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Interview
: Arvin Boolell,
ministre de l’Agro-Industrie et de la Pêche
Réforme
sucrière : «Personne ne sera laissé sur la touche»
*
Répartition des mesures d’accompagnement: «Il ne faut
surtout pas vendre des rêves»
*
«Nous voulons réussir la transformation de l’industrie
sucrière en une industrie de la canne à sucre»
Le
‘Multi-Annual Adaptation Strategy - Action Plan
2006-2015’ vient d’être soumis à la Commission européenne.
La réforme est déjà enclenchée. Dans le sillage de cette
réforme, le ministre de l’Agro-Industrie et de la Pêche,
le Dr Arvin Boolell, se dit optimiste et voit qu’il «n’y
a pas d’autre choix que la mise en application du Plan
d’Action 2006-2015…» Ce secteur verra bientôt l’émergence
des ‘clusters’. L’éthanol est déjà une réalité,
affirme-t-il, en ajoutant que la production des sucres spéciaux
pourrait être revue à la hausse. «Nous pouvons aussi, déclare-t-il,
avoir un secteur des services de qualité pour toute la région».
Le ministre préconise également la coopération régionale
en insistant sur le fait qu’«il faut transformer
l’industrie sucrière en une industrie de la canne à
sucre».
Et
de conclure sur cette note on ne peut plus optimiste en vue
de «produire ce que nous mangeons et manger ce que nous
produisons». Et pour davantage de succès, Maurice se doit
de réussir.
*
Lire ci-dessous l’essentiel d’une interview avec le Dr
Arvin Boolell.
Mauritius
Times : Pravind Jugnauth ne vous ménage pas dans ses
critiques concernant le dossier sucre. Ce dossier, déjà préparé
par le gouvernement MMM-MSM, selon lui, aurait été envoyé
“trop tard à la Commission européenne avec les conséquences
qu’on connaît”. Que répondriez-vous à ces critiques?
Arvin
Boolell:
Monsieur Pravind Jugnauth prêche dans le désert, sachant
très bien qu’une véritable réforme aurait dû commencer
en 2001. ‘The writing was on the wall’ avec la déclaration
de Lamy concernant le ‘Everything But Arms’ (EBA) et la
réforme de la politique commune agricole européenne qui
envoyaient des signaux clairs que le régime sucrier
pourrait être contesté devant le panel de l’Organisation
mondiale du Commerce (OMC). Le gouvernement MMM-MSM n’a
jamais pu comprendre qu’une réforme ne pouvait se faire
sans discussion préalable avec toutes les parties concernées,
d’où la réaction d’alors des syndicalistes, planteurs
et des travailleurs, qui est une preuve de la mauvaise
gestion du dossier sucre par l’ancien gouvernement.
N’oublions pas que Paul Bérenger, lorsqu’il était
vice-Premier ministre, avait critiqué Pravind Jugnauth pour
son manque d’engagement pour le dossier sucre. Plus tard,
Monsieur Bérenger, en tant que Premier ministre, était
absent au Sommet des Chefs d’Etats ACP à Maputo en 2004.
D’ailleurs, à voir le rapport préliminaire qui avait été
soumis à l’Union européenne, l’ancien gouvernement
avait démontré qu’il n’avait pas mis tout son poids
dans la bataille. Cela nous fait penser à ce qui s’est
passé pour le secteur textile.
Maurice
a été le premier pays à soumettre un document complet, le
7 décembre dernier, ce que nous avions annoncé à la Conférence
ministérielle des ACP au Kenya où nous avons souligné
avec force et vigueur tous les aspects entourant le dossier
sucre pour Maurice.
*
Le leader du MSM a affirmé également que des actions concrètes
n’auraient pas encore été entamées en ce qui concerne
la réforme du secteur sucre?
