Préservation des récifs et des coraux : Pour un Savoir-Agir ensemble vers la modernité

L’année 2010 a été déclarée « Année de la diversité biologique » par l’Assemblée générale des Nations-Unies. Chaque pays, ayant ratifié la Convention sur la diversité biologique, est invité  à organiser des manifestations pour éveiller la conscience de sa population, d’une part, sur la richesse de la biodiversité sur la planète Terre, et d’autre part, sur  l’importance de sa protection pour les générations futures.

A Maurice, depuis les dernières élections, nous avons un ministère de l’Environnement et du Développement durable. Par conséquent, il est nécessaire que le nouveau ministre  se positionne – avec la société civile s’il croit en la démocratie participative  et s’il veut bien être un Listening Minister – afin que notre République se distingue sur le plan international tant par le nombre et la qualité  des actions organisées que par la quantité de personnes sensibilisées. Parons au plus urgent : parlons de la préservation des récifs coralliens en grand danger dans l’Océan Indien.

 

1.           Les récifs coralliens

 

Les récifs coralliens sont fabriqués par des organismes vivants tels que les polypes, les algues microscopiques et les mollusques.  Ceux-ci fixent du calcaire, formant ainsi d’immenses colonies. Les récifs coralliens ont une structure solide et durable car ils sont formés par la partie dure des squelettes d’organismes vivants, d’une grande résistance même après leur mort. Les récifs coralliens ont une topographie visible. Ils sont submergés au fond de la mer, solidement accrochés à des roches. Certains poussent et  sont visibles à la surface de l’océan.  Les récifs représentent une grande diversité géomorphologique.

          Récif frangeant : Etroit, bordant  la côte (les Antilles).

          Récif barrière : Séparé de la côte par un lagon, peut atteindre plusieurs dizaines de kilomètres de large (le Great Australian Barrier Reef, les New Caledonian reefs, longs de plus de 2,000 kms).

          Atoll : Récif annulaire de haute mer entourant un lagon central (atolls de l’océan Indien, des Tuamotu, des Maldives).

          Banc récifal : Edifice corallien construit en pleine mer sur un haut fond.

 

Les pays qui possèdent le plus de récifs coralliens sont l’Indonésie, l’Australie, les Philippines et la France (avec ses départements et territoires d’Outre-mer). Certains pays possèdent la plus grande diversité de récifs, entre 500 et 600 espèces de corail. Ce sont les Philippines, l’Indonésie, la Malaisie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

 

Certains écosystèmes sont  associés aux récifs coralliens et occupent environ le tiers des littoraux tropicaux peu profonds du monde : 15% pour les récifs coralliens, 9% pour les mangroves (systèmes biologiques très productifs, zones de reproduction et de nourricerie qui fixent les sédiments et les agents de protection des côtes contre les tempêtes et l’érosion côtière), 9% pour les herbiers (zones de nutrition, en particulier pour les espèces menacées -tortues marines, Dugong – et frayères qui stabilisent le sédiment et oxygènent les eaux). Les récifs coralliens permettent à une grande variété de plantes et d’animaux marins de vivre, en fait, un quart de toutes les espèces de poissons marins.

 

Les récifs coralliens sont extrêmement utiles dans l’écosystème de la planète Terre.

 

Effets physiques : Ils protègent efficacement les îles et les plages de l’impact des vagues de forte intensité tous les jours, mais aussi lors d’un cyclone, d’un tsunami ou d’un raz-de-marée. Par exemple, ils avaient agi comme des barrières naturelles et avaient protégé efficacement les côtes suite au tsunami de l’Océan Indien en 2004 (Union Internationale de Conservation de la Nature – UICN).

Effets chimiques : Les organismes vivants utilisent les nutriments sur les récifs et produisent aussi des déchets. Les récifs sont comparés au ‘‘rain forest” (Connell, 1978) : une productivité intense, une riche biodiversité, les éléments de base de l’écosystème. La vie aquatique est fascinante par sa biodiversité et une certaine esthétique se dégage dans ces lieux.

Effets socio-économiques – lndustrie de la pêche de proximité: Les récifs  représentent la seule source financière pour des milliers d’êtres humains sur la planète comme les habitants de nombreux villages côtiers car ils concentrent environ un tiers des espèces marines associées aux poissons (Newton et al., 2007) et 10% de la consommation totale de poisson par les humains (Pauly et al., 2002).

