ONLINE ISSUE No: 211

Friday 28 April  2006

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QUOTE OF THE WEEK
 Politics is blood sport. 
                                                       -- Aneurin Bevan

 

 

Interview : Arvin Boolell, ministre de l’Agro-Industrie et de la Pêche

 

Réforme sucrière : «Personne ne sera laissé sur la touche»

 

* Répartition des mesures d’accompagnement: «Il ne faut surtout pas vendre des rêves»

 

* «Nous voulons réussir la transformation de l’industrie sucrière en une industrie de la canne à sucre»  

 

  


Le ‘Multi-Annual Adaptation Strategy - Action Plan 2006-2015’ vient d’être soumis à la Commission européenne. La réforme est déjà enclenchée. Dans le sillage de cette réforme, le ministre de l’Agro-Industrie et de la Pêche, le Dr Arvin Boolell, se dit optimiste et voit qu’il «n’y a pas d’autre choix que la mise en application du Plan d’Action 2006-2015…» Ce secteur verra bientôt l’émergence des ‘clusters’. L’éthanol est déjà une réalité, affirme-t-il, en ajoutant que la production des sucres spéciaux pourrait être revue à la hausse. «Nous pouvons aussi, déclare-t-il, avoir un secteur des services de qualité pour toute la région». Le ministre préconise également la coopération régionale en insistant sur le fait qu’«il faut transformer l’industrie sucrière en une industrie de la canne à sucre».

Et de conclure sur cette note on ne peut plus optimiste en vue de «produire ce que nous mangeons et manger ce que nous produisons». Et pour davantage de succès, Maurice se doit de réussir. 

* Lire ci-dessous l’essentiel d’une interview avec le Dr Arvin Boolell.

 


 

Mauritius Times : Pravind Jugnauth ne vous ménage pas dans ses critiques concernant le dossier sucre. Ce dossier, déjà préparé par le gouvernement MMM-MSM, selon lui, aurait été envoyé “trop tard à la Commission européenne avec les conséquences qu’on connaît”. Que répondriez-vous à ces critiques?

Arvin Boolell: Monsieur Pravind Jugnauth prêche dans le désert, sachant très bien qu’une véritable réforme aurait dû commencer en 2001. ‘The writing was on the wall’ avec la déclaration de Lamy concernant le ‘Everything But Arms’ (EBA) et la réforme de la politique commune agricole européenne qui envoyaient des signaux clairs que le régime sucrier pourrait être contesté devant le panel de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). Le gouvernement MMM-MSM n’a jamais pu comprendre qu’une réforme ne pouvait se faire sans discussion préalable avec toutes les parties concernées, d’où la réaction d’alors des syndicalistes, planteurs et des travailleurs, qui est une preuve de la mauvaise gestion du dossier sucre par l’ancien gouvernement. N’oublions pas que Paul Bérenger, lorsqu’il était vice-Premier ministre, avait critiqué Pravind Jugnauth pour son manque d’engagement pour le dossier sucre. Plus tard, Monsieur Bérenger, en tant que Premier ministre, était absent au Sommet des Chefs d’Etats ACP à Maputo en 2004. D’ailleurs, à voir le rapport préliminaire qui avait été soumis à l’Union européenne, l’ancien gouvernement avait démontré qu’il n’avait pas mis tout son poids dans la bataille. Cela nous fait penser à ce qui s’est passé pour le secteur textile.

Maurice a été le premier pays à soumettre un document complet, le 7 décembre dernier, ce que nous avions annoncé à la Conférence ministérielle des ACP au Kenya où nous avons souligné avec force et vigueur tous les aspects entourant le dossier sucre pour Maurice.

* Le leader du MSM a affirmé également que des actions concrètes n’auraient pas encore été entamées en ce qui concerne la réforme du secteur sucre?

