« Nous sommes clairement à la fin d’une époque…

Interview : Lindsay Rivière, Editorialiste

… Peut-être que Ramgoolam et Berenger ont décidé qu’il vaut mieux collaborer pour survivre »
« Le PTr et le MMM devront jeter tout leur poids dans la bataille pour faire élire tous leurs candidats. Autrement, tout pourrait s’écrouler »
« Bérenger a bientôt 70 ans, Ramgoolam le rejoindra rapidement. Une certaine fatigue s’installe. Les frustrations des deux hommes s’accumulent »
« Après le tsunami de désapprobation des six derniers mois, le MMM pourrait-il aller seul en 2015 ? Bénéficierait-il du ‘Protest Vote’ anti-gouvernement alors qu’il a lui-même négocié une alliance avec ce gouvernement ? »

Les tractations entre le PTr et le MMM sont encore une fois au centre des discussions politiques cette semaine. Une chose est sûre : il est difficile de prévoir l’avenir de la saga Bérenger-Ramgoolam tout comme il est impossible, à ce stade, de prévoir les réactions des partisans de chaque parti. En attendant le prochain volet de cette épopée rocambolesque, nous avons invité notre confrère, Lindsay Rivière, à commenter une énième épisode de la rencontre des deux leaders cette semaine.

Mauritius Times : Après d’interminables tractations « on/off » autour d’une éventuelle alliance entre le Parti Travailliste et le MMM, voilà que tout cela débouche sur un « accord historique » selon les termes utilisés par Paul Bérenger et qui, selon Navin Ramgoolam, inaugure « un grand jour pour le rassemblement des Mauriciens ». Trop beau pour être vrai ?

Lindsay Rivière : Le projet d’accord appelé à être entériné ce vendredi par les deux partis est certes inédit et, à certains points de vue, « historique». Contrairement à 1995, il prévoit, en effet, une parité totale entre le MMM et le PTr au Parlement et au Cabinet, de même qu’un prime ministership entier (5 ans) à Bérenger.

Mais plus fondamentalement, s’il est suivi à la lettre, l’accord PTr-MMM ferait passer le pays d’un régime parlementaire en place depuis des décennies à une deuxième République, un régime présidentiel semi-exécutif, une grande réforme électorale, l’élection populaire du Président et un partage de pouvoirs très élaboré entre le Président et le Premier ministre. Ceci va créer deux centres de pouvoir réels et obliger à une cohabitation délicate entre rivaux traditionnels. C’est beaucoup de changements à digérer en même temps par le pays.

Cet accord n’a été conclu que «in extremis» et seulement parce que Navin Ramgoolam n’a pas trop insisté, semble-t-il, sur ses trois dernières requêtes.

Une grande méfiance et un grand scepticisme caractérisent cet accord. Le MMM joue très gros en termes de crédibilité publique et clairement craint un coup fourré de Ramgoolam. L’électorat travailliste, lui, semble mal à l’aise avec l’idée que Bérenger serait Premier ministre pendant 5 ans, avec un mandat pour «nettoyer ». Nettoyer qui et quoi? Le PTr a été au pouvoir pendant 15 des 20 dernières années.

Par ailleurs, dans le psychisme populaire travailliste, le centre de décision a toujours été le Prime Minister’s Office. Il faut donc prévoir que la très forte pression qui s’est abattue sur Bérenger depuis six mois (« Que faites-vous donc ? Pourquoi lancer une bouée de sauvetage à un gouvernement qui se noie ? ») va maintenant se déplacer vers Ramgoolam, venant de son électorat (« Pourquoi donner autant de sièges et de pouvoirs à Bérenger ? »).

Il y a encore beaucoup d’informations à communiquer, un gros travail d’explication à faire, car la question essentielle sera non pas de convaincre les appareils et instances des deux partis (ce qui ne fera pas problème) mais de convaincre l’électorat qui aura le dernier mot et qui ne se laisse plus mener comme un troupeau de moutons à Maurice. Et ça, ce n’est pas gagné d’avance ! Il y a beaucoup de réserve populaire face à cet accord.