--
Il n’y a pas plus concret que ce nous avons entrepris et
continuons à faire. Premièrement, nous avons eu des
discussions avec tous les ‘stakeholders’ de
l’industrie de la canne à sucre. Nous sommes en train de
dépenser Rs 500 millions pour l’épierrage, la préparation
des terres qui débutera en juillet, etc. Un lobbying
intense est mené et maintenu à tous les niveaux. Peter
Mandelson est venu nous rendre visite, j’ai moi-même
plaidé la cause mauricienne devant le Parlement européen,
qui est co-décideur avec la Commission européenne.
Rappelons que le gouvernement MMM-MSM avait accepté dans un
‘mood’ défaitiste que les pays ACP devraient accepter 4
millions d’euros seulement. Quant à nous, nous avons
milité et continuons à le faire, pour une meilleure
allocation, surtout en ce qu’il s’agit de l’‘upfront
disbursement’. Nous n’avons pas tardé à commencer le
projet d’épierrage, nous avons de nombreuses interactions
avec les planteurs, et nous encourageons d’autres pôles
de développement. Rappelons à vos lecteurs que c’est
nous qui avons révisé le ‘apportionment ratio’ qui a
permis aux planteurs d’empocher Rs 100 millions.
L’amendement que nous avons apporté à la SIE Act fin
2005 a permis le ‘leverage’ des terres d’un grand
nombre de petits planteurs. Contrairement au régime MMM-MSM,
nous n’aurions jamais permis la conversion des terres
agricoles les plus fertiles du pays. Le rapport conjoint FAO/MSIRI
abondait d’ailleurs dans ce sens, c’est-à-dire qu’il
ne fallait jamais toucher à nos meilleures terres.
*
Le ‘Multi-Annual Adaptation Strategy-Action Plan’ avec
accent sur la création des ‘Sugar Cane Clusters’, la
production de l’éthanol et de différents types de sucre,
etc., est-il l’œuvre de l’actuel gouvernement, ou
poursuivez-vous ce qui a été entrepris déjà par votre prédécesseur?
--
Il faut bien comprendre que la réforme de l’industrie de
la canne à sucre avait déjà commencé depuis 1975, date
à laquelle le Protocole Sucre a été signé. Sans ce mécanisme
commercial, Maurice n’aurait jamais pu atteindre le développement
qu’elle a connu subséquemment. Nous avons l’un des plus
grands ‘Bulk Sugar Terminals’ de la région, ce qui est
quand même significatif. Soit dit, en passant, je tiens à
féliciter tous les ministres de l’agriculture qui se sont succédés et qui ont poursuivi la
politique de réforme enclenchée par Sir Satcam Boolell qui
avait préconisé la diversification agricole, sauf le
ministre de l’Agriculture de 2001 qui a été un échec.
D’autre
part, il est évident qu’aujourd’hui, le
‘clustering’ est une réalité, surtout avec la
politique de coopération régionale. Le paysage économique
a changé, évolué. ‘It is a buyers’ market’. Avec
toutes ces multinationales qui bougent dans la région, nous
n’avons pas d’autre choix que de créer des
‘clusters’. En 2009, nous aurons des voitures qui
rouleront à 20% d’éthanol. Beaucoup de pays s’adaptent
désormais aux biocarburants. L’éthanol, que nous pouvons
produire à partir du jus de canne à sucre, pourra être très
rentable. Le gouvernement, à travers le ministre Jeetah qui
préside un comité sur la question, va bientôt venir de
l’avant avec un document sur le ‘biofuel’. Déjà, une
équipe d’experts brésiliens est à Maurice pour discuter
de la question avec le ‘corporate sector’. Nous espérons
aussi que SUDS, qui sera un ‘flexi-factory’, sera un
exemple dans la région. En fait, avec le plan de
centralisation, nous pensons que toutes les quatre usines
seront des ‘flexi-factories’. Le ‘clustering’
permettra au secteur de la canne à sucre de garder sa
viabilité, comme l’a démontré l’étude de Landell
Mills. Par ailleurs, nous pensons que pour ce qui est des
sucres spéciaux, nous pourrons passer de 70,000 t par an à
200,000 t. N’oublions pas cette dimension ‘pro-poor’»
de notre plan de restructuration, avec la création d’un
‘Empowerment Fund’, le ‘retraining/reskilling’ des
travailleurs, etc.