-- Il n’y a pas plus concret que ce nous avons entrepris et continuons à faire. Premièrement, nous avons eu des discussions avec tous les ‘stakeholders’ de l’industrie de la canne à sucre. Nous sommes en train de dépenser Rs 500 millions pour l’épierrage, la préparation des terres qui débutera en juillet, etc. Un lobbying intense est mené et maintenu à tous les niveaux. Peter Mandelson est venu nous rendre visite, j’ai moi-même plaidé la cause mauricienne devant le Parlement européen, qui est co-décideur avec la Commission européenne. Rappelons que le gouvernement MMM-MSM avait accepté dans un ‘mood’ défaitiste que les pays ACP devraient accepter 4 millions d’euros seulement. Quant à nous, nous avons milité et continuons à le faire, pour une meilleure allocation, surtout en ce qu’il s’agit de l’‘upfront disbursement’. Nous n’avons pas tardé à commencer le projet d’épierrage, nous avons de nombreuses interactions avec les planteurs, et nous encourageons d’autres pôles de développement. Rappelons à vos lecteurs que c’est nous qui avons révisé le ‘apportionment ratio’ qui a permis aux planteurs d’empocher Rs 100 millions. L’amendement que nous avons apporté à la SIE Act fin 2005 a permis le ‘leverage’ des terres d’un grand nombre de petits planteurs. Contrairement au régime MMM-MSM, nous n’aurions jamais permis la conversion des terres agricoles les plus fertiles du pays. Le rapport conjoint FAO/MSIRI abondait d’ailleurs dans ce sens, c’est-à-dire qu’il ne fallait jamais toucher à nos meilleures terres.

* Le ‘Multi-Annual Adaptation Strategy-Action Plan’ avec accent sur la création des ‘Sugar Cane Clusters’, la production de l’éthanol et de différents types de sucre, etc., est-il l’œuvre de l’actuel gouvernement, ou poursuivez-vous ce qui a été entrepris déjà par votre prédécesseur?

-- Il faut bien comprendre que la réforme de l’industrie de la canne à sucre avait déjà commencé depuis 1975, date à laquelle le Protocole Sucre a été signé. Sans ce mécanisme commercial, Maurice n’aurait jamais pu atteindre le développement qu’elle a connu subséquemment. Nous avons l’un des plus grands ‘Bulk Sugar Terminals’ de la région, ce qui est quand même significatif. Soit dit, en passant, je tiens à féliciter tous les ministres de l’agriculture qui se sont succédés et qui ont poursuivi la politique de réforme enclenchée par Sir Satcam Boolell qui avait préconisé la diversification agricole, sauf le ministre de l’Agriculture de 2001 qui a été un échec.

D’autre part, il est évident qu’aujourd’hui, le ‘clustering’ est une réalité, surtout avec la politique de coopération régionale. Le paysage économique a changé, évolué. ‘It is a buyers’ market’. Avec toutes ces multinationales qui bougent dans la région, nous n’avons pas d’autre choix que de créer des ‘clusters’. En 2009, nous aurons des voitures qui rouleront à 20% d’éthanol. Beaucoup de pays s’adaptent désormais aux biocarburants. L’éthanol, que nous pouvons produire à partir du jus de canne à sucre, pourra être très rentable. Le gouvernement, à travers le ministre Jeetah qui préside un comité sur la question, va bientôt venir de l’avant avec un document sur le ‘biofuel’. Déjà, une équipe d’experts brésiliens est à Maurice pour discuter de la question avec le ‘corporate sector’. Nous espérons aussi que SUDS, qui sera un ‘flexi-factory’, sera un exemple dans la région. En fait, avec le plan de centralisation, nous pensons que toutes les quatre usines seront des ‘flexi-factories’. Le ‘clustering’ permettra au secteur de la canne à sucre de garder sa viabilité, comme l’a démontré l’étude de Landell Mills. Par ailleurs, nous pensons que pour ce qui est des sucres spéciaux, nous pourrons passer de 70,000 t par an à 200,000 t. N’oublions pas cette dimension ‘pro-poor’» de notre plan de restructuration, avec la création d’un ‘Empowerment Fund’, le ‘retraining/reskilling’ des travailleurs, etc.

* Selon ce plan d’action, le sucre “is there to stay”, n’est-ce pas, mais la communauté des petits planteurs aura à “adapt or perish” dans le nouvel environnement?

-- Ce n’est pas la communauté des planteurs qui va «adapt or perish». La réforme dépend surtout des mesures d’accompagnement. Nous ne perdons pas de temps. Si nous ne complétons pas la réforme à temps, si nous restons les bras croisés, nous serons victimes du ‘sudden death syndrome’. C’est à cause de cela que la situation est apocalyptique pour certains pays ACP, surtout si les mesures d’accompagnement ne sont pas basées sur la justice et l’équité.

