u00e9sion gouvernementale ne peut qu\u2019exister, car le gouvernement a une seule politique. Deux minist\u00e8res ne peuvent pas appliquer deux politiques diff\u00e9rentes sur le m\u00eame sujet.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-family: Verdana; color: #000000;\">L\u00e0 o\u00f9 il peut ne pas y avoir coh\u00e9sion, c\u2019est entre un minist\u00e8re et une institution qui tombe sous sa tutelle. Regarder dans la m\u00eame direction, c\u2019est avoir le m\u00eame objectif. C\u2019est pourquoi le minist\u00e8re des Finances et la Banque centrale doivent se mettre d\u2019accord sur un taux d\u2019inflation \u00e0 atteindre. Mais une bonne coordination entre la politique mon\u00e9taire et la politique fiscale ne signifie pas que l\u2019une s\u2019aligne sur l\u2019autre. Au contraire, l\u2019une doit contrebalancer le laxisme de l\u2019autre.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #00ccff;\"><em>* Published in print edition on 10 January 2014<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Eric Ng Ping Cheun, \u00e9conomiste et directeur de PluriConseil :<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":10401,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[32],"tags":[4492,12718,12715,5725,7617,3059,12717,12716,12719,51,12473],"class_list":["post-2678","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-interviews","tag-banque-de-maurice","tag-beyond-vision-2020","tag-dwc","tag-fdi","tag-interview-eric-ng-ping-cheun","tag-manou-bheenick","tag-national-residential-property-tax","tag-ramgoolam-duval","tag-working-paper-du-fmi","tag-xavier-luc-duval","tag-youth-employment-programme"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/eric_ng_ping_cheun-k.jpg?fit=349%2C278&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8QzSF-Hc","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2678","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2678"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2678\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10401"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2678"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2678"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2678"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}