*
Selon ce plan d’action, le sucre “is there to stay”,
n’est-ce pas, mais la communauté des petits planteurs
aura à “adapt or perish” dans le nouvel environnement?
--
Ce n’est pas la communauté des planteurs qui va «adapt
or perish». La réforme dépend surtout des mesures
d’accompagnement. Nous ne perdons pas de temps. Si nous ne
complétons pas la réforme à temps, si nous restons les
bras croisés, nous serons victimes du ‘sudden death
syndrome’. C’est à cause de cela que la situation est
apocalyptique pour certains pays ACP, surtout si les mesures
d’accompagnement ne sont pas basées sur la justice et
l’équité.
A
Maurice, nous avons besoin d’un minimum de 63,000 ha sous
canne pour pouvoir produire nos 530 000 tonnes de sucre car
nous avons un marché à satisfaire. Le lien organique entre
les planteurs et les millers est essentiel pour la survie de
l’industrie. Nous allons faciliter la tâche des petits
planteurs – pour lesquels le ‘regrouping’ est un must
pour leur survie – dans les endroits très difficiles avec
un ‘income support’ sur quelques années. Nous allons
les aider pour le ‘leverage’ de leurs terres, pour
qu’ils bougent vers d’autres projets porteurs. Nous
allons les encourager à une participation directe à
travers l’‘Equity’ à d’autres projets liés à la
canne à sucre, comme la production d’énergie à partir
de la bagasse et l’éthanol. L’actionnariat du Sugar
Investment Trust (SIT) sera ainsi élargi. Ces planteurs
devront aussi utiliser leurs terres pour d’autres projets
de développement que le gouvernement aidera à mettre sur
pied.
*
Qu’allez-vous proposer afin que ces petits planteurs
deviennent des entrepreneurs dans le secteur agricole ou sur
le plan régional? Ou faut-il croire que la disparition de
cette communauté des planteurs est inévitable ?
--
Comme je viens de le dire, nous sommes en train de tout
faire pour que les petits planteurs puissent continuer leurs
activités. Le regroupement est primordial, et le
‘clustering’ de l’industrie de la canne à sucre va
leur permettre de s’en sortir. Dans le rapport que nous
avons soumis à la Commission européenne, il y a une
dimension ‘pro-poor’ très importante. Nous allons aider
les planteurs dont le rendement des terres est assez faible.
Les mesures incitatives pour le regroupement des petits
planteurs sont significatives. Entre autres:
(i)
derocking
and land preparation free of charge to planters with land up
to 10 ha. For those who own more than 10 ha, only the first
10 ha would be free of charge.
(ii)
The
first plantation will be carried out free of charge for the
planter. This includes cost of labour, cane setts,
fertilizers, herbicides for the first year of the crop cycle
(iii)
Installation
of irrigation network and equipment, depending on the sites,
will be carried out without any cost to the planters
(iv)
Compensation
will be paid in case of loss of one crop as follows : a) 1st
and 2nd year (Rs 9,000 per arpent); b) 3rd
and 4th year (Rs 8,000 per arpent); c) 5th
and other years (Rs 7,000 per arpent). For non-sugar crops,
compensation will be determined by AREU.
(v)
Subsidies
on fertilizers and irrigation electricity will be maintained
during the period of engagement
(vi)
The
period of engagement will be short for mechanized
plantations – 5 years and for non-mechanized plantation: 7
years
(vii)
Existing
income tax exemptions will be maintained
(viii)
An
actuarial study is being carried out so as to review the
Sugar Insurance Fund Board premium
(ix)
The
sugar proceeds may be used as security for loans
Aux
Finances, un comité se penche actuellement sur la façon
dont le ‘Empowerment Fund’ aidera les planteurs à
valoriser leurs terres. Avec l’accent que nous mettons sur
le tourisme, de nombreux projets peuvent être réalisés,
comme les tables d’hôte par exemple.
