{"id":1121,"date":"2011-07-15T07:58:49","date_gmt":"2011-07-15T07:58:49","guid":{"rendered":"http:\/\/mauritiustimes.com\/mt\/2011\/07\/15\/eric-ng-2\/"},"modified":"2020-01-26T21:48:38","modified_gmt":"2020-01-26T17:48:38","slug":"eric-ng-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/eric-ng-2\/","title":{"rendered":"Lib\u00e9rer les talents !"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>By Eric Ng Ping Cheun<\/strong><\/span><!--more--><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">On entend souvent des intellectuels opposer la philosophie du d\u00e9veloppement \u00e0 la philosophie du libre \u00e9change, comme si le libre \u00e9change n\u2019am\u00e8ne pas le d\u00e9veloppement ! Inutile de jouer sur les mots en viciant le d\u00e9bat entre les prod\u00e9veloppement, qui seraient les bons, et les pro-libre \u00e9change qui seraient les m\u00e9chants.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Les ennemis du libre \u00e9change vont \u00e0 l\u2019encontre du d\u00e9veloppement des pays africains b\u00e9n\u00e9ficiaires de la politique libre-\u00e9changiste des Etats-Unis. Tant en th\u00e9orie que dans la r\u00e9alit\u00e9, le libre \u00e9change est un jeu \u00e0 somme positive. Il est reconnu de tous que l\u2019\u00e9conomie mondiale a connu une croissance ph\u00e9nom\u00e9nale depuis l\u2019adoption du <em>General Agreement on Trade and Tariffs <\/em>en 1949.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>L\u2019Afrique n\u2019a jamais connu le libre \u00e9change<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Ce n\u2019est pas parce qu\u2019ils ont adopt\u00e9 le libre \u00e9change que la tr\u00e8s grande majorit\u00e9 des pays africains n\u2019ont pas connu de d\u00e9veloppement significatif : c\u2019est plut\u00f4t parce qu\u2019ils ne l\u2019ont pas pratiqu\u00e9. L\u2019Histoire est friande de ces \u00e9volutions linguistiques que les \u00e9conomistes ne comprennent pas : on disait \u201cpays sousd\u00e9velopp\u00e9s\u201d au d\u00e9but de la p\u00e9riode de d\u00e9colonisation, mais \u00e0 mesure qu\u2019ils s\u2019enfon\u00e7aient dans le sous-d\u00e9veloppement de d\u00e9cennie en d\u00e9cennie, on les appelait plus positivement \u201cpays en voie de d\u00e9veloppement\u201d, et maintenant on les nomme encore plus positivement \u201cpays en d\u00e9veloppement\u201d. C\u2019\u00e9tait cela le drame de l\u2019Afrique : ses gouvernements et ses innombrables organisations se pr\u00e9occupaient plus \u00e0 trouver un langage polic\u00e9 autour de sa situation de sousd\u00e9veloppement qu\u2019\u00e0 promouvoir son&#8230; d\u00e9veloppement !<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Des dirigeants d\u00e9faillants<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Non seulement l\u2019Afrique continentale abrite encore des satrapes imp\u00e9nitents, mais aussi elle ne donne pas la conviction qu\u2019elle s\u2019est ralli\u00e9e totalement \u00e0 l\u2019\u00e9conomie lib\u00e9rale. Cons\u00e9quence de son allaitement \u00e0 l\u2019id\u00e9ologie marxiste, elle fut, sous la bienveillance de l\u2019Organisation de l\u2019unit\u00e9 africaine, une th\u00e9ba\u00efde de r\u00e9gimes despotiques, de conflits frontaliers, de coups d\u2019Etat r\u00e9p\u00e9t\u00e9s et de g\u00e9nocides ethniques. Changera-t-elle ou restera-t-elle ainsi sous l\u2019Union africaine (UA) ? Au lieu de croire les yeux ferm\u00e9s \u00e0 la r\u00e9surrection de l\u2019Afrique, l\u2019investisseur africain ne peut que jouer au Saint Thomas : attendre de voir pour croire. Il ne suffit pas d\u2019avoir la foi en l\u2019Afrique : la croyance est une exp\u00e9rience personnelle qui se vit au jour le jour sur le terrain. Lorsque celui-ci sera d\u00e9blay\u00e9 de ses tares comme la corruption et l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 chroniques, alors on pourra voir la lumi\u00e8re\u2026<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Le non respect des droits de propri\u00e9t\u00e9<br \/>\nfragilise