Industrie du tourisme vert : Les touristes raffolent de la visite des parcs marins protégés d’une riche biodiversité. Les pays soucieux de développer le tourisme culturel (comme la Nouvelle Zélande) font de la conservation de l’environnement marin une valeur suprême.

Effets culturels : Les jeunes scolarisés, notamment les îlois et ceux vivant en région côtière ailleurs,  visitent les zones protégées et les « pépinières pour coraux » dès un jeune âge et ils apprennent l’importance de la préservation de la vie marine. Ils développent un esprit critique en comparant la conservation terrestre et marine. Ils reproduisent les espèces de mémoire et pratiquent leurs talents artistiques.

 

2.           Récifs coralliens en danger

 

D’après le Ministère de l’Écologie et du Développement durable de la France, « 10% des récifs dans le monde sont déjà irrémédiablement condamnés, et 30% d’entre eux sont fortement menacés de disparition d’ici 30 ans si aucune action de protection n’est entreprise.  58% de l’ensemble des récifs seraient mis en danger par l’activité humaine. Plus de 80% des récifs du sud-est asiatique sont très menacés, principalement par le développement du littoral et les pressions liées à l’exploitation des ressources. En dehors du Pacifique, 70% des récifs sont soumis à une forte pression humaine. Les récifs du Pacifique sont les moins menacés. »

Plusieurs causes naturelles sont aussi à l’origine de cette situation catastrophique :  changements climatiques, réchauffement de la planète, hausse de température de l’eau de la mer, élévation du niveau de CO2 . Certaines variétés de coraux n’arrivent pas à survivre, d’autres souffrent de blanchiment. Avec le phénomène El Nino, de très nombreux récifs coralliens de l’Océan Indien ont disparu.

Les pressions exercées directement par l’homme  concernent la « surpêche » et l’utilisation de techniques inappropriées (en Indonésie, 82 % des récifs sont menacés par la pratique illégale de la pêche aux explosifs et au cyanure) ; les sédiments liés à la déforestation, l’agriculture intensive et l’urbanisation (rejets d’engrais, de produits chimiques, de substances toxiques dans la mer). Parmi les 660 zones coralliennes mondiales protégées, nombreuses sont celles qui sont endommagées ou détruites par la pollution de l’eau. Ainsi, certaines zones de l’Océan Indien ont perdu près de 90% de leurs récifs. Dans les Caraïbes, la plus grande partie des populations de corail a été détruite par des maladies.

D’autres pressions concernent la gestion globale des ressources : pauvreté croissante et démographie, manque de moyens de gestion, faible volonté politique, mauvaise gestion, corruption et gaspillage d’argent public. Le commerce international des coraux est en train d’augmenter comme source de revenues pour ceux vivant de la mer. A Maurice, plusieurs coquillages ont disparu de nos récifs mais les mêmes espèces sont importées et vendues localement. En France,  le corail importé est soumis à la Convention de Washington sur le commerce des espèces menacées d’extinction (CITES). Les coraux proviennent essentiellement d’Indonésie et, pour une moindre part, de Fidji. En 1999, 82 491 unités de corail (toutes espèces) avaient été importées en France. En 2000, ce chiffre s’élevait à 83,381 unités. Les quotas d’exportation établis en 2001 par l’Indonésie étaient de 896,000 unités de corail toutes espèces ; 950,000 unités de “substrat” et 450,000 kg de “roche vivante”. Fidji n’avait pas établi de quotas.

Par ailleurs, certaines industries du domaine médical (prothèses), cosmétique et pharmaceutique (substances actives prélevées sur de très nombreux organismes marins, comme les éponges, les ascidies…) exploitent les ressources marines sans aucun souci du lendemain. Prenons le cas du « bambara » à Rodrigues, par exemple.

La dégradation des récifs coralliens entraîne un appauvrissement de leurs propriétés biologiques et écologiques avec parfois des effets irréversibles. Plusieurs recherches scientifiques sur les récifs du monde entier et à Maurice démontrent qu’ils sont de plus en plus stressés et, donc, en grand danger. Pourtant de 1990 à 2000, le nombre des aires marines protégées (AMP) ou Marine Protected Areas (MPA) est passé de 6,931 à 28,442 ; soit un total de 803 millions d’hectares à 1115 millions d’hectares (World Resources Institute, 2005).