*
Autre dossier, très sensible du point de vue politique,
concerne la répartition des compensations sucrières de
l’Union européenne. Quel plan de partage serait, selon
vous, le plus équitable entre les différents
‘stakeholders’? Est-ce que la répartition se fera sur
une base ‘pro rata’ entre les grands et petits planteurs?
--
Ce que nous avons demandé, même au plus haut sommet du
gouvernement, c’est qu’un quantum adéquat nous soit
accordé, surtout que nous avons à faire face au ‘triple
shock’ (sucre, textile et pétrole). Si les DOM-TOM, qui
produisent 280,000 tonnes de sucre, peuvent obtenir 2
milliards d’euros, et les betteraviers 8 milliards
d’euros, les pays ACP doivent être considérés comme il
se doit. Une étude faite par le Oxford Management Group en
Angleterre a indiqué que les pays ACP auraient besoin de
250 millions d’euros par an. Même le sous-secrétaire
britannique au développement, Gareth Thomas, préconise
cette somme. La délégation parlementaire européenne menée
par Glenys Kinnock, en visite chez nous, récemment, a
souligné qu’il fallait au moins 200 millions d’euros.
Nous espérons que le trialogue débouchera sur le fait que
nous ne pourrons pas avoir moins de 1,7 milliard d’euros
pour la période 2007-2013. Il faudra attendre en mai pour
connaître le quantum de 2006. En décembre 2006, nous connaîtrons
le quantum pour la période 2007-2013.
Le
lobbying doit continuer à tous les niveaux. La solidarité
entre les ACP, et aussi avec les Pays Moins Avancés (PMA)
est de mise. N’oublions pas que George Bullen, le Président
du comité des ambassadeurs ACP pour le dossier sucre, était
à Maurice le mois dernier. Nous avons fait ressortir dans
tous nos documents l’importance multifonctionnelle de la
canne à sucre. Maurice possède une absorptive capacity. Il
faudrait une réallocation des ressources des autres pays.
Le mode d’allocation doit être empreint de ‘fairness’
et de proportionnalité. Le gouvernement mauricien ne lésine
pas sur les moyens et multiplie les contacts bilatéraux et
multilatéraux avec d’autres pays et aussi des
institutions internationales. Nous insistons pour que
l’argent à être déboursé soit «front-loaded» et que
la réforme soit complétée avant 2010.
Pour
ce qui est de la répartition des mesures d’accompagnement,
il ne faut surtout pas vendre des rêves. Notre Multi-Annual
Adaptation Strategy - Action Plan 2006-2015, nous avons
clairement souligné la dimension «pro-poor» à laquelle
ce gouvernement tient vraiment. Les petits planteurs, qui
produisent 25% de notre sucre annuellement, doivent rester
dans le secteur. Il faut que nous obtenions une masse
critique pour pouvoir continuer avec la canne à sucre. Les
mesures d’accompagnement iront dans le budget de l’Etat
et nous aurons cet ‘Empowerment Fund’ qui va
‘re-engineer’ des facilités. Il nous faut adopter une
approche globale pour l’intérêt de tous les
‘stakeholders’. Nous aurons besoin d’un ‘special and
differential treatment’ pour la communauté des planteurs.
*
Quelle politique prônez-vous à l’intention des gens
laissés sur la touche par les projets VRS d’hier et de
demain?
--
Comme je l’ai dit auparavant, nous prônons une politique
de ‘reskilling’, et le ‘Empowerment Fund’ sera là
comme un viatique pour tous les travailleurs. Personne ne
sera laissé sur la touche. Tout en disant cela, il faut
faire ressortir que tout ce que nous allons entreprendre
sera lié à la politique monétaire fiscale. Nous aurons à
faire face à de nombreuses difficultés sur le plan économique.
Les négociations au niveau de l’OMC peuvent également
avoir un impact sur la pêche et le textile. Il nous faudra
être plus compétitif pour faire face aux pays émergents.
