La politique pas en odeur de sainteté !

Belle Rose-Quatre Bornes provoque du remue-ménage. Les leaders sont en passe de mettre de l’ordre dans leur parti. A chacun de songer à la bonne stratégie dans le but de faire bonne figure lors des partielles. Beaucoup de questions se posent dans les quartiers: Pour quand cette élection ? Qui conviendra le mieux dans cette circonscription ? Est-ce un homme ou une femme, un senior ou un jeune ? Combien de billets de banque circuleront dans les bases et autres lieux et surtout accentuer l’importance de la croix ? Comment convaincre chaque communauté ou groupe ethnique de voter pour un candidat indépendamment de son appartenance religieuse, sociale ou politique ? Comment remettre sur les rails les projets qui puissent satisfaire ? Arrive-t-on à un bon calcul ? A qui le no 18 passera le flambeau (du progrès, du bien-être de la ville des fleurs)? Les spéculations vont bon train.

Le lendemain de l’inauguration de la foire de Quatre Bornes, on a pu recueillir des commentaires sans vraiment donner l’impression de procéder à un sondage scientifique ; d’autant qu’il y avait, faut-il l’admettre, foule en plein centre de la ville. C’est la veille de la fête d’Eid, le déballage de nouvelles modes, les prix au rabais. C’est aussi la curiosité et l’envie de voir les nouveaux étals et de comprendre le feeling des gens.

  1. Les marchands qui ont eu leurs étals, les numéros bien affichés sont contents, pour la majorité. L’un qui jouit d’un bon statut dans son syndicat dit- mo pas ti croire pou faire la foire, depuis longtemps pe roule nou. Nu satisfaits et vaut mieux pena election. Laisse ça rouler coume ça.
  2. Les acheteurs –pour la plupart des adultes — se sentent plus à l’aise. Ils peuvent circuler sans se faire bousculer. Une partielle, bof ! « C’est le cadet de mes soucis. Peut-être bien que je n’irai pas voter ! » lance un homme. D’autres renchérissent sur des critiques entendues: Qui en tire les vrais bénéfices ? Pas les classes moyennes ! On lutte comme on peut. Démission ou non, cela ne change pas grand-chose à part tam-tam !
  3. Des retraités sont à peine concernés et s’amusent de ce qu’on raconte sur le député démissionnaire du no.18. Belle époque de la Ville des Fleurs, non rien de rien ne reviendra comme avant ! Ils avancent avec leur tente raphia ou petit panier sans vouloir vraiment émettre le moindre commentaire. Sauf pour un qui dit que les votes seront bien divisés et qu’un ancien en politique ne devrait pas s’aventurer sur un terrain glissant.
  4. Les jeunes ont une nouvelle culture. Il faut aller les trouver dans leur coin de prédilection- café, fast-food, tabagie- pour les écouter. Dans les parages d’Intermart, selon les dires, ils aiment encore le député démissionnaire. Les raisons : 1. Il organise ses réunions dans des lieux comme Bagatelle que les jeunes adorent. 2. Il a l’audace de critiquer le régime en place.
    Il a la parole facile. Un phénomène du renouveau s’annonce pour éviter de faire régner en maîtres les politiciens traditionnels, les grands propriétaires et hommes d’affaires richissimes et ceux qui détiennent des fortunes depuis des années et des années.
  5. Dans les résidences St Jean, Kennedy, ou Beau Séjour, c’est l’homme à abattre et qu’on ne veut plus revoir. Malheur aux révolutionnaires ! Tradition oblige. Ces résidents ont leur propre image de leader.

 

A en croire les observateurs politiques dans les différents journaux- L’express, Week End, Mauritius Times, Défi plus– les leaders en place autour de qui se rassemblent les fidèles n’ont plus rien à envier. Au-delà de leur charisme – quoiqu’on en pense – il y a bien autre chose : l’argument majeur se résume dans l’affirmation de Herbert E. Alexander « People, not dollars, vote. But money helps to shape both voter behaviour and governmental decisions ».

Effectivement on constate que les campagnes électorales sont devenues mercenaires. Le travail gratuit ne paie pas. Il semble evident que:« with rising campaign costs and no caps on spending or contributions, money has become an ever more important political commodity ». Pamela Paxton/Melanie m. Hugues (‘Women, politics and Power’).

Les informal networks peuvent jouer un rôle majeur dans l’obtention d’un ticket et l’ascension vers le pouvoir. A Maurice, toutes sortes de sectes et de réseaux – inutile de les nommer car les moins éduqués arrivent à les nommer — sont en place pour balancer des noms et propulser un candidat. Mais le candidat potentiel doit avoir tout le support du parti politique. C’est le parti qui avalise, qui finalise. Gallagher and Marsh ajoutent :« In most countries, candidate selection is not open for public inspection and participation. Instead, candidate selection is the purview of a small set of party elites ».

C’est que tous les partis du pays doivent prendre en considération les quartiers et leurs votants. Au no.18 il y a les intellectuels, les businessmen, les commerçants, les femmes et jeunes bien éduqués, et capables de déterminer l’importance d’un vote, les groupements ethniques des quartiers, les votants plus ou moins exclus des prises de décision et qui ont le profil de suiveurs.

Un autre argument est le style proposé : proactive et se sentir concerné par les problèmes et les attentes des Quatre Bornais. Ils sont exigeants sur la propreté, la sécurité, la modernisation de la ville sans qu’on dérange leur pattern of life. Nouveau bazar : une pièce maîtresse concernant cette attente. Un proverbe tadjik en Afghanistan dit : Nos œuvres sont nos compagnons de route.

Les œuvres dans un passé lointain et proche sont nombreuses : éducation gratuite, transport gratuit, reconnaissance de notre patrimoine politico-culturel,etc. Tant qu’on fait un travail et qu’on l’achève – l’aéroport Sir Seewoosagur Ramgoolam (véritable joyau dans l’océan Indien) — les votants ne l’oublient pas. Les votants, dans un démocratie, n’en sont pas moins des compagnons qu’il faut tenir en estime.

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