Mouvement anti-corruption en Inde : AAP se met au travail

Contre tous les détracteurs qui disaient que l’Aam Aadmi Party (AAP) a pris le pouvoir pour le «maja karo » habituel, les nouveaux élus de Delhi sont en train d’agir contre la corruption, les corrompus de l’establishment et du système en général.

Loin de s’occuper des commentaires négatifs, les membres de l’AAP continuent de réunir plusieurs hommes et femmes pour réaliser le « Lal Bahadur Shastri  dream ». Ils suivent un principe défini par le Swami Vivekananda : « Take up one idea. Make that one idea your life – think of it, dream of it, live on that idea. Let the brain, muscles, nerves, every part of your body, be full of that idea, and just leave every other idea alone. This is the way to success. » L’AAP continue de donner des informations régulièrement à propos de ses activités sur ses différents sites électroniques car un parti, financé par le peuple, doit rendre des comptes au peuple qui le soutient.

Financements de l’AAP

Apres avoir épuisé tous les moyens légaux et non-violents possibles, le mouvement anti-corruption a compris qu’il est impossible de pousser un gouvernement en place à voter pour une loi anti-corruption qui mettrait n’importe qui en prison, même un homme ou une femme politique,  s’il s’avère que cette personne a mal utilisé le pouvoir pour arriver à ses fins.

Suite aux mouvements de protestations qui ont démarré publiquement à Delhi, le mouvement social – The Janlokpal Movement – s’est étendu. Constitué de membres de tous âges : étudiants, fermiers, groupes œuvrant pour les droits civiques, associations, activistes sociaux, groupement de femmes et de jeunes, le mouvement social continue de gagner du terrain sur Facebook, Twitter, et les réseaux sociaux utilisant les nouvelles technologies. Nous pouvons lire ce message sur le site du parti :

“What a day this has been for democracy! The people have shown that politics of truth, transparency & integrity is the need of the hour. The common man can contest an election on a small budget, clean money and win! No dream is too big, all it needs is belief and conviction. None of this would have been possible without your support & hard work. Millions of you, from India and across the world played your role in making this happen. From donations to manifesto building, from ground campaign to back office management, from voting to calling up people asking them to vote, each of you is responsible for this victory. This is your victory. Thank you! We will play the role of a constructive opposition in Delhi, as instructed by the people.” [http://www.aamaadmiparty.org/page/why-are-we-entering-politics].

Il y a les vétérans comme Anna Hazare et des intellectuels comme le Prix Nobel Amartya Sen qui suivent de près l’évolution de l’AAP. Et puis, il y a aussi le soutien de la masse d’anonymes de l’Inde et de la diaspora indienne,  et aussi des citoyens ordinaires du monde entier qui sont engagés dans la lutte anti-corruption.

“The time for peaceful fasts and protests is gone. This is the time for action. Since most political parties are corrupt, greedy and thick skinned, it’s time to bring political power back into the people’s hands. We are not saying that every single politician is corrupt and greedy. There are many good intentioned people in politics today who want to work honestly for the people of India. But the current system of polity does not allow honest politicians to function. We are also not claiming that every single person who joins our party will be hundred percent honest. We are saying that it is the system that has become very corrupt and needs to be changed immediately. Our aim in entering politics is not to come to power; we have entered politics to change the current corrupt and self-serving system of politics forever. So that no matter who comes to power in the future, the system is strong enough to withstand corruption at any level of governance.” [http://www.aamaadmiparty.org/page/why-are-we-entering-politics].