Le gouvernement est en train de faire des efforts qui sont
reconnus par la Banque mondiale. Nous voulons diminuer le chômage
tout en éliminant les nombreuses dettes accumulées par le
gouvernement MMM-MSM. Je vous le dis en toute sincérité :
l’ancien gouvernement nous a laissé un héritage
effrayant. Mais nous ne sommes pas là pour nous plaindre éternellement.
Dès notre arrivée au pouvoir, nous nous sommes retroussés
les manches et nous avons commencé à œuvrer pour le bien
de tous. Rappelez-vous que le ‘Blueprint’ de la
centralisation porte le sceau du gouvernement travailliste.
Nous voulons inculquer le sens de l’entreprenariat aux
travailleurs, avec des prêts bancaires à un taux
concessionnaire et un ‘package of incentives’. Le SEHDA
et l’Agri Business Desk de l’AREU offrent de nombreuses
possibilités aujourd’hui, surtout avec la caravane de
l’entreprenariat. La responsabilité sociale des
entreprises doit être encouragée, comme l’initiative du
groupe CIEL pour le projet Anahita par exemple.
*
Avez-vous l’impression que les stratégies individuelles
des compagnies sucrières coïncident avec la stratégie
nationale élaborée par le gouvernement concernant
l’avenir de l’industrie sucrière?
--
Le gouvernement a défini la stratégie nationale avec
toutes les parties concernées. ‘Everyone was taken on
board. It is the government which regulates and
facilitates’.
*
Les investisseurs semblent avoir développé un intérêt
dans les compagnies sucrières cotées en Bourse, en
particulier celles qui envisagent de se lancer dans des opérations
foncières dans le cadre d’une stratégie de
‘unbundling’ de leurs actifs agricoles et non-agricoles.
Cela est-il source d’inquiétude pour vous?
--
It must be highlighted that all the stakeholders of the
sugar industry, including the corporate sector, have
collaborated in the formulation of the 2006-2015 Action
Plan. The centerpiece of this Plan is the transformation of
the sugar industry into a sugar cane cluster. The cluster
involves the furthering and consolidation of synergies
between stakeholders namely through cane cultivation/harvest
agreements and equity participation in the corporate
components of the cluster.
Our
approach has moved from the bundling/unbundling approach to
a multiproduct/synergy cluster approach. The odds facing the
country are such that we can only move ahead as Mauritius
Incorporated.
You
may wish to note that investors are more interested in a
diversified, therefore, well hedged, company which will be
viable and sustainable in the long term.
*
Est-ce envisageable d’instituer une ‘land bank’ gérée
par l’Etat et qui aura comme objectif de ‘warehouse’
toutes les terres agricoles qui seraient abandonnées par
les planteurs, les petits surtout?
--
C’est envisageable. Une ‘land bank’ est une base de
données relatives aux terres disponibles ou qui
deviendraient disponibles pour plusieurs raisons, et qui, dépendant
de leur topographie, et de leur nature, pourraient être
utilisées pour divers projets – industriels, agricoles,
infrastructurels, ou autres. Ces projets, dans l’intérêt
national, pourraient ainsi valoriser ces terres dans un
contexte de développement harmonieux et
‘environment-friendly’.
Cette
«land bank» aurait l’avantage certain d’être
accessible à tous, et assurerait une transparence dans la
gestion de telles terres disponibles. Vu l’importance pour
le pays d’une telle «land bank», sa gestion par l’Etat
serait un impératif.
Le
gouvernement se penche sur l’institution à Maurice,
d’ici l’année 2010, d’un «Land Administration and
Management System (LAMS)».
LAMS
a les objectifs suivants, entre autres: Streamlining
and modernising the processing of land transactions for both
State and Freehold land; Compiling a comprehensive cadastral
map of the country; Linking all new Enhancing records
management including storage of all deeds and survey
documents; and Improving and modernizing the legislative
framework.
La
question de l’institution d’une “land bank” suivrait
dans le sillage de l’institution du LAMS.