l\u2019investissement<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">L\u2019Afrique repr\u00e9sente encore un risque politique tr\u00e8s grand pour l\u2019investisseur \u00e9tranger. Il ne suffit pas qu\u2019un accord de protection de l\u2019investissement soit sign\u00e9 entre deux gouvernements pour que tout risque politique disparaisse. L\u2019exemple vient de la C\u00f4te d\u2019Ivoire o\u00f9, malgr\u00e9 l\u2019existence d\u2019un tel accord, des investisseurs mauriciens ont perdu leurs investissements dans le secteur industriel. La protection des droits de propri\u00e9t\u00e9 est le premier principe du capitalisme, d\u2019o\u00f9 d\u00e9coule la confiance de l\u2019investisseur \u00e9tranger.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Quel r\u00f4le pour l\u2019Union Africaine ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Ce dernier n\u2019est pas int\u00e9ress\u00e9 de savoir ce que sera l\u2019Afrique dans vingt ans. Ce qui importe pour lui, c\u2019est comment il pourra y rentabiliser son investissement dans les cinq ans \u00e0 venir, en tenant compte des opportunit\u00e9s et des menaces qui pourront surgir. Nous ne disons pas qu\u2019il ne faut pas investir en Afrique. Nous disons qu\u2019il faut investir l\u00e0 o\u00f9 c\u2019est rentable, soit dans les pays africains qui permettent de rentabiliser les investissements. Ce faisant, les investisseurs \u00e9trangers contribuent indirectement \u00e0 la cr\u00e9ation de la richesse, de l\u2019emploi et du pouvoir d\u2019achat dans ces pays africains. Mais le d\u00e9veloppement direct du pays d\u00e9pend de la politique du gouvernement, des industriels locaux et de sa population.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">L\u2019UA a un plan, le Nouveau partenariat \u00e9conomique pour le d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique (NEPAD), qui s\u2019appuie sur un appel massif \u00e0 l\u2019investissement priv\u00e9 et \u00e0 l\u2019aide ext\u00e9rieure, en contrepartie d\u2019un engagement des gouvernements africains \u00e0 la bonne gouvernance. Si les dirigeants africains arrivent \u00e0 faire d\u2019un projet \u00e9conomique l\u2019instrument de l\u2019unit\u00e9 de l\u2019Afrique, ils auront fait un pas dans la bonne direction et pourront m\u00eame se targuer d\u2019une paradoxale victoire du credo marxiste du primat de l\u2019\u00e9conomie. Il y a cependant un hic : il est plus que vraisemblable que l\u2019ordre politique continuera \u00e0 pr\u00e9dominer sur l\u2019\u00e9conomique qui, de surcro\u00eet, n\u2019est pas encore un ordre marchand.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">On est d\u2019ailleurs amen\u00e9 \u00e0 comprendre que l\u2019Union africaine sera \u201cpolitico-\u00e9conomique\u201d. Mais on ne saisit pas en quoi elle serait ainsi fond\u00e9e sur le mod\u00e8le de l\u2019Union europ\u00e9enne. Voil\u00e0 une mani\u00e8re d\u2019emprunter un concept qu\u2019on d\u00e9nature ensuite pour le coller \u00e0 une entit\u00e9 diff\u00e9rente. D\u2019abord, l\u2019Union europ\u00e9enne n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 politico-\u00e9conomique, si l\u2019on entend par l\u00e0 l\u2019existence d\u2019une union politique au service de l\u2019\u00e9conomie. L\u2019UE n\u2019est encore qu\u2019une union \u00e9conomique et mon\u00e9taire par laquelle les Europ\u00e9ens cherchent \u00e0 b\u00e2tir une union politique. Faute de concr\u00e9tiser celle-ci, l\u2019Europe reste l\u2019apanage de l\u2019\u00e9conomie et continuera de se construire par l\u2019\u00e9conomie. Elle a commenc\u00e9 ainsi avec le trait\u00e9 de Rome de 1956, et encore qu\u2019elle ne soit devenue marchande que vingt-cinq ans plus tard lorsque s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 le grand march\u00e9. Et elle a pris plus de quarante ans pour accoucher aux forceps d\u2019une union \u00e9conomique et mon\u00e9taire.