A Maurice, nous avons besoin d’un minimum de 63,000 ha sous canne pour pouvoir produire nos 530 000 tonnes de sucre car nous avons un marché à satisfaire. Le lien organique entre les planteurs et les millers est essentiel pour la survie de l’industrie. Nous allons faciliter la tâche des petits planteurs – pour lesquels le ‘regrouping’ est un must pour leur survie – dans les endroits très difficiles avec un ‘income support’ sur quelques années. Nous allons les aider pour le ‘leverage’ de leurs terres, pour qu’ils bougent vers d’autres projets porteurs. Nous allons les encourager à une participation directe à travers l’‘Equity’ à d’autres projets liés à la canne à sucre, comme la production d’énergie à partir de la bagasse et l’éthanol. L’actionnariat du Sugar Investment Trust (SIT) sera ainsi élargi. Ces planteurs devront aussi utiliser leurs terres pour d’autres projets de développement que le gouvernement aidera à mettre sur pied.

* Qu’allez-vous proposer afin que ces petits planteurs deviennent des entrepreneurs dans le secteur agricole ou sur le plan régional? Ou faut-il croire que la disparition de cette communauté des planteurs est inévitable ?

-- Comme je viens de le dire, nous sommes en train de tout faire pour que les petits planteurs puissent continuer leurs activités. Le regroupement est primordial, et le ‘clustering’ de l’industrie de la canne à sucre va leur permettre de s’en sortir. Dans le rapport que nous avons soumis à la Commission européenne, il y a une dimension ‘pro-poor’ très importante. Nous allons aider les planteurs dont le rendement des terres est assez faible. Les mesures incitatives pour le regroupement des petits planteurs sont significatives. Entre autres:

(i)  derocking and land preparation free of charge to planters with land up to 10 ha. For those who own more than 10 ha, only the first 10 ha would be free of charge.

(ii)  The first plantation will be carried out free of charge for the planter. This includes cost of labour, cane setts, fertilizers, herbicides for the first year of the crop cycle

(iii) Installation of irrigation network and equipment, depending on the sites, will be carried out without any cost to the planters

(iv) Compensation will be paid in case of loss of one crop as follows : a) 1st and 2nd year (Rs 9,000 per arpent); b) 3rd and 4th year (Rs 8,000 per arpent); c) 5th and other years (Rs 7,000 per arpent). For non-sugar crops, compensation will be determined by AREU.

(v) Subsidies on fertilizers and irrigation electricity will be maintained during the period of engagement

(vi) The period of engagement will be short for mechanized plantations – 5 years and for non-mechanized plantation: 7 years

(vii) Existing income tax exemptions will be maintained

(viii) An actuarial study is being carried out so as to review the Sugar Insurance Fund Board premium

(ix) The sugar proceeds may be used as security for loans

Aux Finances, un comité se penche actuellement sur la façon dont le ‘Empowerment Fund’ aidera les planteurs à valoriser leurs terres. Avec l’accent que nous mettons sur le tourisme, de nombreux projets peuvent être réalisés, comme les tables d’hôte par exemple.

* Autre dossier, très sensible du point de vue politique, concerne la répartition des compensations sucrières de l’Union européenne. Quel plan de partage serait, selon vous, le plus équitable entre les différents ‘stakeholders’? Est-ce que la répartition se fera sur une base ‘pro rata’ entre les grands et petits planteurs?

-- Ce que nous avons demandé, même au plus haut sommet du gouvernement, c’est qu’un quantum adéquat nous soit accordé, surtout que nous avons à faire face au ‘triple shock’ (sucre, textile et pétrole). Si les DOM-TOM, qui produisent 280,000 tonnes de sucre, peuvent obtenir 2 milliards d’euros, et les betteraviers 8 milliards d’euros, les pays ACP doivent être considérés comme il se doit. Une étude faite par le Oxford Management Group en Angleterre a indiqué que les pays ACP auraient besoin de 250 millions d’euros par an. Même le sous-secrétaire britannique au développement, Gareth Thomas, préconise cette somme. La délégation parlementaire européenne menée par Glenys Kinnock, en visite chez nous, récemment, a souligné qu’il fallait au moins 200 millions d’euros. Nous espérons que le trialogue débouchera sur le fait que nous ne pourrons pas avoir moins de 1,7 milliard d’euros pour la période 2007-2013. Il faudra attendre en mai pour connaître le quantum de 2006. En décembre 2006, nous connaîtrons le quantum pour la période 2007-2013.