Warehousing
already exists and is undertaken by the State Land
Development Company, fully owned by Government. This company
currently holds land and has just recently engaged itself in
a swap operation which will enable hundreds of families in
the St Hubert and St Hilaire region to obtain at long last,
a title deed on land they have been occupying since cyclone
Carol.
Regarding
the Small Planters, let me say the following:
*
those who are no longer competitive, some 6000 will be able
to sell land, if they own less of one hectare of land
situated in regions where non-agricultural development is
permitted, without payment of any land taxes;
*
those situated in economically and environmently difficult
areas will receive assistance to either remain in production
of cane or to move into other crops;
*
those who are going to be competitive will benefit from the
regrouping scheme destined to increase yields by at least
20% and reduce costs by at least 20%;
*
small planters would be involved in eco-tourism and IRS
projects.
The
issue of warehousing for Government to enable to use/swap
land for its socio-economic and development objectives is
being seriously considered.
This
would imply a strengthening and refinement of the provisions
of the Sugar Industry Efficiency Act 2001 relating to land
exchange and swaps.
*
Vous avez récemment lancé un appel aux chercheurs du
Centre d’Albion pour plus d’assiduité au travail en vue
de contribuer à faire de Maurice un ‘seafood hub’. Il
semblerait que le gouvernement ne serait pas tout à fait
satisfait du travail effectué dans les différents centres
de recherche du ministère de l’Agriculture dont les
travaux n’arrivent pas à toucher l’industrie?
--
Il ne faudrait pas avoir de ‘duplication of
duties/overlapping’ des institutions de recherche. Je fais
un appel pour que tous ces centres de recherche travaillent
en étroite collaboration. En terme de ‘Research &
Development’, nous sommes assez limités, mais cela ne
veut pas dire que nous ne pouvons pas ‘unlock our
potential’. L’exemple de Nokia me vient souvent à
l’esprit. Après l’éclatement de l’Union soviétique,
cette firme finlandaise a dû se tourner vers autre chose
que les bottes et imperméables qu’elle avait l’habitude
de vendre aux Soviétiques. La recherche l’a conduite au téléphone
portable. Nous aussi à Maurice, nous avons du potentiel,
surtout avec la ‘land-based ocean industry’. Nous
pouvons aussi avoir un secteur des services de qualité pour
toute la région.
*
La question de la gestion des terres fait toujours la une de
l’actualité avec l’affaire Bel Air Sugar Estate. Le
ministère de l’Agriculture a sous sa responsabilité des
milliers d’arpents de terre. Comment se fait la gestion de
ces terres?
--
Nous avons au ministère un ‘Land Conversion Committee’
sous la présidence de la Permanent Secretary. Toutes les
terres qui sont vendues sont évaluées par le Chief
Government Valuer, qui veille à ce que les prix soient
commensurate avec la valeur du terrain. Le Conseil des
Ministres doit être informé de tous les permis de
conversion octroyés aux entreprises et/ou individus. Des
‘random checks’ peuvent aussi être effectués pour
connaître la valeur réelle des terres. Pour ce qui est de
la location à bail, c’est surtout aux petits planteurs et
agriculteurs qu’elle est accordée. Des lopins de 1 arpent
par exemple sont alloués aux petits planteurs, surtout des
lopins de l’ex-Tea Belt. Il en est de même pour les
terres sous irrigation. Le système est bien transparent,
raison pour laquelle on peut détecter facilement tout
manquement. Il est malheureux que l’ancien gouvernement était
venu de l’avant avec une ‘New Land Strategy/ pour
encourager les gens à faire de la spéculation foncière au
détriment de l’agriculture.
*
Vous vous êtes retrouvé à la tête du ministère de
l’Agriculture à un moment difficile dans le sillage de la
réduction drastique du prix du sucre. Qu’est-ce que le
ministre Boolell voudra laisser comme empreintes dans les
secteurs sucre et agricole généralement après votre
passage à l’Agriculture?