* La conclusion de cet accord PTr-MMM butait jusqu’à lundi dernier sur quelques points litigieux dont la mise en place d’un panel d’experts internationaux et locaux pour revoir l’équilibre des pouvoirs entre le Président de la République et ceux du Premier ministre dans le cadre d’une Deuxième République, le rôle de ces derniers par rapport à la diplomatie, etc. Mais voilà qu’il paraît que tous les obstacles ont pu être aplanis en l’espace de quelques heures. Faut-il, toutefois, prendre connaissance des détails de l’accord pour savoir s’il ne contient pas les germes de sa propre destruction ?

Les derniers désaccords ont été rapidement aplanis parce que les protagonistes avaient pleinement conscience que le pays, en général, n’en pouvait plus d’attendre, que les ‘on/off’ devenaient carrément ridicules et que l’électorat et les instances MMM étaient véritablement exaspérés, au point de tout arrêter, et ce, de manière définitive. Dès lors, tout pouvait s’écrouler. Or, autant que Bérenger, Ramgoolam a conclu qu’il avait désormais besoin de cet accord. La démarche de Ramgoolam, en n’insistant pas trop sur ses dernières demandes, semble donc avoir été de « Buy some more time and keep Bérenger happy ». Mais y aura-t-il d’autres demandes post-accord ? Sommes-nous vraiment au bout de la négociation ? Y aura-t-il d’autres ‘gentlemen’s agreements’ moins connus du public entre les deux leaders ? C’est à voir.

Vous savez, un accord politique écrit n’a qu’une valeur morale, pas légale. Sans bonne volonté et respect de la parole donnée, un accord peut ne même pas valoir le papier sur lequel il est écrit. De plus, il ne faut pas croire qu’un texte est le début et la fin de tout. Bien des accommodements peuvent aussi ne pas être mis sur papier. L’important, pour les deux chefs, vendredi dernier, était de sauver la coalition d’une réprobation générale.

Porte-t-il en lui-même les germes de sa destruction ? Il faudra attendre vendredi pour prendre connaissance de ces détails et les étudier à tête reposée.

* Quelles que soient nos opinions personnelles sur les leaders de ces deux partis, leurs motivations personnelles et leurs objectifs pour leur parti respectif, c’est le rapport de forces entre le PTr et le MMM qui déterminera à la fin de la journée la pérennité ou non d’une éventuelle alliance. Que vaut un accord de principe entre deux bêtes politiques… même si c’est écrit sur papier ?

Il faut bien comprendre que c’est d’abord et surtout un accord d’intérêts. En considérant leur avenir personnel et le cours de la politique mauricienne, Navin Ramgoolam et Paul Bérenger sont arrivés à la conclusion qu’une alliance sert leurs intérêts et ceux de leur parti. Ramgoolam achève sa vieille ambition d’être Président, et ce, jusqu’en 2022. Il n’aura plus, personnellement, à assurer l’élection de 36 députés aux quatre coins de l’île pour pouvoir gouverner. Il pourra s’occuper des grandes questions ici et outre-mer, en laissant à Bérenger la tâche de faire tourner le day-to-day. Bérenger, lui, sera enfin Premier ministre pour 5 ans et pourra modeler le pays selon ses vues.

Dans le cas des partis, je crois que les leaders du PTr et du MMM sont arrivés à la conclusion que, malgré tout ce qu’ils disent en public, « aller seul » n’est pas véritablement une option et il leur faut une coalition quelconque pour traverser 2015. Le PTr a eu trois mandats (1995-2000, 2005-10 et 2010-14). Autant le gouvernement de 2005-10 a été performant, autant le présent gouvernement est le pire des trois avec tous les scandales et le manque d’orientation qui le caractérisent. S’il va seul face au ‘Remake’, le PTr risque la déroute.

Il n’est peut-être pas sûr que le MSM et Sir Anerood Jugnauth seraient facilement partants pour un autre bleu-blanc-rouge, surtout après le traitement infligé à Pravind Jugnauth. Navin Ramgoolam aura sans doute conclu que le MMM constituait sa meilleure chance de conserver le pouvoir, quitte à payer un prix important. Il dira au PTr vendredi qu’il vaut mieux la moitié du gâteau que pas de gâteau du tout.