Le lobbying doit continuer à tous les niveaux. La solidarité entre les ACP, et aussi avec les Pays Moins Avancés (PMA) est de mise. N’oublions pas que George Bullen, le Président du comité des ambassadeurs ACP pour le dossier sucre, était à Maurice le mois dernier. Nous avons fait ressortir dans tous nos documents l’importance multifonctionnelle de la canne à sucre. Maurice possède une absorptive capacity. Il faudrait une réallocation des ressources des autres pays. Le mode d’allocation doit être empreint de ‘fairness’ et de proportionnalité. Le gouvernement mauricien ne lésine pas sur les moyens et multiplie les contacts bilatéraux et multilatéraux avec d’autres pays et aussi des institutions internationales. Nous insistons pour que l’argent à être déboursé soit «front-loaded» et que la réforme soit complétée avant 2010.

Pour ce qui est de la répartition des mesures d’accompagnement, il ne faut surtout pas vendre des rêves. Notre Multi-Annual Adaptation Strategy - Action Plan 2006-2015, nous avons clairement souligné la dimension «pro-poor» à laquelle ce gouvernement tient vraiment. Les petits planteurs, qui produisent 25% de notre sucre annuellement, doivent rester dans le secteur. Il faut que nous obtenions une masse critique pour pouvoir continuer avec la canne à sucre. Les mesures d’accompagnement iront dans le budget de l’Etat et nous aurons cet ‘Empowerment Fund’ qui va ‘re-engineer’ des facilités. Il nous faut adopter une approche globale pour l’intérêt de tous les ‘stakeholders’. Nous aurons besoin d’un ‘special and differential treatment’ pour la communauté des planteurs.

* Quelle politique prônez-vous à l’intention des gens laissés sur la touche par les projets VRS d’hier et de demain?

-- Comme je l’ai dit auparavant, nous prônons une politique de ‘reskilling’, et le ‘Empowerment Fund’ sera là comme un viatique pour tous les travailleurs. Personne ne sera laissé sur la touche. Tout en disant cela, il faut faire ressortir que tout ce que nous allons entreprendre sera lié à la politique monétaire fiscale. Nous aurons à faire face à de nombreuses difficultés sur le plan économique. Les négociations au niveau de l’OMC peuvent également avoir un impact sur la pêche et le textile. Il nous faudra être plus compétitif pour faire face aux pays émergents. Le gouvernement est en train de faire des efforts qui sont reconnus par la Banque mondiale. Nous voulons diminuer le chômage tout en éliminant les nombreuses dettes accumulées par le gouvernement MMM-MSM. Je vous le dis en toute sincérité : l’ancien gouvernement nous a laissé un héritage effrayant. Mais nous ne sommes pas là pour nous plaindre éternellement. Dès notre arrivée au pouvoir, nous nous sommes retroussés les manches et nous avons commencé à œuvrer pour le bien de tous. Rappelez-vous que le ‘Blueprint’ de la centralisation porte le sceau du gouvernement travailliste. Nous voulons inculquer le sens de l’entreprenariat aux travailleurs, avec des prêts bancaires à un taux concessionnaire et un ‘package of incentives’. Le SEHDA et l’Agri Business Desk de l’AREU offrent de nombreuses possibilités aujourd’hui, surtout avec la caravane de l’entreprenariat. La responsabilité sociale des entreprises doit être encouragée, comme l’initiative du groupe CIEL pour le projet Anahita par exemple.

* Avez-vous l’impression que les stratégies individuelles des compagnies sucrières coïncident avec la stratégie nationale élaborée par le gouvernement concernant l’avenir de l’industrie sucrière?

-- Le gouvernement a défini la stratégie nationale avec toutes les parties concernées. ‘Everyone was taken on board. It is the government which regulates and facilitates’.

* Les investisseurs semblent avoir développé un intérêt dans les compagnies sucrières cotées en Bourse, en particulier celles qui envisagent de se lancer dans des opérations foncières dans le cadre d’une stratégie de ‘unbundling’ de leurs actifs agricoles et non-agricoles. Cela est-il source d’inquiétude pour vous?

-- It must be highlighted that all the stakeholders of the sugar industry, including the corporate sector, have collaborated in the formulation of the 2006-2015 Action Plan. The centerpiece of this Plan is the transformation of the sugar industry into a sugar cane cluster. The cluster involves the furthering and consolidation of synergies between stakeholders namely through cane cultivation/harvest agreements and equity participation in the corporate components of the cluster.

Our approach has moved from the bundling/unbundling approach to a multiproduct/synergy cluster approach. The odds facing the country are such that we can only move ahead as Mauritius Incorporated.

You may wish to note that investors are more interested in a diversified, therefore, well hedged, company which will be viable and sustainable in the long term.