--
Veuillez noter que l’appellation même du ministère a
changé : de l’Agriculture, on est passé maintenant
à l’Agro-industrie, et la Pêche également. J’aimerai
évidemment voir toute la vision gouvernementale se réaliser
dans le secteur de l’agro-industrie et dans celui de la pêche.
Nous voulons réussir la transformation de l’industrie
sucrière en une industrie de la canne à sucre. Il faut
qu’il y ait une synergie entre toutes les institutions.
L’agriculture, tout en respectant l’environnement, doit
s’intensifier. A travers la coopération régionale et le
‘cross-border initiative’ que nous avons lancé à
Madagascar, je serai heureux de voir mon rêve devenir réalité:
produire ce que nous mangeons et manger ce que nous
produisons. Il faudrait aussi réduire notre dépendance en
importation des produits pétroliers en encourageant l’émergence
de l’or vert. Maurice doit devenir un ‘agro processing
hub’.
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«Nous
voulons réussir la transformation de l’industrie
sucrière en une industrie de la canne à sucre. Il
faut qu’il y ait une synergie entre toutes les
institutions. L’agriculture, tout en respectant
l’environnement, doit s’intensifier. A travers la
coopération régionale et le ‘cross-border
initiative’ que nous avons lancé à Madagascar, je
serai heureux de voir mon rêve devenir réalité:
produire ce que nous mangeons et manger ce que nous
produisons. Il faudrait aussi réduire notre dépendance
en importation des produits pétroliers en
encourageant l’émergence de l’or vert. Maurice
doit devenir un ‘agro processing hub’…»
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«Les
petits planteurs, qui produisent 25% de notre sucre
annuellement, doivent rester dans le secteur. Il faut
que nous obtenions une masse critique pour pouvoir
continuer avec la canne à sucre… Il nous faut
adopter une approche globale pour l’intérêt de
tous les stakeholders. Nous aurons besoin d’un
special and differential treatment pour la communauté
des planteurs…»
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«Si
les DOM-TOM, qui produisent 280,000 tonnes de sucre,
peuvent obtenir 2 milliards d’euros, et les
betteraviers 8 milliards d’euros, les pays ACP
doivent être considérés comme il se doit. Une étude
faite par le Oxford Management Group en Angleterre a
indiqué que les pays ACP auraient besoin de 250
millions d’euros par an. Même le sous-secrétaire
britannique au développement, Gareth Thomas, préconise
cette somme…»
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«Ce
n’est pas la communauté des planteurs qui va «adapt
or perish». La réforme dépend surtout des mesures
d’accompagnement. Nous ne perdons pas de temps. Si
nous ne complétons pas la réforme à temps, si nous
restons les bras croisés, nous serons victimes du «sudden
death syndrome». C’est à cause de cela que la
situation est apocalyptique pour certains pays ACP,
surtout si les mesures d’accompagnement ne sont pas
basées sur la justice et l’équité…»
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«L’amendement
que nous avons apporté à la SIE Act fin 2005 a
permis le leverage des terres d’un grand nombre de
petits planteurs. Contrairement au régime MMM-MSM,
nous n’aurions jamais permis la conversion des
terres agricoles les plus fertiles du pays. Le rapport
conjoint FAO/MSIRI abondait d’ailleurs dans ce sens,
c’est-à-dire qu’il ne fallait jamais toucher à
nos meilleures terres…»
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«Le
gouvernement MMM-MSM n’a jamais pu comprendre
qu’une réforme ne pouvait se faire sans discussion
préalable avec toutes les parties concernées, d’où
la réaction d’alors des syndicalistes, planteurs et
des travailleurs, qui est une preuve de la mauvaise
gestion du dossier sucre par l’ancien gouvernement.
N’oublions pas que Paul Bérenger, lorsqu’il était
vice-Premier ministre, avait critiqué Pravind
Jugnauth pour son manque d’engagement pour le
dossier sucre. Plus tard, Monsieur Bérenger, en tant
que Premier ministre, était absent au Sommet des
Chefs d’Etats ACP à Maputo en 2004…»
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