Dans le cas du MMM également, malgré ce que disent les militants, « aller seul » (surtout après la rupture du ‘remake’), ce n’est pas jouable et cela comporte bien des risques. Le MMM, objectivement, s’affaiblit avec le passage du temps. S’il est vrai qu’il est à 40-44% des suffrages à chaque élection, c’est qu’il bénéficie dans l’Opposition d’un important ‘protest vote’ de 10 à 15 % qui viennent s’ajouter à son ‘hard core’ de 25-30%. Mais cela ne suffit guère pour lui assurer une majorité de sièges. Il est toujours, dans tous les cas de figure, à 18-20 députés, loin d’une majorité.

Dans les régions rurales, le MMM est passé de 13 députés élus en 1976 à 2 députés élus en 2005 et à un seul député rural en 2010 (Alan Ganoo à Savanne-Rivière Noire). Le MMM n’est plus la force nationale qu’il était il y a 30 ans. En régions urbaines, il est passé de 12 députés autrefois à 6 aujourd’hui à Port Louis, de 14 à 11 aux Plaines Wilhems.

Aux Municipales, il a gagné difficilement malgré l’alliance avec SAJ et le MSM. Tout cela donne à réfléchir. Après le tsunami de désapprobation des six derniers mois, le MMM pourrait-il aller seul en 2015 ? Bénéficierait-il du ‘Protest Vote’ anti-gouvernement alors qu’il a lui-même négocié une alliance avec ce gouvernement ? Le MMM aussi avait besoin d’une alliance. Entre le PTr et le MSM, Bérenger n’a jamais caché sa préférence.

* Certains diront que la destruction de cette éventuelle alliance rouge-mauve est déjà programmée en raison du style de leadership de ces deux fortes personnalités qui, tous deux, aspirent à occuper le poste de calife ? Car tout dépendra de l’art et la manière de gérer une majorité partagée par ces deux grands partis presque à force égale. Votre opinion ?

Beaucoup de gens pensent, en effet, que l’alliance ne marchera pas en raison du caractère des deux hommes, tous deux autoritaires et n’aimant pas la contradiction. Les risques de désaccord sont réels. Mais, on l’a vu entre 2000 et 2005 – avec l’accord Bérenger-Jugnauth qui pourtant se détestent, « nécessité fait loi ». Quand il y a des intérêts communs, les compromis s’imposent d’eux-mêmes. Si chacun est heureux dans son rôle et ses prérogatives, il pourrait y avoir moins de frictions.

Ramgoolam et Bérenger savent que c’est peut-être leur dernier tour de piste. Peut-être cela les rendra-t-il moins agressifs, plus sages. D’après moi, une fois au pouvoir, le connaissant, Bérenger se fera le meilleur bouclier de Ramgoolam qui soit ! Ce qui sera important, selon moi, c’est qu’en contrepartie, le PTr joue le jeu et reconnaisse pleinement le statut de Bérenger comme PM.

Ce qui a détruit la coalition PTr-MMM de 1995, il y a 17 ans, outre l’orgueil des deux leaders, c’était la tendance des élus et ministres travaillistes à ne pas reconnaître l’autorité de Bérenger comme Deputy Prime minister et de le ‘bypass’ en allant voir « le boss» (Ramgoolam) pour obtenir son arbitrage. Bérenger déteste cela. C’est un centralisateur. Si cette alliance va jusqu’au bout, beaucoup dépendra surtout du PTr.

* Les détails par rapport à cet accord entre Ramgoolam et Bérenger révèleront aussi l’idée que chacun se fait de la force électorale de leur parti respectif. Il faut peut-être voir au-delà de cet accord et de leurs ambitions pour le pays pour comprendre leurs motivations réelles. Est-ce prématuré de penser que Bérenger et Ramgoolam sont tous deux arrivés à un stade de leur parcours politique où chacun a besoin de l’autre pour assurer sa survie politique ?

