Pandit Atmaram, premier ambassadeur culturel, politique…

Dans le cadre de la célébration de l’arrivée de Pandit Atmaram à Maurice en 1912 magazine et livres glorifient sa mémoire. C’était un homme d’une grande lucidité et d’un observateur aigu de la société coloniale. Pandit Atmaram n’était pas seulement un ambassadeur culturel, politique succédant à Manilal Doctor mais un anthropologue, un moraliste.

History of Mauritius et Hindu Mauritius sont des témoins d’une époque de mutations dans la société. C’est l’histoire d’une communauté, c’est l’anthropologie avec les modes de vie, l’attachement aux coutumes indiennes, les temples comme Draupadi Ammen de Terre Rouge, Shiwala de Triolet ou Pooja Ghar Sadgoo Sangam. Dans le chapitre 19 – pages 114 à 118 – l’auteur met l’accent sur « the new era for the community ». C’est Manilal Doctor qui encourage à écrire, à voice out one’s views dans le journal Hindustani.

Pandit Atamaram rappelle comment les articles “on patriotism, progress of the community, duties for the Indians, their present condition, their ways to march towards progress, their religion and politics, went on guiding the Indian people in the country.” Il montre l’importance de l’éducation et de l’égalité des chances. Apprendre les Vedas, les traditions, les légendes est bien mais apprendre aussi les langues – Hindi, English, French — est un plus pour le progrès.

Pandit Atmaram indique que l’homme éduqué doit être avant tout un guide: “If we want to develop our nation, if we want to save our community, we must educate our womenfolk and engage them in the activities of nation building.” Manilal Doctor envoyé par Mahatma Gandhi est le moteur qui fait démarrer le mouvement de l’Arya Samaj avec l’aide des garde-prisons punjabis.

Pandit Atmaram ne rappelle pas seulement des dates historiques, des noms de gouverneurs comme Mahé de Labourdonnais, De Souillac, Sir Robert Farquhar, ne donne pas seulement une esquisse de ‘Mauritian leaders in the Indo-Mauritian community’ comme Sri R. Canabady, Seth Ibrahim Bahemia, Sri Dhunputh Lallah ou Sri Hurryparsad Seewoodharry Bhugut mais il ajoute des anecdotes, des légendes sur Pari Talao, sur la princesse malgache Beti, sur l’accident du train à Pailles ou encore l’attaque contre Dr Laurent. On découvre la société coloniale avec ses problèmes, ses souffrances, ses coutumes et ses luttes jusqu’aux années où des mouvements (Arya Samaj, Young Men Hindu Association à Port Louis, Hindi Pracharini Sabha à Montagne Longue) voient le jour.

C’est Arya Samaj avec son premier journal Arya Patrika et en 1909 The Hindustani et aussi un adviser en la personne de Manilal Doctor qui donnent un souffle nouveau à la communauté indienne. Il ne fallait plus se croiser les bras mais bouger avec de nouvelles méthodes de travail.

Pandit Atmaram raconte comment se passent les prêches, comment les petites réunions se déroulent et comment des collectes s’organisent avec aussi la participation des shrimatis comme Bagyhawati Devi, Sita Devi et de Miss Narayan Diljor « who was the first Senior Cambridge passed lady ». D’autres grandes figures de l’Arya Samaj au 20e siècle émergent pour consolider le travail ; citons Pandit Gayasingh, Pandit C.Kistoe, G. Chuttur, Dr J. Seegobin, les frères Bissoondoyal, M.Mohit, B.Ramlallah, les frères Boolell, Callichurn, etc.

Les livres ont une valeur documentaire sur une époque qui est une lanterne pour les générations de nos jours. Comprendre l’importance de leadership, les skills pour convaincre, les combats et les difficultés, l’égalité des chances est plus qu’une nécessité et tout cela ne s’acquiert pas en un jour.


* Published in print edition on 10 May 2013

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