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Education
et langues : Pour sortir du sectarisme
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Vina
BALLGOBIN
Plusieurs
définitions nouvelles sont apparues durant ces dernières
années pour expliquer la complexité de l’enseignement/apprentissage
des langues en contexte plurilingue et pluriculturel.
Certaines recherches se concentrent sur le continent
africain, d’autres sur le continent européen ou asiatique.
Il va sans dire que ces définitions doivent être utilisées
dans les limites des réalités propres de Maurice, de son
peuplement et de sa configuration sociale et culturelle.
1.
Le milieu informel
Un
enfant apprend une langue dans le contexte familial et dans
le milieu qu’il fréquente tous les jours. Il existe la
« MT : Mother Tongue », aussi
nommée «local/familiar language». C’est la
langue de l’environnement immédiat de l’enfant. C’est
la langue qu’il comprend mieux que les autres langues de
son entourage.
A
part la langue maternelle, un enfant peut avoir plusieurs
« L1 : first language »,
aussi nommée « home language » et
« language of the home ».
Par ailleurs, l’enfant est exposé dans son milieu
à une/des langue/s de communication plus étendue. C’est
le « LWC : Language of Wider
Communication ».
2.
Le milieu scolaire
Un
enfant peut aussi apprendre sa
« langue maternelle » dans
le milieu formel, à l’école par exemple. Les
pédagogues tendent à utiliser la terminologie « local
and familiar languages ». Cela reflète le grand
nombre de langues coexistant dans le milieu de l’enfant.
Dans ces conditions, il est difficile d’accorder à chaque
enfant une instruction scolaire dans sa langue maternelle [connue
comme « MTE (Mother Tongue Education) »].
Dans ce cas, il vaut mieux que le médium d’instruction
soit une langue de la communauté avec laquelle l’enfant
est familiarisé d’une façon ou d’une autre.
Il
existe d’autres possibilités. Parfois, c’est le
« OL:
Official Language”, la
langue définie légalement comme tel. Parfois, c’est le
“NL: National Language”, la langue
nationale qui est utilisée en contexte scolaire. De plus en
plus, pris isolément, ces termes ne répondent plus aux
aspirations de la nation. Une langue officielle peut être
étrangère pour un certain nombre d’apprenants mais elle
peut être présente dans le pays depuis plus de 100 ans et
conserve contre vents et marées un statut officiel.
De
plus en plus, l’on constate des transformations au niveau
des pratiques langagières. Par exemple, dans certains pays,
la population parlait une L1/langue maternelle (une langue
locale) et la génération suivante identifie la langue
officielle du pays comme étant sa langue maternelle/sa L1.
Par exemple, à Maputo et au Luanda, la L1 est le portugais.
Le français est la L1 à Dakar. L’anglais est la L1 à
Johannesburg et à Nairobi.Les chercheurs de l’ADEA,
depuis mars 2006, préconisent l’utilisation de la
terminologie: O/FL
- Official/Foreign Language
au lieu des deux termes séparément.
Les
langues peuvent avoir deux fonctions distinctes en milieu
scolaire. Il faut faire la distinction entre les langues
apprises et le/les médium d’instruction. « L2 :
Second language » est la deuxième langue apprise
en contexte scolaire officiel (formel). Cela exclut les
langues apprises en dehors de l’école de manière
informelle. Un enfant peut apprendre plusieurs langues en
contexte scolaire avec des objectifs différents ou
similaires pour chaque langue.
De
plus en plus, les pédagogues parlent de “bilingual
education”. Dans le passé, cela signifiait apprendre
deux langues comme deux matières séparément. Cela pouvait
être une L1 et une L2 (qui est aussi le medium
d’enseignement). La “LoI:
Langue de l’instruction »
est aussi appelée
MoI (medium d’instruction) et MoE (medium d’éducation).
Les pédagogues ont rajouté un nouveau terme en 2006 (ADEA,
mars 2006) – c’est le LOLT: Language of
Learning and Teaching ou la langue de l’enseignement/apprentissage,
ce qui a l’avantage de mettre l’accent sur les deux
processus en oeuvre à l’intérieur de la classe pour une
compréhension et une assimilation effective et efficace du
contenu enseigné.
Dans
certains pays, l’éducation bilingue signifie
l’instruction scolaire dans la langue maternelle et une L2
enseignée comme une matière. A la fin de son parcours
scolaire, l’enfant doit avoir un niveau aussi élevé en
L2 que dans sa langue maternelle. Il existe deux modèles:
“early-exit transitional model” (l’enseignement
a lieu dans une L1 pour un court laps de temps et dure au
maximum 3 ans) et “late exit model” (l’enseignement
a lieu dans une L1 pour environ 6 ans). Les anciennes
colonies britanniques ont expérimenté le premier modèle
depuis longtemps. Les colonies francophones ont démarré
ces expériences récemment.
Les
pédagogues parlent aussi de “Subtractive Education
Model” et “Additive (bilingual) Education models”.
Dans le premier modèle, les « local
and familiar languages » sont exclues (interdites)
du système éducatif
et n’existent pas comme matières d’enseignement. Dans
le deuxième modèle, l’objectif visé est un niveau élevé
de compétence dans les deux langues (la langue locale et la
langue officielle, médium d’instruction). Cela peut être
une compétence orale et/ou écrite. L’enseignement des
langues locales a des visées spécifiques sur le continent
africain car il s’agit d’alphabétiser les populations
en masse (initial literacy). Ce choix est aussi fait
pour des raisons culturelles/identitaires (par rapport aux
curricula qui ont été totalement calqués sur le modèle
de l’ex-pays colonisateur) et pour le respect des droits
individuels et humains.
Vina
BALLGOBIN
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