Des travaux de l’université d’Auckland (Nouvelle Zélande) démontrent que seulement 2% des récifs coralliens se situent dans des lieux qui répondent aux exigences de protection malgré la mise en place d’un réseau des AMP pour limiter l’impact des activités humaines. De plus, la dégradation est évidente dans les pays en voie de développement (Roberts et al., 2001). L’efficacité des mesures de gestion varie d’un pays à l’autre, mais elle est particulièrement faible pour des zones à forte diversité corallienne comme la région Indo-Pacifique ou les Caraïbes. En Australie, 69 % des récifs coralliens sont strictement préservés contre 7% dans le Pacifique central et l’Océan Indien ouest et seulement 2 % dans l’Océan Indien central (Laby, 2006).

Sur l’ensemble des récifs coralliens du monde, soit environ 527,000 km2, 5,3 % sont situés dans des réserves marines où la pêche est autorisée, 12 % dans des réserves polyvalentes acceptant la pêche, les activités récréatives et la recherche, et 1,4 % seulement dans des réserves strictes où tout prélèvement est interdit. De plus, sur les 1,6 % des récifs coralliens dans le monde théoriquement protégés contre toutes activités illicites, moins de 0,1 % sont réellement exempts de braconnage et d’autres formes d’exploitation. Ainsi, l’écosystème et les ressources marines autour des récifs coralliens sont en train de disparaître à une vitesse alarmante.  D’après les spécialistes, malgré les zones AMP, la biodiversité continue à être fortement menacée (Wittemyer et al., 2008) car les objectifs de conservation ne sont pas atteints (Parnell et al.,2005). Malheureusement, le capitalisme ne favorise pas cette approche et souvent les considérations politiques et les mitigation measures  des EIA reports sont défavorables à la pousse des coraux.

 

3. Solutions alternatives

 

La dégradation des récifs coralliens est telle qu’il faudrait trouver des solutions alternatives (Rinkevich, 2005). Plusieurs spécialistes comparent les coraux aux arbres et les nomment “forêts ombrophiles des océans”. Tout comme il existe des pépinières pour arbres, Rinkevich a developpé le concept de « jardins de coraux ».

Les chiffres de la FAO (2006) et du  WWW (2007) indiquent que la dégradation des ressources naturelles comme les forêts naturelles et semi-naturelles est alarmante : décroissance annuelle de 13-14 million ha  contre nouvelles plantes (sylviculture) : 2–3 millions ha/an. Quant à la dégradation des récifs coralliens, c’est de l’ordre de 2% par an, rythme plus rapide de la décroissance des forêts, sans aucune forme de compensation par l’introduction de coraux compensatoires, issus de « jardins de coraux ». Environ 4 millions ha de forêts de « mangroves » ont été perdus de manière irréversible entre 1980 et 1990 (2% par an).

Sur le plan mondial, plus de 140 million ha de forêts sont plantés, plusieurs étant de « fabrication humaine » : Grande Bretagne – 67.6%, Nouvelle Zélande – 22.3%, Chine – 15.9%, France -12.7% (Brockerhoff et al., 2008). Pour les mangroves, il faudrait en planter environ 150,000 ha par an (Bosire et al., 2008). Le même principe est applique aux coraux. D’après les spécialistes, des réserves d’une superficie inférieure à 1 ou 2 km2 (soit 40% des AMP) n’exercent pas une protection suffisante. Ainsi, les chercheurs préconisent une taille critique minimum de l’ordre de 10 km2, distante d’une quinzaine de kilomètres, les unes des autres. Les « jardins de coraux » ou les « nursery » servent à favoriser la croissance rapide des coraux qui sont ensuite transportés en pleine mer sur les lieux de reconstruction ou de réhabilitation.