* Est-ce envisageable d’instituer une ‘land bank’ gérée par l’Etat et qui aura comme objectif de ‘warehouse’ toutes les terres agricoles qui seraient abandonnées par les planteurs, les petits surtout?

-- C’est envisageable. Une ‘land bank’ est une base de données relatives aux terres disponibles ou qui deviendraient disponibles pour plusieurs raisons, et qui, dépendant de leur topographie, et de leur nature, pourraient être utilisées pour divers projets – industriels, agricoles, infrastructurels, ou autres. Ces projets, dans l’intérêt national, pourraient ainsi valoriser ces terres dans un contexte de développement harmonieux et ‘environment-friendly’.

Cette «land bank» aurait l’avantage certain d’être accessible à tous, et assurerait une transparence dans la gestion de telles terres disponibles. Vu l’importance pour le pays d’une telle «land bank», sa gestion par l’Etat serait un impératif.

Le gouvernement se penche sur l’institution à Maurice, d’ici l’année 2010, d’un «Land Administration and Management System (LAMS)».

LAMS a les objectifs suivants, entre autres: Streamlining and modernising the processing of land transactions for both State and Freehold land; Compiling a comprehensive cadastral map of the country; Linking all new Enhancing records management including storage of all deeds and survey documents; and Improving and modernizing the legislative framework.

La question de l’institution d’une “land bank” suivrait dans le sillage de l’institution du LAMS.

Warehousing already exists and is undertaken by the State Land Development Company, fully owned by Government. This company currently holds land and has just recently engaged itself in a swap operation which will enable hundreds of families in the St Hubert and St Hilaire region to obtain at long last, a title deed on land they have been occupying since cyclone Carol.

Regarding the Small Planters, let me say the following:

* those who are no longer competitive, some 6000 will be able to sell land, if they own less of one hectare of land situated in regions where non-agricultural development is permitted, without payment of any land taxes;

* those situated in economically and environmently difficult areas will receive assistance to either remain in production of cane or to move into other crops;

* those who are going to be competitive will benefit from the regrouping scheme destined to increase yields by at least 20% and reduce costs by at least 20%;

* small planters would be involved in eco-tourism and IRS projects.

The issue of warehousing for Government to enable to use/swap land for its socio-economic and development objectives is being seriously considered.

This would imply a strengthening and refinement of the provisions of the Sugar Industry Efficiency Act 2001 relating to land exchange and swaps.

* Vous avez récemment lancé un appel aux chercheurs du Centre d’Albion pour plus d’assiduité au travail en vue de contribuer à faire de Maurice un ‘seafood hub’. Il semblerait que le gouvernement ne serait pas tout à fait satisfait du travail effectué dans les différents centres de recherche du ministère de l’Agriculture dont les travaux n’arrivent pas à toucher l’industrie?

-- Il ne faudrait pas avoir de ‘duplication of duties/overlapping’ des institutions de recherche. Je fais un appel pour que tous ces centres de recherche travaillent en étroite collaboration. En terme de ‘Research & Development’, nous sommes assez limités, mais cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas ‘unlock our potential’. L’exemple de Nokia me vient souvent à l’esprit. Après l’éclatement de l’Union soviétique, cette firme finlandaise a dû se tourner vers autre chose que les bottes et imperméables qu’elle avait l’habitude de vendre aux Soviétiques. La recherche l’a conduite au téléphone portable. Nous aussi à Maurice, nous avons du potentiel, surtout avec la ‘land-based ocean industry’. Nous pouvons aussi avoir un secteur des services de qualité pour toute la région.

* La question de la gestion des terres fait toujours la une de l’actualité avec l’affaire Bel Air Sugar Estate. Le ministère de l’Agriculture a sous sa responsabilité des milliers d’arpents de terre. Comment se fait la gestion de ces terres?

-- Nous avons au ministère un ‘Land Conversion Committee’ sous la présidence de la Permanent Secretary. Toutes les terres qui sont vendues sont évaluées par le Chief Government Valuer, qui veille à ce que les prix soient commensurate avec la valeur du terrain. Le Conseil des Ministres doit être informé de tous les permis de conversion octroyés aux entreprises et/ou individus. Des ‘random checks’ peuvent aussi être effectués pour connaître la valeur réelle des terres. Pour ce qui est de la location à bail, c’est surtout aux petits planteurs et agriculteurs qu’elle est accordée. Des lopins de 1 arpent par exemple sont alloués aux petits planteurs, surtout des lopins de l’ex-Tea Belt. Il en est de même pour les terres sous irrigation. Le système est bien transparent, raison pour laquelle on peut détecter facilement tout manquement. Il est malheureux que l’ancien gouvernement était venu de l’avant avec une ‘New Land Strategy/ pour encourager les gens à faire de la spéculation foncière au détriment de l’agriculture.