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Sortir du mod\u00e8le keyn\u00e9sien<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Au cours de la lente construction de l\u2019Union europ\u00e9enne, on a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la lib\u00e9ralisation des biens et services, puis \u00e0 celle des capitaux et enfin \u00e0 celle des personnes. En vrac, une union se fait par et dans la libert\u00e9. Mais qu\u2019entendons-nous du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Union africaine ? On parle d\u2019abord d\u2019investissement, f\u00fbt-il priv\u00e9, et d\u2019aide ext\u00e9rieure pour d\u00e9marrer le train du d\u00e9veloppement. Comme quoi l\u2019Afrique n\u2019est pas encore sortie de la rationalit\u00e9 de ces mod\u00e8les de croissance keyn\u00e9siens appliqu\u00e9s sans succ\u00e8s dans le pass\u00e9 par la Banque mondiale. M\u00eame s\u2019il ne lit pas Peter Bauer, quiconque survolant un peu la litt\u00e9rature \u00e9conomique apprendra qu\u2019il n\u2019existe pas de progr\u00e8s \u00e9conomique sans un environnement institutionnel propice \u00e0 la libert\u00e9 de l\u2019entreprise. A charge pour chaque gouvernement africain de commencer par le plus fondamental pour l\u2019investisseur : le respect des droits de propri\u00e9t\u00e9, qui implique le respect de l\u2019individu.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Valoriser l\u2019individu pour stimuler les capacit\u00e9s entrepreneuriales<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Ce n\u2019est pas aujourd\u2019hui que le continent africain abrite en abondance, plus que partout ailleurs, toutes sortes de mati\u00e8res premi\u00e8res et d\u2019\u00e9nergies, tels que le cacao, le cuivre, le diamant, l\u2019or, l\u2019uranium, le mangan\u00e8se, le phosphate, le gaz naturel et le p\u00e9trole. Si, malgr\u00e9 cela, l\u2019Afrique n\u2019a pas progress\u00e9, c\u2019est parce qu\u2019elle n\u2019a pas su valoriser l\u2019individu pour stimuler ses capacit\u00e9s entrepreneuriales, seules \u00e0 m\u00eame d\u2019apporter de la valeur ajout\u00e9e \u00e0 toutes ces richesses naturelles. En fait, il n\u2019y a de richesses que d\u2019hommes, l\u2019\u00e9conomiste Julian Simon nous rappelant que l\u2019homme est notre ultime ressource. L\u2019homme ne peut avancer que dans un cadre institutionnel qui lui assure la libert\u00e9 d\u2019utiliser ses connaissances personnelles dans la poursuite de ses fins propres. C\u2019est \u00e0 cette condition premi\u00e8re que l\u2019investissement priv\u00e9 affluera en C\u00f4te d\u2019Ivoire.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><em><strong>Eric Ng Ping Cheun est \u00e9conomiste et directeur de PluriConseil, une firme de services-conseil bas\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00eele Maurice et pouvant \u00eatre consult\u00e9e sur www.pluriconseil.com.<\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #008080;\"><em>* Published in print edition on 15 July 2011<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>By Eric Ng Ping Cheun<\/p>\n","protected":false},"author":100,"featured_media":6560,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[22],"tags":[3035,21737,21739,21738],"class_list":["post-1121","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-economy","tag-eric-ng-ping-cheun","tag-general-agreement-on-trade-and-tariffs","tag-peter-bauer","tag-ua"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/MT-Logokk.jpg?fit=1200%2C880&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8QzSF-i5","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1121","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/users\/100"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1121"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1121\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6560"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1121"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1121"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiustimes.com\/mt\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1121"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}