Pour aider les récifs coralliens et, par ricochet, tout l’écosystème marin, il faudrait aussi que chaque pays respecte et implémente des mesures de gestion de l’environnement marin. Il ne suffit pas de déclarer le statut d’AMP à une zone mais l’implémentation initiale doit être suivie et continue dans le respect des lois générales existantes et des lois spécifiques sur les zones protégées. Les décideurs doivent être sensibilisés aux enjeux associés à ce genre de projet dans le moyen terme et le long terme (nature de l’écosystème, taille et lieu du lieu à protéger, objectifs visés, connaissances préalables et autres savoirs requis, équilibre entre les réalités socio-économiques et le développement durable, opinions de la société civile et des pêcheurs, application des lois, implémentation des instruments de réhabilitation et de restauration des zones marines).

Plusieurs pays, connaissant le stress de la mer mais vivant toujours du tourisme, ont déjà arrêté les essais inutiles comme ceux menés à Flic en Flac à Maurice car cela ne marche pas – la mer n’arrive plus à se régénérer seule ; (sur un an, une pousse de corail en pleine mer grandit d’un cm mais devient un arbre avec plusieurs branches dans un « nursery »). Eilat – Red Sea, Phuket Island – Thaïlande, Singapore, Bolinao -Philippines, Tanzanie – Zanzibar, Mafia Island, Jamaïque, tous se sont déjà tournés vers la pratique des « jardins de coraux ». Les résultats sont concluants et nettement meilleurs que les pratiques d’antan. Toutefois, cette technique de « jardin des coraux » propose seulement de maintenir un certain équilibre et de ralentir le moment de la destruction totale de l’environnement.

  

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Visite au parc marin de Blue Bay

 

Voici un constat d’une visite des lieux le dimanche le 16 mai 2010.

1/ Dans des pans entiers du parc, les coraux sont  morts – c’est un désert de sable ou un cimetière de branches de coraux morts qui accueillent le visiteur. Les vagues du tsunami qui avait frappé  nos rivages en sont partiellement responsables.

2/ Dans plusieurs coins (notamment en face des hôtels, la dégradation des coraux a démarré. Le  blanchiment des coraux est  bien visible, surtout sur plusieurs « corail-plateau ».

3/ Il semblerait que certains nutriments ou détritus (eaux usées ? ruissellements d’engrais, riches en éléments nutritifs provenant de la terre ou des îles du coin ?) se soient posés sur une partie des coraux et favorisent leur mort lente mais certaine.

4/ La présence humaine sur les lieux n’est pas contrôlé car certaines espèces de coraux (le corail champignon) sont sens dessus-dessous. Donc, des plongeurs ont touché, cassé et jeté les coraux sur les lieux pendant une plongée sous-marine.

5/ Les systèmes employés pour l’arrêt des bateaux pendant les visites  touristiques ne sont pas toujours adaptés. Par exemple, l’ancre du bateau touche et brise la pointe de certains coraux qui arrêtent immédiatement de pousser. (Tout prélèvement ou toute cassure, même d’apparence bénigne, peuvent annuler des centaines d’années de constitution d’un récif.)

6/ Le nombre de poissons présents ne correspond pas au nombre attendu. Quoi d’étonnant car un pêcheur, debout juste en face du bâtiment des Coast Guard était en train de tirer son filet de pêche à 15H30. Les Coast Guard n’étaient pas là et les policiers à la station de police de Blue Bay jouaient aux dominos à l’intérieur de leurs locaux ! Evidemment, les filets abîment la pointe de certains coraux qui ne repoussent plus.

7/ La présence d’une jetée juste en face du parc marin est dangereuse pour l’écosystème. Le mouvement du sable est modifié et plusieurs coraux en sont déjà recouverts.

 

Propositions au nouveau ministre de l’environnement

 

1/ Mettre en place un projet pour la restauration des coraux dans l’aire marine protégée (AMP) de Blue Bay.  Selon le spécialiste Rinkevich de l’Israel Oceanographic and Limnological Research, National Institute of Oceanography, si nous ne commençons pas un tel projet – maintenant – sur les lieux, il n’y aura plus rien à voir dans deux ans : le parc marin mourra de sa belle mort !

2/ Démarrer un renforcement de nos récifs afin de les consolider  comme des fortifications naturelles contre les vagues des tsunamis avec le projet « nursery » ou  « jardin de coraux » (tout près du parc marin de Blue Bay).