* Vous vous êtes retrouvé à la tête du ministère de l’Agriculture à un moment difficile dans le sillage de la réduction drastique du prix du sucre. Qu’est-ce que le ministre Boolell voudra laisser comme empreintes dans les secteurs sucre et agricole généralement après votre passage à l’Agriculture?

-- Veuillez noter que l’appellation même du ministère a changé : de l’Agriculture, on est passé maintenant à l’Agro-industrie, et la Pêche également. J’aimerai évidemment voir toute la vision gouvernementale se réaliser dans le secteur de l’agro-industrie et dans celui de la pêche. Nous voulons réussir la transformation de l’industrie sucrière en une industrie de la canne à sucre. Il faut qu’il y ait une synergie entre toutes les institutions. L’agriculture, tout en respectant l’environnement, doit s’intensifier. A travers la coopération régionale et le ‘cross-border initiative’ que nous avons lancé à Madagascar, je serai heureux de voir mon rêve devenir réalité: produire ce que nous mangeons et manger ce que nous produisons. Il faudrait aussi réduire notre dépendance en importation des produits pétroliers en encourageant l’émergence de l’or vert. Maurice doit devenir un ‘agro processing hub’.

 

«Nous voulons réussir la transformation de l’industrie sucrière en une industrie de la canne à sucre. Il faut qu’il y ait une synergie entre toutes les institutions. L’agriculture, tout en respectant l’environnement, doit s’intensifier. A travers la coopération régionale et le ‘cross-border initiative’ que nous avons lancé à Madagascar, je serai heureux de voir mon rêve devenir réalité: produire ce que nous mangeons et manger ce que nous produisons. Il faudrait aussi réduire notre dépendance en importation des produits pétroliers en encourageant l’émergence de l’or vert. Maurice doit devenir un ‘agro processing hub’…»


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Les petits planteurs, qui produisent 25% de notre sucre annuellement, doivent rester dans le secteur. Il faut que nous obtenions une masse critique pour pouvoir continuer avec la canne à sucre… Il nous faut adopter une approche globale pour l’intérêt de tous les stakeholders. Nous aurons besoin d’un special and differential treatment pour la communauté des planteurs…»


«Si les DOM-TOM, qui produisent 280,000 tonnes de sucre, peuvent obtenir 2 milliards d’euros, et les betteraviers 8 milliards d’euros, les pays ACP doivent être considérés comme il se doit. Une étude faite par le Oxford Management Group en Angleterre a indiqué que les pays ACP auraient besoin de 250 millions d’euros par an. Même le sous-secrétaire britannique au développement, Gareth Thomas, préconise cette somme…»


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Ce n’est pas la communauté des planteurs qui va «adapt or perish». La réforme dépend surtout des mesures d’accompagnement. Nous ne perdons pas de temps. Si nous ne complétons pas la réforme à temps, si nous restons les bras croisés, nous serons victimes du «sudden death syndrome». C’est à cause de cela que la situation est apocalyptique pour certains pays ACP, surtout si les mesures d’accompagnement ne sont pas basées sur la justice et l’équité…»


«L’amendement que nous avons apporté à la SIE Act fin 2005 a permis le leverage des terres d’un grand nombre de petits planteurs. Contrairement au régime MMM-MSM, nous n’aurions jamais permis la conversion des terres agricoles les plus fertiles du pays. Le rapport conjoint FAO/MSIRI abondait d’ailleurs dans ce sens, c’est-à-dire qu’il ne fallait jamais toucher à nos meilleures terres…»


«
Le gouvernement MMM-MSM n’a jamais pu comprendre qu’une réforme ne pouvait se faire sans discussion préalable avec toutes les parties concernées, d’où la réaction d’alors des syndicalistes, planteurs et des travailleurs, qui est une preuve de la mauvaise gestion du dossier sucre par l’ancien gouvernement. N’oublions pas que Paul Bérenger, lorsqu’il était vice-Premier ministre, avait critiqué Pravind Jugnauth pour son manque d’engagement pour le dossier sucre. Plus tard, Monsieur Bérenger, en tant que Premier ministre, était absent au Sommet des Chefs d’Etats ACP à Maputo en 2004…»

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