L’union fait la force : la lutte contre la corruption a besoin du soutien de tous ses membres dans le monde entier. C’est le combat des justes. Mais il faut aussi un minimum d’argent. La logique est simple. Les partis politiques traditionnels sont financés par des consortiums et autres financeurs-capitalistes privés. Ensuite, après les élections, les élus leur sont redevables et doivent accepter tout ce qu’ils réclament comme avantages, la plupart du temps au détriment des citoyens ordinaires. Par conséquent, si les financements proviennent du peuple, dit Arvind Kejriwal, alors l’AAP ne sera redevable qu’envers le peuple…

En moins de 48 heures, l’AAP a reçu plus de 50 lakhs pour préparer les élections de 2014. Les relevés démontrent que les habitants de Delhi ont contribué à hauteur de 20% (Rs 4.5 crore),  les NRIs ont apporté une aide financière pour 30% (Rs 6.7 crore), et la somme restante provient de l’ensemble de l’Inde. Le parti suit strictement les lois. “To Donate, Donor shall be an Indian citizen either living in India or abroad (NRIs with Valid Indian passport). (Only, people who hold Indian Citizenship can donate as per Indian law).” Le parti affiche la transparence totale sur ses comptes.

Top Six Donor Countries(in Rs.)

INDIA

38,650,738.00

43,252,123.00

UNITED STATES

4,506,402.00

4,876,847.00

UNITED ARAB EMIRATES

1,542,020.00

1,913,410.00

UNITED KINGDOM

1,110,741.00

1,176,654.00

SINGAPORE

1,110,584.00

1,341,904.00

CANADA

454,675.00

505,205.00

This data is as on 

07 Jan 2014 23:56:22

12 Jan 2014 16:15:47

Source: http://www.aamaadmiparty.org/donation-list

Tâches difficiles mais pas insurmontables pour l’AAP

L’AAP doit développer de nouvelles stratégies. (1) Il s’agit de tackle the basic issues. Il faut réduire le tarif d’électricité de 50% et procurer une quantité suffisante d’eau gratuitement à chaque famille habitant de Delhi. (2) Il faut proposer une politique nationale qui ne tienne pas compte de la religion, des castes et des ethnies mais des compétences individuelles. L’accès à l’éducation est primordial : il faut construire plus d’écoles et de routes. (3) Il faut maintenir un contact permanent entre ceux qui sont au gouvernement, les leaders du parti sur le terrain et le peuple indien afin que la démocratie participative ne soit pas une illusion.

Certains pensent que l’AAP n’y arrivera pas parce que ce concept est trop éloigné des réalités indiennes… C’est une manière de décourager ceux qui veulent se battre pour apporter le changement tant attendu dans le pays. Donner la parole aux citoyens qui sont pacifiques et qui souhaitent seulement que leur pays partage mieux les richesses… Certainement, cet objectif ne peut que soulever la désapprobation des corrompus – une épine difficile à enlever de l’establishment et du système politique de manière générale, dans n’importe quel pays – développé ou en voie de développement… Par conséquent, les brigades anti-corruption doivent rester soudées, pour le meilleur et pour le pire.

Comment faire pour traquer l’ensemble des corrompus – ils sont partout ? Ils sont si hypocrites qu’ils peuvent intégrer l’AAP pour tenter d’en corrompre les membres ? La bonne gouvernance et la transparence dans tous les actes attirent la foudre des lobbys et des mafias mais aussi des corrompus du système. Ces gens-là sont l’incarnation de la fourberie, de l’hypocrisie, du mensonge, bref de plusieurs péchés.  Leurs stratégies pour contrer le peuple sont habituellement diaboliques et horribles…  L’AAP se pose beaucoup de questions, trouve des réponses et se tourne vers les actions concrètes. Ainsi,  sur son site, il y a une rubrique nommée  « Pol Khol » (Exposition des cas de corruption) [Voir http://www.aamaadmiparty.org/page/PolKhol]. Le parti a aussi une rubrique « Live TV » où l’on peut visionner toutes les prestations des élus [Voir http://www.youtube.com/liveaap].

L’Inde, multilingue et multiculturelle, doit rester non seulement le modèle de la plus grande démocratie, imbue de tolérance et de respect pour tous les citoyens nonobstant l’identité personnelle et ethnique de chacun, mais il s’agit – aujourd’hui – de redéfinir les contours de ce que chaque citoyen comprend par le terme « être un citoyen de la République de l’Inde, indépendant depuis 1948 ».


* Published in print edition on 24 January 2014

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