I.A.R.

Zone euro et Banque de Maurice

Ne jouez pas avec le feu

Le No 1 de la Banque de Maurice, M Rundheersingh Bheenick (Manou) n’en démord pas. Il continue à rappeler à l’ordre ceux qui sont responsables des finances du pays, que ce soit des agents de l’Etat ou du secteur privé.

Fin économiste, un excellent produit de la prestigieuse université d’Oxford, Manou, jadis optimiste se montre pessimiste depuis ces derniers jours. Et pour cause. La crise européenne s’amplifiant, il y a de quoi être inquiet, surtout que les secteurs financiers s’attendent à une participation directe de la Banque de Maurice pour remédier quelque peu la situation. Non! dira Manou. « La banque a joué sa dernière carte », réplique-t-il. Elle ne pourra faire davantage car elle n’a pas les moyens de résoudre le problème monétaire à elle seule.

Un très gros problème auquel doit faire face l’économie mauricienne est le prix de la consommation grandissante au détriment de l’épargne. Le faible taux d’investissement est également un souci majeur pour l’économie mauricienne. Ce qui fait que l’importation dépasse largement l’exportation, ce qui est totalement néfaste pour l’économie de n’importe quel pays émergent.

Valeur du jour, l’euro donne des sueurs froides à l’économie du pays. La situation ne donne aucun signe d’amélioration dans l’immédiat ni dans un avenir lointain. Que faire alors ? S’asseoir et regarder la TV en admirant les rencontres de football du tournoi européen en se disant sans doute que ‘Anne va venir bientôt.’

L’heure est grave, dira Manou, sur un ton très sérieux. La fin de la crise européenne n’est pas derrière la porte. Les décideurs politiques, les représentants du secteur privé, les syndicalistes qui ne cessent de chercher toujours plus d’avantages pour leurs membres syndiqués doivent se concerter, s’asseoir autour de la même table, regarder dans la même direction pour analyser la crise et trouver des solutions. Cela ne servira à rien de dire que tôt ou tard la suppression de l’emploi devrait être la seule solution. A partir de là, s’ensuivra un tug of war sans fin avec les syndicats des employés.

La zone euro elle -même est en danger de mort. La Grèce annonce son retrait. Les risques de voir partir l’Espagne, le Portugal ou même l’Italie sont là.

Zone dangereuse tant pour l’Europe que pour nous, les petits Etats insulaires, perdus dans le sud de l’océan Indien. Qui nous sauvera? A méditer toujours sur la sagesse du Premier ministre, qui de temps à autre nous dit solennellement : « No country owes us anything… » So what next?

I.A.R.

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