Jean-Baptiste Placca

Chronique de Jean-Baptiste Placca

 

Profond respect au peuple sénégalais !

 

Il est des devoirs sacrés qu’il faut savoir assumer sans attendre de se les voir rappeler. Et sans attendre d’être félicité en retour. Mais, à force de voir les défaillances succéder aux défections, l’Afrique en est à s’émerveiller devant les responsables qui remplissent leurs devoirs, les leaders qui respectent leurs engagements.

 

 

Tel chef d’Etat quitte-t-il le pouvoir après deux mandats, simplement parce que la loi fondamentale ne l’autorise pas à en briguer un troisième ? Il devient aussitôt un héros continental, magnifié comme tel. Dans cette Afrique déboussolée, où les dirigeants n’en finissent pas de violer leurs serments et les Constitutions, se comporter comme il faut est devenu un exploit.

 

Abdoulaye Wade vient d’accueillir quelque 160 jeunes Haïtiens, à qui il a accordé des bourses pour poursuivre, pendant les trois prochaines années, leurs études au Sénégal, sur cette terre africaine à laquelle ont été arrachés leurs aïeux. Un geste généreux vis-à-vis de la jeunesse d’Haïti et du peuple de ce morceau d’Afrique, en souffrance dans les Caraïbes.

 

Savoir donner, même quand on n’a que très peu 

 

Beau geste ! Même si cela peut sembler n’être qu’une petite goutte d’eau, au regard des besoins monumentaux engendrés par le tremblement de terre survenu en janvier 2010, en Haïti, où nombre d’établissements scolaires et universitaires se sont effondrés, où plusieurs centaines d’enseignants ont péri durant le séisme.

L’acte que vient de poser Maître Wade, au moins une quarantaine de ses homologues du continent auraient pu, auraient dû l’accomplir. Pour chacun de ces jeunes Haïtiens, cette promesse tenue du chef de l’Etat sénégalais est une lueur d’espoir, dans une vie trop souvent assombrie par des calamités sans fin.

Visiblement, le peuple sénégalais aussi adhère à la démarche présidentielle. Y compris l’opposition qui, à défaut d’applaudir, fait silence. C’est d’autant plus admirable que le Sénégal n’est pas vraiment un pays nanti. Mais l’extrême élégance n’est-elle pas, justement, de savoir donner, même quand on n’a que très peu ?

Au-delà de la personne de son président, c’est sur le Sénégal tout entier que rejaillit le prestige de ce geste que l’Histoire retiendra comme une leçon à tous ceux qui chantent le panafricanisme, mais ne se contentent que de le chanter. Respect à Maître Wade. Profond respect au peuple sénégalais !

 

Jean-Baptiste Placca
MFI

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