Hommage : Sœur Marguerite-Marie

Dr R Neerunjun Gopee

Sœur Marguerite-Marie, née Simone Francoise Ballaram, nous a quittés la semaine dernière après une maladie de courte durée. Ses funérailles ont eu lieu le mardi 2 avril à l’église St Jean à Belle-Rose, réunissant ses consœurs religieuses, les membres de sa famille, nombreux membres du personnel de la Nouvelle Clinique Ferrière y compris plusieurs qui étaient déjà retraités, médecins, amis et connaissances. Le mois prochain, elle aurait célébré ses 90 ans.

Sans exagération aucune, on pourrait dire qu’elle a été l’âme de la Clinique Ferrière de ses débuts. A l’époque, la clinique se trouvait sur l’ancien site aux Casernes, à Curepipe. Ensuite, elle a été transférée au présent emplacement à l’arrière du Collège Royal de Curepipe. Elle y a consacré le temps le plus long de sa carrière professionnelle jusqu’à sa retraite en 2005, à l’exception de quelques brefs passages à la Clinique Bon Pasteur – qu’elle joignit après ses études de Nursing et de Midwife –, un stage d’une année dans un grand hôpital en Angleterre, à l’Hôpital Civil et en salle d’opération à la Clinique Darné.

Mais il lui restait encore de l’énergie et de l’enthousiasme pour le travail et le service, et elle s’est ainsi retrouvée à la maison des sœurs âgées à Rose-Hill et, ensuite, à la communauté de Belle-Rose avant de passer ses dernières années à Rose-Belle, où elle a rendu l’âme après quelques jours en clinique.

Ses responsabilités comme directrice de la Clinique ne l’empêchaient pas d’exercer ses compétences en salle d’opération, ou régulièrement on avait aussi l’assistance de son aînée Soeur de la Charité malgré son âge.

Nombreux sont les chirurgiens parmi nous qui se rappelleront de ces repas chauds qu’elle prenait le soin de mettre à notre disposition après les séances tardives dans la soirée ! Nous n’aurions jamais osé l’offenser en nous abstenant de consommer ce qu’elle nous offrait, ou de déguster la concoction favorite qu’elle nous servait : du Green Island aux fruits secs mijotés durant des mois !

Tant de bons souvenirs de cette belle âme, envers laquelle générosité et affection de la part de ceux qu’elle côtoyait étaient réciproques. En ce qui me concerne, elle faisait figure de mère, et je lui serais à jamais reconnaissant pour son soutien inconditionnel jusqu’à la fin pendant la plus dure épreuve de ma vie.

S’il y avait une professionnelle de la santé au monde pour épitomiser cette belle maxime attribuée au chirurgien Ambroise Pare (quoique destinée aux médecins), à savoir ‘Guérir parfois, soulager souvent, consoler toujours’, ce serait bien Sœur Marguerite Marie.

Cette maxime englobe ce qu’on pourrait qualifier de la ‘dimension sacerdotale’ de la pratique médicale – qui hélas ! s’est évaporée de nos jours – et, pour Sœur Marguerite, sa vie était vraiment un sacerdoce auprès des malades.

Que son âme repose en paix.


* Published in print edition on 12 April 2019

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