Probablement oui. Les deux partis demeurent les principales forces politiques du pays mais les circonstances par rapport à leur leader ont changé au fil des années. Bérenger a bientôt 70 ans, Ramgoolam le rejoindra rapidement. Une certaine fatigue s’installe. Les frustrations des deux hommes s’accumulent. Leur prestige s’émousse auprès des jeunes. Nous sommes clairement à la fin d’une époque. Peut-être ont-ils décidé qu’il vaut mieux collaborer pour survivre…

* On connaîtra dans les jours à venir l’accueil que réserveront les différentes instances du PTr et du MMM, et leur électorat respectif, et autres lobbies à cet accord conclu par leur leader. Mais il n’est pas à exclure qu’un certain nombre de Militants et de Travaillistes choisissent de s’abstenir au moment du vote lors des prochaines législatives. La question concernant le taux d’abstention fait donc débat ces jours-ci. Qu’en pensez-vous ?

C’est clair qu’il n’y a pas beaucoup d’enthousiasme autour de cette alliance dans les deux partis. Les instances officielles du PTr et du MMM vont voter l’accord, cela ne fait aucun doute.

Quid de l’électorat ? Il y a beaucoup de réserves parmi les partisans. Certains vont s’aligner, d’autres bouderont. Ramgoolam et Bérenger vont sans doute forcer le choix en convoquant des ‘snap elections’ avec 5 ou 6 semaines de préavis. Il y aura alors une poussée de fièvre électorale qui va gagner tout le pays. Chacun devra faire son choix. A Maurice, 85% de l’électorat vote toujours. Les Mauriciens tiennent toujours à donner leur opinion.

S’abstenir, c’est choisir de ne pas choisir. Je pense qu’il n’y aura pas d’abstention massive, malgré le sentiment de dégoût qu’expriment beaucoup de gens. Ceux-là vont sans doute voter contre. Le risque est donc d’y avoir un « Protest Vote » important dont bénéficiera l’Opposition. C’est d’ailleurs ce qu’espèrent Sir Anerood Jugnauth et Xavier-Luc Duval pour aller bien au-delà du vote MSM ou PMSD.

* Même s’il est certain qu’une éventuelle alliance PTr-MMM va facilement obtenir une victoire électorale, un fort taux d’abstention des Militants – qui ne sont généralement pas très chauds à l’idée de pactiser avec l’adversaire travailliste et le même sentiment chez les Travaillistes par rapport à Paul Bérenger – pourrait soit accentuer l’abstention ou faire basculer leur soutien électoral vers le MSM dans les régions rurales. Quelques élus MSM en région rurale bousculeront le rapport de forces au sein d’une éventuelle alliance PTr-MMM. Pas très réconfortant pour les Travaillistes, n’est-ce pas ?

Le danger est le même pour les deux partis, pas seulement pour le PTr. Il est difficile d’imaginer une victoire des ‘antis’. Mais il est possible d’envisager que dans certaines circonscriptions précises, une coalition des ‘antis’ MSM-PMSD-Mouvement Liberater-Dayal, etc., fasse élire l’un ou l’autre député.

Que se passerait-il alors ? Cela perturberait l’équilibre des sièges parlementaires entre PTr et MMM, et ce serait contre l’esprit de l’accord (30/30). Si ce sont quelques Travaillistes qui ne passent pas, le PTr serait alors minoritaire face au MMM au Parlement. Si c’est le contraire et que certains MMM ne sont pas élus, Bérenger serait alors Premier ministre mais avec moins de députés MMM que les 30 qu’il escompte, donc techniquement minoritaire dans son propre groupe parlementaire.

Mais il est difficile de spéculer à ce propos. C’est l’électorat qui est souverain et qui décide, en dernier ressort, de son choix de vote. Ce qui est sûr, c’est que le PTr et le MMM devront jeter tout leur poids dans la bataille pour faire élire tous leurs candidats. Autrement, tout pourrait s’écrouler.

* Comment réagissez-vous aux commentaires des autres dirigeants politiques par rapport à l’accord PTr-MMM ? On parle de « verrouillage de la démocratie », « … dangereuse pour le pays », « pyramide à deux têtes, dirigée par un monstre à trois têtes »…

Je partage certaines de ces appréhensions. Bérenger et Ramgoolam peuvent souvent être très intolérants dans leur propre parti, face à la contradiction, face à la presse.