3/ Construire un projet éducatif  et travailler en collaboration avec le Ministère de la Jeunesse et des Sports, le Ministère des Arts et de la Culture pour démarrer l’éducation de la masse à la protection de nos ressources naturelles marines sur le site de Blue Bay, ensuite sur d’autres plages Les radios et la MBC devront contribuer massivement à la dissémination des informations.

4/ Former le personnel du ministère de l’Environnement, les Coast Guards, les tourist guides, les policiers des régions côtières, les pêcheurs afin d’expliquer l’importance des AMP pour  l’écosystème marin à Maurice (parce qu’il faudra faire plusieurs « jardins de coraux »).

5/ Développer des métiers alternatifs comme la rémunérer d’un certain nombre de pêcheurs pour maintenir la garde de chaque AMP.

6/ La loi à propos de la protection des plages comme lieu public sans construction aucune devrait être renforcée mais surtout implémentée avec une forte amende (minimum un million de roupies). Les groupes hôteliers doivent être sévèrement sanctionnés en cas d’entorse aux lois du pays.

 

Sources 

 

Bosire, J.O., Dahdouh-Guebas, F., Walton, M., Crona, B.I., Lewis, R.R., Field, C., Kairo, J.G., Koedam, N., 2008. Functionality of restored mangroves: a review. Aquatic Botany 89, 251–259.

Brockerhoff, E.G., Jactel, H., Parrotta, J.A., Quine, C.P., Sayer, J., 2008. Plantation forests and biodiversity: oxymoron or opportunity? Biodiversity and Conservation 17, 925–951.

Connell, J.H., 1978. Diversity in tropical rain forests and coral reefs. Science 199 (21),1302–1310

Coral Reef Bleaching: Silent Sentinels (transcription de l’émission “Earthbeat” du 15 mai 1999 – Radio National, Australian Broadcasting Corporation)

FAO. 2006. Global Forest Resources Assessment 2005 – Progress towards sustainable forest management. FAO Forestry Paper 147, Food and Agriculture Organization of the United Nations, Rome, Italy.

Laby, F., La protection des récifs coralliens est inégale à l’échelle mondiale Nature/Ecologie – Actu-Environnement.com – 25/08/2006. http://www.actuenvironnement.com/ae/news/1893.php4

Ministère de l’écologie et du développement durable, France. http://www.developpement-durable.gouv.fr/actua/segur/recifcorallien/seguricri2.htm

Newton, K., Cote, I.M., Pilling, G.M., Jennings, S., Dulvy, N.K., 2007. Current and future sustainability of island coral reef fisheries. Current Biology 17, 655–658.

Parnell, P.E., Lennert-Cody, C.E., Geelen, L., Stanley, L.D., Dayton, P.K., 2005.Effectiveness of a small marine reserve in southern California. Marine Ecology. Progress Series 296, 39–52.

Pauly, D., Christensen, V., Guenette, S., Pitcher, T.J., Sumaila, U.R., Walters, C.J., Watson, R., Zeller, D., 2002. Towards sustainability in world fisheries. Nature 418, 689–695.

Rinkevich, B., 2005 Conservation of coral reefs through active restoration measures: recent approaches and last decade progress. Environmental Science and Technology 39, 4333–4342.

Rinkevich, B., 2008 Management of coral reefs: We have gone wrong when neglecting active reef restoration. Marine Pollution Bulletin  56, 1821–1824

Roberts, C.M., Bohnsack, J.A., Gell, F., Hawkins, J.P., Goodridge, R., 2001. Effects of marine reserves on adjacent fisheries. Science 294, 1920–1923.

Shafir, S., Rinkevich, B., 2008. The underwater silviculture approach for reef restoration: an emergent aquaculture theme. In: Schwartz, S.H. (Ed.), Aquaculture Research Trends. Nova Science Publications, New York, pp. 279–295.

Wittemyer, G., Elsen, P., Bean, W.T., Coleman, A., Burton, O., Brashares, J.S., 2008. Accelerated human population growth at protected area edges. Science 321, 123–126.

World Resources Institute. 2005. Earth trends data tables: Biodiversity and protected areas. http://earthtrends.wri.org/pdf_library/data_tables/bio1_2003.pdf.

WWW. 2007. http://www.safnet.org/aboutforestry/world.cfm – Foresters, S.o.A.2007. Facts on forests around the world. Society of American Foresters.

 


* Published in print edition on 21 May 2010

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