J.Bizlall

Un 12 mars sans souffle

 

Je pense personnellement que le 12 mars, c’est autant le 12 mars 1992 que le 12 mars 1968. Je regrette que depuis, nous ne soyons pas passés à la deuxième République par l’adoption d’une deuxième Constitution.

 

 

 

Maurice a vécu, en quelque sorte, la société républicaine pendant les dix ans de la révolution française. On sait ce qui s’est passé en France et ailleurs depuis. Il faut bien accepter que la Cconstitution de 1967 ne soit pas celle d’une République moderne et que de toutes les façons — en termes de la liberté individuelle, des libertés collectives, des droits, de la démocratie, des institutions, des lois organiques — notre Constitution est dépassée. Nous avons à nous mettre en diapason avec les avancées de la civilisation, de notre culture et de l’opinion commune. Cela dans l’intérêt général.

Ramgoolam recherche le pouvoir dit de trois-quarts. Il veut donc apporter des changements majeurs à notre Constitution sans passer par une assemblée constituante et l’adoption de la nouvelle Constitution par voie référendaire. Il veut, je crois, adopter le régime présidentiel à la française avec un président qui décide sans être responsable devant l’instance législative. C’est Sarkozy qui a fait du ramgoolamisme en ouvrant les bras aux hommes et aux femmes à l’origine de gauche et c’est Ramgoolam qui veut faire du sarkozisme en souhaitant nommer un Premier ministre sans pouvoir de décision bien que responsable vis-à-vis de l’Assemblée nationale.

Ramgoolam n’a aucun esprit créateur et novateur. Son père en avait. La culture n’est malheureusement pas transmissible génétiquement sur deux générations. Pour tout le respect que j’ai pour Lamarck. Je ne crois pas non plus que S. Ramgoolam soit le père de la nation. Mais le fils y croit. Comme nous sommes en système oligarchique, il s’appuie sur l’hérédité et sur l’héritage de droit sans responsabilité de faire avancer les choses. Il recule dangereusement sur certains plans surtout sur la question de la peine capitale.

Pour ce 12 mars 2010, on va commémorer le dix-huitième anniversaire de la République aux arcades de Rose Hill (ex-MCL) pour une réflexion sur la République. Le point essentiel de ma participation à ce débat est justement d’enlever les concepts de l’hérédité et de l’héritage dans le cadre de la propriété privée sociale, de la gestion des affaires politiques, et de nos institutions et en même temps de voir au-delà du bureaucratisme.

 

 

Jack Bizlall
Membre du Mouvement Premier Mai

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