Par ailleurs, comme les leaders d’autrefois (SSR, Jules Koenig, Sir Gaetan Duval, Sir Abdool Razack Mohamed), j’ai toujours préféré le régime parlementaire britannique avec ses ‘checks and balances’ aux régimes présidentiels quels que soient les types envisagés qui me semblent être facteurs d’instabilité.

J’ai toujours cru, toute ma vie, que « institutions are larger than men », que les hommes passent mais que les institutions restent et doivent toujours être solides. Ce qui m’inquiète dans toutes ces négociations autour de la République, c’est que Ramgoolam, Bérenger et Jugnauth ne sont pas éternels et qu’il faut prévoir qui viendra après eux, quel sera le comportement de leurs successeurs, quel usage ces derniers feront des pouvoirs qui leur auront été légués…

J’ai toujours pensé qu’on allait trop vite avec cette question de Deuxième République, qu’il y avait bien d’autres considérations que le partage des pouvoirs entre Ramgoolam et Bérenger. Mais cela est mon opinion. Elle ne pèse sans doute pas lourd dans ce qui se passe.

Ce qu’il faut, c’est mettre partout des ‘safeguards’, des ‘checks and balances’, convaincre la société civile et les institutions, la presse, les ONGs qu’il y a un grand devoir de vigilance. Toujours avoir ce qu’on appelle « a healthy skepticism », « keep them on their toes ». La liberté, la démocratie, c’est l’affaire de tout le monde, pas seulement de quelques-uns uns.

* Les partis de la gauche voient la main du secteur privé dans la mise en place de cet accord. D’ailleurs, Tim Taylor a publiquement parlé de l’intérêt que porte ce secteur en faveur d’une telle alliance. Personnellement, pensez-vous que ce serait dans l’intérêt du pays ?

Il est évident que le secteur privé privilégie tout accord qui entraînerait un gouvernement stable, dans la durée, des politiques claires et une bonne majorité parlementaire soutenant ces politiques.

L’autre considération du secteur privé est sans doute le retour éventuel de Rama Sithanen aux affaires dans un gouvernement PTr-MMM. Beaucoup de gens applaudiraient le retour de Rama Sithanen au premier rang d’un nouveau gouvernement.

L’économie mauricienne s’essouffle progressivement. Nous sommes dépassés de plus en plus dans des secteurs où nous, les Mauriciens, avons été les pionniers dans notre partie du monde (le tourisme, le textile, les services financiers, les centres d’appels). Il faut absolument innover, relancer, donner un coup de fouet à l’économie, insuffler un dynamisme nouveau sinon nous ne pourrons jamais faire reculer le chômage (8%) et nous continuerons à connaître une croissance de 3%, alors qu’il nous en faudrait 6%. Si cette coalition PTr-MMM se concrétise, cela devrait être là sa priorité, pour impacter durablement sur le social qui se dégrade.

* Qu’attendez-vous d’un gouvernement PTr-MMM au-delà de leurs discours d’intention politiquement corrects du moment ?

De l’efficacité surtout dans ce qu’il pourrait entreprendre, De l’imagination. De l’innovation. Une plus grande justice envers tous. La revalorisation de certaines valeurs. La fin des abus en tous genres. On a assisté, ces dix dernières années, à un accaparement et une mainmise sur l’Etat, ce que j’ai appelé une espèce de « colonisation de l’Etat » par le Parti Travailliste, colonisation qui part du Secteur Public et passe par les corps para-étatiques, les institutions semi-publiques, les ‘State Companies’ avec souvent des nominations politiques d’incompétents, etc. Il faut d’urgence renverser cette tendance, desserrer le poing de l’Etat sur tout ce qui se passe dans ce pays, favoriser la méritocratie et la transparence.

Maurice étouffe du « trop d’Etat ». Il faut faire respirer ce pays qui n’en peut plus de mal gouvernance, des scandales, des incompétents et des jouisseurs-parasites afin qu’il recommence à croire en lui-même.

Je ne sais pas si ce gouvernement PTr-MMM se fera, ni où il ira. Mais s’il se concrétise, c’est sur tout sur ce qui précède qu’on le jugera.


* Published in print edition on 5 September 2014

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