Ilkasha

Education gratuite et Education privée : bonnet blanc, blanc bonnet !

 

Le point de vue de M.Hossen sur l’éducation gratuite paru dans Le Mauricien la semaine dernière a attiré mon attention sur un certain nombre de choses. C’est un fait que les élèves mauriciens ont une chance inouïe de se retrouver sur les bancs de l’école sans avoir à débourser des sommes astronomiques pour bénéficier de cet enseignement gratuit. Ils ont quand même leurs manuels scolaires, cahiers, etc., à acheter. MAIS ce n’est pas la mer à boire, convenons-en!

J’ai enseigné moi-même dans les établissements publics et je sais que les enfants appréciaient ce « tout à moindre coût ». C’était possible pour eux de s’abonner aux bibliothèques privées de British Council, de Carnégie ou des Municipalités. Ils continuent sur la même lancée avec la compétition féroce. MAIS encore le système élitiste oblige les élèves privilégiés des écoles publiques à investir dans des nouvelles technologies qui deviennent une autre source d’ouverture.

 

 

 

Et l’établissement scolaire payant, qu’a-t-il de « super » ? Des infrastructures plus modernes et encore pas partout ! Des séjours offerts aux élèves qui peuvent, une ou deux fois, se comparer aux autres élèves. Ce n’est pas plus mal. MAIS it defeats the purpose quand ces mêmes élèves qui déboursent chaque mois ou chaque trimestre de grosses sommes pour les frais de scolarité se trouvent dans l’obligation de « prendre des leçons » en mathématiques, en sciences, en langues, bref en presque toutes les matières enseignées. Et pourquoi ? Quelques réponses courantes : les parents sont loin d’être satisfaits ; les élèves, malgré qu’ils payent cher, ne sont pas bien encadrés ; certains enseignants dans le privé ne sont pas à la hauteur ; trop de projets en groupes ; les erreurs individuelles pas bien explicites… Bref les complaintes équivalentes à celles qu’on entendrait dans les écoles publiques ou confessionnelles. Education gratuite et Education privée : bonnet blanc, blanc bonnet ! Pourquoi pas un débat public sur deux types d’éducation pour mettre les parents sur leurs gardes ?

 

Le drame, c’est que dans les écoles privées, les parents se contentent de dire qu’ils n’ont pas le choix que de « paye leçons » car l’adaptation ailleurs sera difficile. Le drame pour l’éducation gratuite, c’est que les élèves se sont mis en tête que sans les leçons ils ne vont pas être dans la compétition. Pas d’exception à la règle ! Alors, pourquoi se leurrer sur ces écoles privées qui finissent par tomber dans le même panneau que les autres. L’argent fait-il vraiment la différence ? Non ! Je côtoie les deux types d’élèves et je vois les mêmes frustrations. Changement, s’il en faut, ce doit être dans les mentalités des parents qui tirent trop vite les conclusions sans tâter le terrain.

 

Ilkasha

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